Archives de Catégorie: Jeunesse

L’effet John Rea

Dans le cadre de la série hommage 2015/2016, la direction artistique de la Société de musique contemporaine du Québec a choisi de mettre à l’honneur le compositeur John Rea. Reconnu présentement pour son catalogue très varié et son implication dans l’enseignement, John Rea sera le porte-parole de la composition contemporaine pendant un an.

Dès l’automne, une série de concerts sera interprétée par des musiciens professionnels (orchestres, quatuors, voix…) et sa présence exclusive auprès du jeune public québécois permettra à tous de développer un nouveau regard sur une riche carrière.

Son implication se manifestera notamment lors d’ateliers musicaux dans les camps de jour situés à Montréal (organisées par l’Université de Montréal) et à Lanaudière (Père Lindsay).

Ce projet participatif est l’occasion pour John Rea de partager son point de vue en tant que créateur mais aussi de faire découvrir aux jeunes la pièce qui sera jouée lors de la soirée d’ouverture de la Série hommage le 25 septembre prochain,  L’effet papillon.

Le but de ces ateliers étant de faire connaître ce qui se cache derrière une partition, entrevoir la partie immergée de l’iceberg, les novices pourront ainsi prendre conscience des aspects complexes et captivant de la création.

Les artistes en herbe, âgés de 7 à 17 ans, auront en effet la possibilité d’appréhender la vision conceptuelle et philosophique de cette œuvre; composition qui illustre à merveille l’effet que déclenche un battement d’aile sur le reste du monde.

Ici, le compositeur transpose cette émotion en intensifiant la musique avec l’arrivée de nouveaux instruments au fur et à mesure de la pièce. L’improvisation des musiciens sur scène aura sa place tout comme le vol aléatoire du lépidoptère dans la nature;  ce qui donne une approche moderne et unique à son travail.

Par Diane Martin-Graser

Détail des ateliers animés par John Rea:

  • Mercredi 1er juillet 2015, Camp musical Université de Montréal
    13h15 à 14h : jeunes de 6 à 8 ans
    14h à 14h45 : jeunes de 9 à 12 ans
  • Vendredi 3 juillet, Camp musical du Père Lindsay
    14h à 17h (quatre ateliers de 45 mins)
  • Mercredi 15 juillet 2015, Camp musical Université de Montréal
    13h15 à 14h : jeunes de 6 à 8 ans
    14h à 14h45 : jeunes de 9 à 12 ans
Publicités
Tagué , ,

Fonoformies, relier les yeux et les oreilles

« L’enfant a cent langages. Il a cent manières de penser, de jouer et de communiquer. Cent manières d’écouter, de s’émerveiller, d’aimer, d’exprimer sa joie. Il a cent mondes à découvrir, à inventer, à rêver… » Loris Malaguzzi

 Présenté dans le cadre du festival Montréal/ Nouvelles/ Musiques, Fonoformies est un spectacle déambulatoire destiné aux enfants de 1 à 4 ans qui établit un lien fort entre la musique et les arts visuels. Emmanuelle Lizère, conceptrice du spectacle, a créé un univers où la musique met en mouvement les lignes, les figures et les textures. Aidée par Benoit Côté pour la musique et de Lenche Andonova pour la scénographie, il s’agit surtout d’éveiller les tout-petits à la musique contemporaine tout en développant leur imaginaire sensoriel. 

IMG_3199

Selon Emmanuelle Lizère, la musique est un langage qui n’a pas besoin de mots, elle stimule les sens, favorise les interactions sociales et intensifie l’expérience que l’enfant est en train de vivre. Elle a le don de le transporter dans un monde magique. Et c’est bien de cela dont il est question dans ce spectacle : la magie s’opère aux sons du violon, du violoncelle, du saxophone ainsi que de la voix confrontés à des installations visuelles et sonores. L’enfant se retrouve en immersion dans un tourbillon de sons et de couleurs, mais de manière progressive afin qu’il puisse se familiariser et identifier ce qui l’entoure. Il est amené ailleurs avec son propre rythme vers des choses qui appartiennent à son monde (jeu de cache-cache).

Après avoir fait des parcours dans les musées d’art contemporain pour initier les enfants aux peintures et aux sculptures tout en musique, une frustration est née du fait de ne pas pouvoir toucher les œuvres. Avec Fonoformies on a ainsi la possibilité d’avoir accès à l’œuvre et de sentir davantage les vibrations qu’il existe entre les formes la musique.

Chaque enfant va ensuite avoir entre les mains des formes qu’il va essayer de mettre en mouvement avec la musique. Cela va créer des motifs musicaux et rendre la musique palpable. « Au départ on est dans un rapport très individuel, les uns derrière les autres, puis progressivement on vit un moment musical ensemble», insiste Emmanuelle, pour qui la musique se vit en mouvement perpétuel. La dimension collective participe ainsi à un seul et même mouvement.

Ce spectacle est un monde à lui tout seul, d’ailleurs chaque sculpture porte un nom spécifique. Du « Murofon » (un mélange de peinture, de textile, et d’autres matières multicolores qui suivent les courbes ondulantes de la musique) en passant par les « Gloofooni » (qui murmurent à l’oreille), l’enfant va pouvoir interagir avec ces installations. Bien qu’il soit guidé et accompagné, il a de multiples possibilités et le spectacle se veut avant tout une expérience ludique et unique.

