Archives de Catégorie: Série hommage

L’effet John Rea

Dans le cadre de la série hommage 2015/2016, la direction artistique de la Société de musique contemporaine du Québec a choisi de mettre à l’honneur le compositeur John Rea. Reconnu présentement pour son catalogue très varié et son implication dans l’enseignement, John Rea sera le porte-parole de la composition contemporaine pendant un an.

Dès l’automne, une série de concerts sera interprétée par des musiciens professionnels (orchestres, quatuors, voix…) et sa présence exclusive auprès du jeune public québécois permettra à tous de développer un nouveau regard sur une riche carrière.

Son implication se manifestera notamment lors d’ateliers musicaux dans les camps de jour situés à Montréal (organisées par l’Université de Montréal) et à Lanaudière (Père Lindsay).

Ce projet participatif est l’occasion pour John Rea de partager son point de vue en tant que créateur mais aussi de faire découvrir aux jeunes la pièce qui sera jouée lors de la soirée d’ouverture de la Série hommage le 25 septembre prochain,  L’effet papillon.

Le but de ces ateliers étant de faire connaître ce qui se cache derrière une partition, entrevoir la partie immergée de l’iceberg, les novices pourront ainsi prendre conscience des aspects complexes et captivant de la création.

Les artistes en herbe, âgés de 7 à 17 ans, auront en effet la possibilité d’appréhender la vision conceptuelle et philosophique de cette œuvre; composition qui illustre à merveille l’effet que déclenche un battement d’aile sur le reste du monde.

Ici, le compositeur transpose cette émotion en intensifiant la musique avec l’arrivée de nouveaux instruments au fur et à mesure de la pièce. L’improvisation des musiciens sur scène aura sa place tout comme le vol aléatoire du lépidoptère dans la nature;  ce qui donne une approche moderne et unique à son travail.

Par Diane Martin-Graser

Détail des ateliers animés par John Rea:

  • Mercredi 1er juillet 2015, Camp musical Université de Montréal
    13h15 à 14h : jeunes de 6 à 8 ans
    14h à 14h45 : jeunes de 9 à 12 ans
  • Vendredi 3 juillet, Camp musical du Père Lindsay
    14h à 17h (quatre ateliers de 45 mins)
  • Mercredi 15 juillet 2015, Camp musical Université de Montréal
    13h15 à 14h : jeunes de 6 à 8 ans
    14h à 14h45 : jeunes de 9 à 12 ans
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Le piano muet prend la parole grâce à ses protagonistes

Bonjour, je me présente aux lecteurs du blogue : je suis italien, né à Rome (quelle chance !!!) où j’ai vécu jusqu’en juin 2014, lorsque j’ai déménagé avec ma famille à Montréal. Participer à ce blogue est pour moi l’occasion d’approfondir ma découverte d’une ville et une région avec une langue, une culture et des traditions différentes. Et surtout , avec la SMCQ,  je peux fréquenter le milieu de la musique que j’adore et dont toutes les facettes m’intéressent. À travers ce blogue, j’espère partager avec vous ma découverte de la musique contemporaine que je connais encore peu.

Pour commencer ma collaboration avec la SMCQ,  j’ai le plaisir de vous présenter Le piano muet , un spectacle pour les enfants, et les adultes, adaptée d’un conte de Gilles Vigneault, véritable légende Québécoise, et avec la musique de Denis Gougeon, qui a été, la saison dernière, le sujet de la dernière  Série hommage  de la SMCQ.

Piano_muet pour blogue

Dans l’attente d’assister à une des prochaines représentation en janvier, j’ai eu l’honneur et la satisfaction d’être entrainé dans le monde du Piano muet par ses protagonistes : le comédien/narrateur Jacques Piperni, le metteur en scène Marc Béland et le directeur de production Grégoire Martel, que je remercie pour leur disponibilité et collaboration.

Ils ont dévoilé les coulisses de ce projet, le travail caché derrière la mise en scène et le pouvoir émouvant de l’histoire et des thèmes musicaux

 Marc Béland, metteur en scène du Piano muet

Pourquoi avez-vous accepté de mettre en scène Le piano muet?

J’adore la musique de Denis Gougeon, j’avais déjà travaillé sur une pièce de théâtre dont il avait composé la musique (Le passage de l’Indiana) ; Gilles Vigneault c’est un incontournable, un homme que je respecte infiniment ; Jacques Piperni  je ne le connaissais pas personnellement mais seulement comme acteur, donc j’ai pensé en acceptant la mise en scène que c’était une belle occasion.

Quelle a  été l’idée principale pour cette mise en scène ?

Le conte s’appelle Le piano muet donc le personnage principal, à part Lucas, c’est le piano et le grand père aussi ; la scénographe Geneviève Lizotte et moi avons travaillé sur un plateau tournant  avec un piano droit qui est l’accessoire principal pour faire vivre le conte. Le plateau est actionné par la bicyclette que Lucas utilise pour ses voyages, pour se déplacer ; quand le comédien se déplace avec le vélo il fait déplacer le plateau qui devient soit la maison du grand père, soit l’intérieur de la maison en utilisant le petit escalier appuyé derrière le piano.

La musique de Denis Gougeon a-t-elle inspirée la mise en scène ?

C’est plutôt les éléments du conte qui m’ont inspiré : le piano, la bicyclette, les objets…selon moi une mise en scène est intéressante quand le lieu est approprié au service de la pièce. C’est sûr que la musique est importante et Denis Gougeon est un artiste que j’adore, mais pour moi c’est surtout important au niveau d’un personnage plutôt qu’une inspiration pour le lieu.

Quelle est la plus grande satisfaction que vous avez reçue de ce travail ?

On a été à Québec la semaine dernière et la réaction des enfants a été vraiment touchante…c’est une satisfaction quand les enfants reçoivent ça, c’est plus qu’une paye pour notre travail, c’est fantastique.

Jacques Piperni, narrateur et seul comédien en scène

Vous avez joué plusieurs fois cette pièce avec différentes mises en scène; comment se caractérise la mise en scène de Marc Béland par rapport aux précédentes?

La première mise en scène était très simple, sans véritable scénographie : il y avait une orchestre d’une dizaine de musicien sur le plateau et j’étais le narrateur; je lisais un texte et je présentais des petits objets. Maintenant c’est complètement différent : il y a une réelle scénographie. Le metteur en scène a eu l’idée d’un plateau tournant et du piano sur scène qui suggère différent lieux et événements, le vélo qui fait tourner le plateau et qui souligne les déplacements et les distances à parcourir, une escalier d’où entrent et sortent les différent personnages…tous les éléments d’une véritable pièce de théâtre.

Quelle a été la réaction des spectateurs ? Ont-ils apprécié ?

On a présenté cette mise en scène juste une fois mais je trouve que les gens ont adoré, les enfants ont participé et beaucoup ri. Dans les commentaires que j’ai reçu le mot qui revenait plus souvent c’était  « un bijou de spectacle ».

Vous êtes très engagé dans les spectacles pour la jeunesse souvent en abordant des thématiques très fortes: quelle est l’importance de ce conte dans votre expérience artistique?

J’ai toujours aimé le public jeunesse : les spectacles pour les jeunes et les spectacles « sur mesure » que j’ai organisé (par exemple sur la violence et l’intimidation à l’école ou sur la formation professionnelle et la carrière) sont des expériences nées au hasard : les gens m’ont demandé aussi d’écrire des spectacles pour lancer des colloques, lancer des congrès même si 80% des spectacles sont pour le monde scolaire…mais je suis principalement un comédien ! Avec une pièce comme le piano muet, qui a tellement de thématiques intéressantes je peux faire vraiment mon travail de comédien.

Y a t-il un passage de cette pièce qui vous touche particulièrement, pour le sujet, la situation, la réaction du public ou même le thème musical?

C’est une pièce très émouvante même pour moi sur scène. Un des moments plus intenses c’est quand la mère se raconte, raconte sa vie à son fils, le départ de son père  (qui est le point de départ du piano muet) et elle décide que le piano c’est fini et qu’elle ne veut plus en parler. C’est sur qu’un autre moment très fort c’est quand on comprend que le vieux monsieur qu’on rencontre dans la maison c’est le grand père et puis aussi quand la mère revoit son papa.

Quelle est selon vous l’importance de la musique de Denis Gougeon dans ce spectacle?

Elle est primordiale, parce que M. Gougeon a réussi à faire une musique agréable pour tout le monde et de tout temps. Je pense que cette musique va être moderne et contemporaine dans 20 ans, 30 ans, d’abord parce qu’elle a les thèmes et le rythme de la musique traditionnelle du Québec mais en même temps est une musique extrêmement nouvelle. Cette mise en scène est une adaptation pour piano : quand je regarde le pianiste je vois la complexité de cette musique mais en même temps elle se rend toujours accessible.

Certaines fois, j’aurais le plaisir d’arrêter de parler et de regarder et écouter le pianiste. J’ai eu le plaisir énorme de voir le travail de Francis Perron qui est un pianiste fantastique.

Que souhaiteriez-vous ajouter au sujet du Piano muet ?

Je soulignerais les différentes thématiques de ce conte. Ce qui est extraordinaire avec Gilles Vigneault c’est que tout a du sens tout le temps. Au premier niveau, il y a l’histoire de ce gars et de sa mère, le départ du grand père,  la décision de fermer le piano, la rencontre avec le grand père…mais il y a aussi beaucoup de liens et des thématiques inter reliées dans cette histoire: la famille, la rupture, le souvenir, la culpabilité, la souffrance du fait de situations non réglées, la douleur, la transmission de la culture d’une génération à l’autre et tout ça passe à travers la musique.

Grégoire Martel, directeur de production   

Initialement le spectacle était joué avec un orchestre. Marc Béland a voulu créer une mise en scène plus théâtralisée pour partir en tournée. Ayant surtout été directeur technique pour le théâtre,  j’ai pu participer à la scénographie, au développement et à la construction du plateau tournant. On a pensé au mouvement du plateau à travers le vélo et je pense qu’il est très efficace au niveau de la mise en scène.

Il a également été nécessaire de trouver un moyen d’alimenter en électricité tous les équipements alors que les filages ne permettaient pas au plateau une rotation complète. Tout est donc branché sur batteries : l’ordinateur, le clavier, la lumière qui éclaire le vélo, l’émetteur pour le son…, tout est sans fil.  C’est une solution qui, par exemple, est beaucoup utilisée au cirque.

Quant au vélo, il fallait choisir un ancien vélo pour maintenir un visuel d’époque mais il devait aussi avoir la force pour faire tourner le plateau donc on a installé la mécanique d’un vélo de montagne de haut niveau sur le corps d’un vélo d’une autre génération et ça fonctionne très bien.

Le piano, joué par Francis Perron, est un piano numérique caché dans le meuble d’un piano droit : le clavier est en effet un contrôleur avec les touches d’un véritable piano qui permet de choisir le son du piano, de l’accordéon et d’autres sons comme le klaxon du vélo. Le son arrive à la carte de son de l’ordinateur et au logiciel qui transforme les données fournies par le clavier en son réel à travers sa banque de son ; enfin le son est diffusé par un haut parleur sans fil.

 

Le piano muet…à l’ italienne

Quand j’ai lu le conte Le piano muet, j’ai tout de suite pensé à une histoire vraie racontée par Giovanni Allevi.

Giovanni Allevi est un pianiste compositeur italien né en 1969 à Ascoli Piceno, dans la région Marche (près de la Mer Adriatique).

Il est fils d’un clarinettiste et d’une chanteuse d’opéra Dans sa maison il y avait un grand piano dans une chambre toujours verrouillée ; son père, qui connait les difficultés et les problèmes économiques des musiciens,  ne voulait pas qu’il apprenne la musique. C’est pour cela que le piano était « muet » dans la chambre.

Mais un jour le petit Giovanni, resté un moment seul dans la maison, découvre où est cachée la clé et à 4 ans commence a jouer du piano. À 6 ans, il écoute et joue tous les jours Turandot de Puccini et à 9 ans, pendant un spectacle à l’école, il joue un morceau de Chopin en présence de ses parents.

Aujourd’hui Giovanni Allevi est diplômé en piano, composition et direction d’orchestre et a une maitrise en philosophie. Il vit à Milan, dans une maison trop petite pour y installer un piano. Il compose donc dans sa tête en imaginant ses doigts sur le clavier ; sa voisine ne savait pas qu’il était pianiste…

Il a publié 8 albums et aime se définir comme un “compositeur de musique classique contemporaine”.

Selon lui :

« Nous revenons à  la Renaissance italienne, où l’artiste doit être un peu philosophe, un peu inventeur, un peu fou, il doit sortir de la tour d’ivoire et s’approcher de la sensation commune »

Le piano muet sera interprété en janvier 2015 à la Maison des arts de Laval. Plus d’information.

Denis Gougeon, un compositeur heureux

Après avoir participé et assisté à quasiment l’intégralité des évènements de la Série hommage, comment se sent le principal intéressé? C’est pour répondre à cette question et bien d’autres que Laurence, notre blogueuse, s’est entretenue par téléphone avec Denis Gougeon, encore ému d’avoir assisté le matin-même à une interprétation d’une de ses œuvres en langage des signes. Ce fut l’occasion de nous expliquer ce qu’il retiendra de cette mise à l’honneur:

Une intensive mise en lumière

Tout en étant moins visible du public, le métier de compositeur nécessite de rencontrer très régulièrement interprètes et chefs d’orchestres. Denis Gougeon est un compositeur prolifique qui a donc l’habitude de telles interactions. Ce qui, pour lui,  a fait sortir cette année de l’ordinaire est surtout la concentration en une cinquantaine d’évènements qui ont entrainé de considérables relations sociales. Une telle concentration, qui lui a donné plus d’une fois l’impression d’être une égérie de musique rock, peut devenir très éprouvante physiquement et moralement. Physiquement, il a pu être parfois difficile de demeurer disponible et réactif, particulièrement lorsque, dans une même semaine, jusqu’à cinq concerts et leurs répétitions sont programmés. Moralement, il a fallu apprendre à recevoir un «tsunami d’affection». Entre les concerts et les rencontres dans les écoles, la saison écoulée a été extrêmement enrichissante; Denis Gougeon s’est senti véritablement nourri par toute l’attention reçue. Il est touché par le fait qu’autant d’interprètes ont choisi de programmer ses pièces et reconnaissant d’avoir ainsi pu s’insérer dans leurs parcours.

La redécouverte de certaines pièces

S’il n’a pas été surpris par les multiples interprétations de ses œuvres, ayant pleinement confiance en leurs interprètes et certaines étant régulièrement jouées, Denis Gougeon a particulièrement apprécié d’avoir eu l’opportunité d’entendre Violoncelle-Pluton, pièce moins jouée de son Six thèmes solaires. Écouter les interprétations de plusieurs artistes formidables dont Gabriel Prynn et Isabelle Bozzini lui a donné l’impression de réapprendre à aimer cette pièce. Ce fut ainsi un grand bonheur de la redécouvrir en travaillant très étroitement avec les interprètes.

Denis Gougeon a également apprécié d’entendre la diversité des interprétations de certaines œuvres:

Une année de composition intensive

Cette saison a constitué pour Denis Gougeon un véritable marathon de composition qui a débuté avec Voler comme un oiseau pour les élèves du primaire puis En Harmonie pour le concours du CMC à rendre mi-août pour que Louise Bessette ait le temps d’enregistrer la vidéo:

Après avoir terminé Voler comme un oiseau, Denis Gougeon s’est aussitôt rapproché de la Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ) pour connaître l’instrumentation de l’œuvre commandée afin de s’atteler rapidement à la composition de Chant de l’Amitié. La majeure partie de l’été a ensuite été consacrée à la composition de Andante Sostunento pour 2 pianos que Brigitte Poulin et Jean Marchand ont créé lors du concert Alter Face du 8 décembre suivant. Il a alors été temps de travailler sur l’arrangement de Pulau Dewata de Claude Vivier, toujours pour le concert Alter Face. Puis l’automne est arrivé avec la reprise de l’enseignement à concilier avec la composition de Ballade opus 30 commandé par I Musici. Après s’être assuré que l’œuvre serait programmée le plus tard possible par I Musici, Denis Gougeon s’est fixé son propre échéancier : il lui était nécessaire de rendre son travail au plus tard mi-mars et idéalement en février afin de permettre à la copiste de réaliser les partitions de chaque instrument et d’assurer une période raisonnable de répétition aux interprètes.

Conscient de sa capacité de travail, c’est en connaissance de cause que Denis Gougeon a accepté ces nombreux engagements. Il savait qu’une organisation rigoureuse serait nécessaire pour correctement gérer son temps de création selon les spécificités de chaque demande (durée de l’œuvre, instruments, etc…) même si ce serait au détriment de ses vacances.

Un bilan provisoire de carrière

Dans un sens, la Série hommage a permis à Denis Gougeon de constater le chemin parcouru depuis ses débuts. Outre la joie de constater que toutes les œuvres jouées continuent de l’être, la concentration des évènements en quelques mois lui a permis de se rendre compte du chemin que chaque pièce a parcouru. Certaines sont jouées plus souvent que d’autres. Piano-Soleil, par exemple, est joué et enseigné très souvent et un peu partout. Un peu comme une comète, certaines pièces sont vites appréciées. D’autres plus difficiles et parfois plus coûteuses à monter, du fait de leur instrumentation, sont moins connues et moins jouées. Il demeure que la Série hommage a permis à Denis Gougeon de se rendre compte du large éventail de ses créations allant des œuvres pour musique vocale à celles pour orchestre en passant par les pièces pour pianos, celles pour cordes ainsi que les percussions. Sa diversité s’est également révélée par la variété de ses interprètes qu’il s’agisse d’orchestres symphoniques ou de chambre professionnels, de cantatrices,  d’ensembles contemporains, d’ensembles de la relève et mêmes d’élèves du primaire et une compagnie de théâtre. Une telle diversité de création est assez rare et ce fut extraordinairement gratifiant de constater le plaisir des interprètes qui avaient le sentiment de «piger dans un gros sac de bonbons».

Les projets à venir

Aussi intense et passionnante que fut la Série hommage, ce n’est en aucun cas un signe de la fin des carrières de Denis Gougeon qui n’a pas l’intention de cesser ses nombreuses activités. Même s’il a prévu quelques semaines de repos bien méritées, les années à venir s’annoncent passionnantes pour le compositeur avec une commande des Violons du Roy pour l’année prochaine et toujours l’espoir de créer un opéra si le bon sujet se présentait. S’il ne fait pas de doute que sa carrière d’enseignant se terminera dans quelques années, il pourra toujours continuer à composer. En attendant, tant qu’il le peut, il compte bien profiter au maximum des bénéfices d’allier enseignement et composition:

Des suggestions pour le prochain compositeur à l’honneur

Après une année d’hommage, Denis Gougeon peut affirmer que pour vivre la Série hommage, la forme physique est essentielle afin de toujours être disponible durant cette course de longue haleine. Idéalement, s’il s’agit d’un(e) enseignant(e), une année sabbatique devrait être envisagée pour répondre aux exigences d’un tel engagement. Cependant, la Série hommage étant un formidable outil de promotion de la musique contemporaine auprès du public, il doit admettre qu’il n’a lui-même pu se résoudre à renoncer à ses activités ni suivre les conseils de son prédécesseur, Ana Sokolovic:

Et vous, après une saison d’hommage, dans le «sac de bonbons» si généreusement offert par Denis Gougeon, quelle est votre confiserie préférée?

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Bienvenue à notre nouvelle blogueuse!

Nous sommes heureux de vous présenter notre nouvelle blogueuse Laurence Perreault-Rousseau qui partagera dorénavant avec vous son incursion dans le monde de la musique contemporaine par de petites entrevues avec nos artistes, des retours et des commentaires sur les concerts.
 
Petite histoire d’un heureux hasard…

« C’est au mois de mai 2012 que tout a commencé :  la SMCQ cherchait des bénévoles alors je proposai  mon aide. Je connaissais peu le domaine musical mais je savais que je me plairais car cela me permettrait de contribuer à une mission que je trouve importante. La communicatrice en moi était enthousiaste à l’idée de devoir trouver les arguments pour convaincre les gens de s’intéresser plus largement à cette musique si riche et pourtant trop peu connue. 

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Laurence Perreault-Rousseau, notre nouvelle blogueuse

Ma vie a été bercée par la culture; la musique (tous styles confondus) a  toujours résonné chez nous. Ceci amenant cela, j’ai développé ouverture et curiosité. Par contre, la musique contemporaine m’intimidait. Elle me semblait complexe voire inaccessible. Jusqu’au jour où j’ai fait une entrevue avec Denis Marleau pour parler de la Série hommage à Denis Gougeon. Soucieuse de réaliser ce mandat de bonne façon, je me suis fait un devoir d’écouter des œuvres de M. Gougeon. Un enchantement ! Un harmonieux mélange de sensibilité et d’intelligence. Une qualité inestimable pour un créateur. Écrire ce blogue va me permettre de partager avec vous mes émerveillements face à cette musique que je découvre. Et je serai heureuse que nous échangions sur les spectacles à venir.  

Je parle de Gougeon car il est à la source de mon désir d’apprivoiser la musique contemporaine,  mais j’ai assisté à plusieurs concerts depuis ce moment et j’ai eu le plaisir de découvrir toute la richesse que renferment d’autres musiques d’aujourd’hui. 

Même si je n’ai pas pu assister à tous les événements de la Série hommage, quelques-uns me paraissaient incontournables : parmi eux il y avait le concert Six thèmes solaires présenté récemment à la salle Pierre-Mercure. Dans cette œuvre phare du compositeur, chaque mouvement est inspiré d’une planète différente, représenté par un instrument qui lui est associé. En quelques mots, il en ressort que Gougeon a su toucher l’essence de la vie de ces astres avec finesse, profondeur mélodique et une grande virtuosité. Nous étions transportés dans la voie lactée.  La semaine suivante, j’ai assisté au concert Denis Gougeon et la guitare présenté en partenariat avec le Festival  et concours de guitare classique de Montréal. Entendre des œuvres contemporaines mais aussi  baroques avec cet instrument d’une grande beauté mais si simple à la fois fût totalement méditatif. »

Nous avons l’honneur

Bonjour à tous!

Chaque semaine nous faisons des rencontres agréables et toujours intéressantes, mais aujourd’hui, nous avons le grand honneur de vous présenter notre première entrevue avec notre compositeur de l’année, Denis Gougeon. L’occasion se présente alors que la Série hommage arrive à un de ses points culminants avec les concerts « La Chine à l’honneur » de l’Orchestre symphonique de Montréal. Dirigé par Long Yu, l’OSM offrira le privilège d’entendre en première nord-américaine Toy (Music Box)une œuvre pour grand orchestre et flûtes traditionnelles chinoises qui avait valu à Denis Gougeon le Premier prix du Concours international de composition de Shanghai en 2010. Qian Jun et Kai Jin, deux flûtistes chinois avec qui Denis Gougeon était tombé amoureux lors de sa rencontre en Chine et pour qui il avait écrit Toy, seront encore une fois de la partie.

Le programme du concert mettra également à l’honneur Enchantements oubliés, du compositeur chinois Qigang Chen, les Variations sur un thème Rococo, op 33 de Piotr Ilitch Tchaïkovski et la Symphonie no 5, op 47 de Dimitri Chostakovitch.

Pour témoigner notre belle conversation, nous avons enregistré cette vidéo, que nous vous encourageons à regarder avec beaucoup d’attention. Denis Gougeon nous a parlé de son parcours dans le concours de Shangai, de sa belle expérience et de ses motivantes découvertes lors de son voyage en Chine, du processus de création de l’œuvre, de ses souvenirs sur la création de Toy en Chine et de ses attentes quant à la première de la pièce à Montréal. Merci Denis pour ta grande générosité!

Nous vous souhaitons un beau visionnement et nous vous encourageons à assister à cet incontournable de la Série hommage de la SMCQ! Allez-y!

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« 4 jeux à 5 », à nouveau

IMG_6944 - CopieLe Conservatoire de musique de Montréal accueille la deuxième édition des Journées des vents, un festival de quintette à vent conçu par le groupe Pentaèdre. Cette semaine, nous nous sommes rendu au Conservatoire pour écouter le hautboïste Normand Forget, le corniste Louis-Philippe Marsolais, la flûtiste Danièle Bourget, le bassoniste Mathieu Lussier et le clarinettiste Martin Carpentier.

Une scène complètement nue mettait l’accent sur les cinq musiciens, qui sont restés debout pendant tout le concert. Le quintette a commencé son récital avec un compositeur d’aujourd’hui peu entendu dans les salles de concerts, August Klughardt, qui fait partie de la « nouvelle école allemande » et qui a écrit le Quintette op.70, une œuvre plus proche de Brahms ou Mendelssohn que des rhapsodistes qui l’ont inspiré pendant sa jeunesse.  La délicatesse de la sonorité et la technique si précise des interprètes donnent l’impression à l’auditeur que tout ce qu’ils jouent est facile.

Le concert a continué avec une transcription pour quintette à vent de Geoffrey Emerson du Quatuor Les Dissonances KV 465 de W.A. Mozart, qui est une preuve de sa vénération pour Haydn. En fait, les premières phrases de cette pièce, pleines de dissonances, ne laissent pas reconnaître le compositeur. L’expressivité et l’exécution des nuances ont marqué l’interprétation de cette série de six quatuors que Mozart a dédiés à Haydn à la suite d’un choc après avoir écouté ses quatuors les plus récents.

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Finalement, l’ensemble a rendu hommage à Denis Gougeon en jouant l’œuvre 4 jeux à 5, qui avait aussi été interprétée la semaine dernière par Pronto Musica. Cette pièce, qui assemble les techniques d’imitation, de miroir, d’inversion et de vitesse dans le premier mouvement et qui offre des solos à tous les instrumentistes dans le quatrième mouvement, a été délicatement et délicieusement interprétée par le quintette, en présence du compositeur. L’interprétation de Pentaèdre fut d’une sensibilité suprême, tout en ayant la force et l’énergie qu’exige la musique de Gougeon.

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N’oublions pas non plus la jeune corniste participant au concours Pentaèdre pour jeunes musiciens qui fut invitée – spécialement à la demande du jury pour sa grande musicalité – à jouer la pièce Cor-Jupiter, des Six thèmes solaires de Denis Gougeon.

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Pronto… Musica!

Bonjour à tous!

Samedi dernier, nous nous sommes rendus à l’église St. Georges pour assister au premier concert de Pronto Musica Chamber Ensemble, une association à but non lucratif qui se lance sur la scène classique montréalaise. Dirigé par Eli Weinberger et Alexis Hauser, ce nouvel ensemble a pour mission de donner aux jeunes musiciens de Montréal une occasion de se produire professionnellement en concert et de les orienter vers leur carrière d’interprètes.

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Ce premier concert fut produit dans le cadre la Série hommage alors que Lara Deutsch (flûte), Krisjana Thorsteinson (hautbois), Eric Abramovitz (clarinette), Daniel Clark (basson) et Gabriel Trottier (cor) nous interprétaient 4 jeux à 5 de Denis Gougeon, une commande pour le quintette à vent Estria, avec l’aide du CAC.

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Dans le premier mouvement, Jeux de miroirs, c’est vraiment cela, un jeu labyrinthique où la musique circule d’un côté à l’autre de l’ensemble, alors que dans le deuxième, À la manière d’un kaléidoscope, il y a un processus de transformation de la densité sonore, des couleurs et des modulations qui sonnent à une musique rythmique et piquée, en constant dialogue entre la flûte et le basson. Le Lent et lyrique est le moment des solos instrumentaux et le quatrième mouvement, Comme une danse, honore son titre avec une musique très rythmée, rapide et accentuée.

Pour vous monter cette palette de techniques de composition – d’imitation, de miroir, d’inversion, de vitesse – nous vous offrons la vidéo d’un passage de la pièce 4 jeux à 5:

Le programme a été complété avec le Brass Quintet No. 1, op 5 de Victor Ewald et le Souvenir de Florence, op 70 de Piotr Ilitch Tchaïkovski. La semaine prochaine, ce sera au tour de l’ensemble Pentaèdre d’attaquer 4 jeux à 5 de Denis Gougeon!

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Nos chefs-d’œuvre

Bonjour à tous!

Cette semaine c’est au tour des solistes de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) d’être protagonistes de notre Série hommage avec le concert Chefs-d’œuvre d’ici, présenté par la série Tableaux en musique. Le flûtiste Denis Bluteau, le violoniste Luis Grinhauz, l’altiste Lambert Jun-Yuan Chen, le violoncelliste Sylvain Murray et la pianiste Bertha Rosenohl, avec qui nous avons correspondu, présenteront un programme d’œuvres de trois compositeurs québécois: Denis Gougeon, Alexis Contant et Anne Eggleston.

La pianiste Berta Rosenohl participera du concert Chefs-d’œuvre d’ici dans la Série Hommage.

La pianiste Bertha Rosenohl participera au concert Chefs-d’œuvre d’ici dans le cadre de la Série hommage.

Denis Gougeon a écrit Suite privée pour flûtes (do, sol, piccolo), piano et violoncelle en 1988 suite à une commande de l’Ensemble Daedalus et avec l’aide du Conseil des Arts du Canada. Il s’agit d’une suite de quatre conversations à trois instruments sur des sujets qui provoquent l’intériorité et l’introspection intime, en même temps que la discussion heureuse. « Comme l’indique Denis Gougeon, il s’agit d’une pièce de caractère intime, représentant une conversation entre amis, » affirme Bertha Rosenohl, qui assure que l’œuvre « ne comporte pas particulièrement de difficultés techniques pour le piano, si ce n’est que dans quelques passages rythmiques. »

Selon la pianiste, la musique de Gougeon est « très claire et transparente et, grâce à une maîtrise de la connaissance des instruments, recèle une grande beauté sonore. » En fait, Bertha Rosenohl croit que « le message dans la musique de Gougeon est direct et son langage, facile à comprendre. C’est très musical! »

Mais le programme ne se circonscrit pas à la contemporanéité de Denis Gougeon. En effet, elle couvre, du point de vue des styles, trois siècles avec Alexis Contant et le romantisme du 19e siècle, et Anne Eggleston et le modernisme néo-classique du 20e. Alexis Contant (Montréal, 1858-1918), fils de musiciens amateurs, a été compositeur, organiste, pianiste et professeur de musique. Il a surtout composé des musiques d’accompagnement à l’orgue pour chœur, des pièces pour piano solo et orgue, dont son œuvre la plus célèbre La Lyre, et des musiques de chambre, dont le trio pour piano, violon et violoncelle qui sera interprété ce vendredi.

Anne Eggleston (Ottawa, 1934-1994) quant à elle, a été compositrice et professeure, et certaines de ses œuvres ont connu une grande notoriété, tel que le Quatuor à cordes qui a remporté le prix de la meilleure composition du Concours de musique originale de la radio de la SRC à Ottawa en 1964 et qui sera joué dans ce programme de chefs-d’œuvre.

Le concert sera précédé d’une visite guidée de l’exposition ‘Art québécois et canadien du XXe siècle‘ de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal. Profitez-en!

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Un jeune « Heureux qui comme… »

Bonjour à tous!

Après l’avoir savourée à la soirée d’ouverture de la Série Hommage de la SMCQ, vous pourrez vous amuser encore une fois ce jeudi soir avec une nouvelle interprétation de la pièce Heureux qui comme… de Denis Gougeon par l’Ensemble Musique Avenir et la soprano Magali Simard-Galdès du Conservatoire de musique de Montréal sous la direction de Véronique Lacroix.

Véronique Lacroix dirigera le prochain concert de la Série Hommage.

Véronique Lacroix dirigera le prochain concert de la Série Hommage.

Pendant cette semaine de pratique, nous avons correspondu avec la directrice artistique qui croit que cette pièce écrite en 1987 est « une œuvre qui respire la joie: celle de vivre et d’aimer, de voyager, comme Ulysse, mais aussi celle d’écrire de la musique, un métier totalement naturel chez ce compositeur. »

« Le sens mélodique est plus que remarquable chez Denis Gougeon qui a aussi un don particulier pour raconter des histoires en musique, même sans aucun mot! » dit Véronique Lacroix en référence au fait que la partie de soprano de l’œuvre n’utilise que des vocalises sur des voyelles et quelques mots inventés. « Une utilisation festive du rythme est aussi l’une de ses caractéristiques, » ajoute-elle.

L’ensemble complétera ce programme avec la création Métalingua du jeune compositeur Jonathan Goulet, qui nous a parlé aussi de son œuvre: « L’idée principale était le mélange de plusieurs courants d’écriture qui ont eu une importance particulière dans l’élaboration de différents langages musicaux, tels que les techniques sérielles, spectrales, modales et tonales. Il n’existe pas réellement de fil conducteur qui dicte l’utilisation de ces techniques, la pièce est plutôt comme un terrain de jeu où différents matériaux se manifestent librement. Parfois, des styles musicaux qui sont fortement associés aux techniques choisies sont clairement évoqués, parfois ce sont carrément des pastiches et parfois le style est plus personnel, » explique Jonathan Goulet. « C’est une œuvre très habile et expressive qui emprunte principalement la forme des variations, » ajoute Véronique Lacroix.

La soprano Magali Simard-Galdès interprétera Hereux qui comme… sous la direction de Véronique Lacroix.

La soprano Magali Simard-Galdès interprétera Heureux qui comme… sous la direction de Véronique Lacroix.

Le concert terminera avec l’œuvre pour ensemble et électronique Manhattanism du compositeur canadien Alec Hall et la pièce Octuor d’Igor Fyodorovich Stravinsky car, selon la directrice, « un programme de concert est comme un bon repas: il doit y avoir une entrée, un met principal et un dessert, agrémentés d’un apéro, d’un bon vin et d’un café digestif, selon le temps qu’on a… Le Stravinsky, avec ses rythmes inspirés du jazz et son instrumentation ‘pétillante’ jumelant habilement quatre cuivres et quatre bois, fera peut-être ici office de… champagne…? » lance Véronique Lacroix. 

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Face à face

Bonjour à tous!

Cette semaine, la SMCQ vous propose un concert singulier: deux pianistes, Brigitte Poulin et Jean Marchand, interpréteront face à face cinq œuvres pour deux pianos du répertoire récent, dont une création de notre compositeur à l’honneur cette année, Denis Gougeon. Pour en savoir plus sur le concert de ce dimanche à la Salle Tanna Schulich de Université McGill, nous avons correspondu avec les deux musiciens.

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Brigitte Poulin et Jean Marchand joueront une nouvelle pièce de Denis Gougeon, Andante Sostenuto, une œuvre qui s’inspire du poème du même titre de Fernand Ouellet, tiré du recueil intitulé A l’extrême du temps. « Denis est un compositeur post-romantique à l’écriture lyrique et somptueuse. Son écriture pour clavier est toujours très pianistique, donc un pur bonheur pour les mains des exécutants! » nous raconte Jean. Pour Brigitte, cette pièce est « nostalgique et expressive, idiomatique au piano; la forme est un lied, aux contours mélodiques lents et continus; elle nous permet une capacité d’expression concentrée à la fois libre et rigoureuse, » assure-elle.

Ils interpréteront aussi un arrangement de l’œuvre Pulau Dewata de Claude Vivier fait par M. Gougeon : « L’adaptation est rigoureuse. Elle laisse une marge de manœuvre inventive au piano au niveau des articulations et des couleurs, » dit Brigitte, qui pense que Denis Gougeon « est un grand compositeur, prolifique dans des styles à approches très variées, d’une grande sensibilité et générosité. »

Le duo complétera ce programme avec des pièces de Henri Dutilleux, Georges Aperghis et Kevin Volans. « Les mots résonance, réminiscence, réflexion, absorption sont des mots qui me viennent à l’esprit pour décrire notre programme, comme un fil conducteur guide le trajet du début à la fin, » selon la pianiste. Pour Jean, Dutilleux, compositeur de Quatre figures de résonances, « se proposait d’écrire une sorte de « catalogue de résonances » en amorçant ses « Figures de résonances ». » Le pianiste ajoute que, même si son projet est demeuré inachevé, « c’est une œuvre remarquable, très achevée comme tout ce qu’a écrit le compositeur, et qui exploite, entre autres, la résonance des harmoniques du piano; véritable études de timbres, d’attaques, de couleurs. »4619372170_8b7514c5dd_b

« Alter-Face d’Aperghis est une sorte de tropisme musical. Le dialogue très serré des deux pianistes emmène peu à peu ceux-ci dans des zones troubles de dédoublement, de jeux de miroirs déformants et parfois de cache-cache très ludique. C’est une œuvre extrêmement exigeante sur le plan rythmique. Finalement, le compositeur sud-africain Kevin Volans a emprunté le titre Cicada aux toiles et dessins de Jasper Johns. L’œuvre est construite sur des cellules harmoniques répétées et dont on entend, les pianos étant placés assez loin l’un de l’autre,  les très subtiles et sensibles métamorphoses qui finissent par créer un halo harmonique très poignant, » explique Jean Marchand.

La préparation technique du concert a été possible grâce au soutien de la Faculté de musique d’École Schulich de l’Université McGill, où ils sont professeurs. « La collaboration de deux pianistes exige énormément de travail de mises au point de jeu pianistique, d’équilibre sonore, de recherche commune de timbres, d’attaques, de phrasés, de respirations pour finalement devenir un seul pianiste à deux têtes. Cette collaboration avec Brigitte, ma seconde, demeure un pur bonheur artistique, » remarque Jean. Le concert sera précédé par une table ronde à 14h avec John Rea, Denis Gougeon et Louise Bessette animée par Walter Boudreau. Profitez-en!

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