Il est évident que l’enfant a une grande sensibilité auditive et est curieux du monde sonore qui l’entoure. Pourtant il semble que le visuel est souvent plus développé que l’auditif, ou du moins il est davantage favorisé dans les méthodes d’apprentissage. En faisant un trait d’union entre ces deux mondes l’artiste favorise l’imaginaire de l’enfant et lui permet de l’explorer dans une démarche ludique. De même il apparaît que l’éveil musical, dans toutes les pratiques de groupe qu’il requiert, favorise la socialisation de l’enfant. Non seulement cela aborde des notions spécifiques à la musique mais ouvre l’enfant à l’écoute des autres et de lui-même.

En créant des ponts entre les arts, Fonoformies participe à une véritable ouverture artistique et encourage le lien entre les arts et l’enfant, entre soi et l’autre.

11001927_10153183910681178_6595380658656233770_n

10989167_10153180368786178_8845121684786963413_n

10996355_10153180368551178_5765206554689780060_n

Parcours déambulatoire pour les 1-4ans.

À la Chapelle historique du Bon-Pasteur dimanche 1er mars à 14h, 15h et 16h et lundi le 2 mars à 10h, 11h et 15h.

Tagué , , , , , ,

Compositeurs en herbe : un programme éducatif innovant

J’ai souvent considéré les musiciens comme des êtres dotés d’un langage mystérieux et inné. Pourtant le langage musical peut s’apprendre et il me paraît aujourd’hui essentiel de proposer une initiation à la création musicale dès le plus jeune âge. Les enfants peuvent en effet se montrer très créatifs en ce domaine, pour peu qu’on leur propose des situations suffisamment ouvertes, imaginatives et non normatives. C’est ce que propose aujourd’hui la Société de musique contemporaine du Québec aux élèves des classes du primaire et du secondaire avec le projet Compositeurs en herbe. Destiné à sensibiliser le jeune public à la création musicale contemporaine, ce projet éducatif propose de réaliser des productions musicales inédites en fournissant des pistes qui permettent de se livrer à des explorations et expérimentations sonores.

Divers documents écrits et sonores ont été réunis par la Société de musique contemporaine du Québec pour constituer une « trousse pédagogique » et aider les enseignants à proposer des activités à la fois originales et adaptées au milieu scolaire. Claire Cavanagh, responsable du volet jeunesse de la SMCQ et Hélène Lévesque, conseillère pédagogique en musique à la Commission scolaire de Montréal, participent activement à ce programme. Il s’agit surtout de faire connaître les compositeurs d’aujourd’hui et inspirer les élèves dans l’exploration de leur propre créativité. Ces derniers sont ensuite invités à présenter en concert leurs créations musicales mixtes. Lors des dernières éditions, les élèves ont pu appréhender le travail de compositeurs contemporains comme Ana Sokolovic. L’année dernière, ils ont joué une composition en hommage au compositeur québécois Denis Gougeon. Le spectacle qui a eu lieu à l’Espace culturel Georges-Émile-Lapalme de la Place des Arts a permis de mettre en avant le travail de ces jeunes, compositeurs de demain. Selon Walter Boudreau, directeur artistique de la SMCQ: «les enfants mobilisent des aptitudes dont ils ne soupçonnaient pas l’existence (…) et après s’être confrontés aux nombreux défis de la composition musicale, ils deviennent plus sensibles à ce qu’ils entendront plus tard et, pour nous, c’est capital. »

Cette année les créations musicales seront inspirées de l’Atlantide de Michel-Georges Brégent. Une œuvre complexe qui allie aussi bien des sons électro-acoustiques (sons entièrement créés et manipulés, transformé par le biais de machines) que des sons réels, notamment grâces aux nouvelles technologies. Avec cette pièce, il s’agit surtout de démocratiser cette musique qui puise son inspiration dans notre société, dans ce que nous vivons tous.

N’étant guère répandues dans les pratiques culturelles les plus courantes, l’écoute et la découverte d’œuvres musicales contemporaines surprennent toujours, dérangent souvent et suscitent de multiples interrogations, quand ce n’est pas le rejet pur et simple. L’oreille, le plus souvent, aime la familiarité, apprécie de pouvoir être guidée par des repères (mélodiques, harmoniques, rythmiques). Elle est surtout gouvernée par des codes culturels. Toute musique a quelque chose à nous apprendre du monde qui nous entoure et de notre rapport à ce monde. C’est pour cette raison qu’une initiation dès le plus jeune âge est importante, voire nécessaire. Les plus jeunes n’ont pas encore construit de “ filtres ”culturels figés, ils sont restés en phase avec leurs réactions sensorielles et émotionnelles, alors que les adultes peuvent être conduits à s’en méfier et à s’en distancier. Ils peuvent ainsi s’engager dans un réel projet de découverte du monde sonore et de développement des capacités d’invention musicale sans avoir trop de préjugés. Il me paraît également intéressant de donner aux jeunes des réflexes musicaux à partir d’un langage faisant référence à leur culture. Au delà d’une richesse pédagogique, il s’avère que la musique contemporaine est aussi la musique la plus proche des enfants. C’est la musique qui s’inspire de la société dans laquelle ils évoluent, des sons dans lesquels ils baignent. Selon Roxanne Turcotte, spécialiste en musique électroacoustique et installations sonores, ces musiques contemporaines ne sont pas dépourvues de toute “ technique ” et demandent un certain “ savoir ” pour pouvoir être appréhendées, mais elles sont, pour certaines, plus proches de l’activité sonore spontanée de l’enfant. Certaines pièces sont plus accessibles que d’autres, mais leur exploitation sera facilitée par la mise en œuvre de projets par l’enseignant, qui permettront de donner du sens tant à la découverte auditive qu’à l’expérimentation par les élèves eux mêmes.

La démarche doit, comme à chaque fois qu’il est question d’écoute d’œuvres, s’efforcer d’effectuer un aller-retour permanent entre l’écoute et la production, dans une démarche symétrique que Roxane Turcotte formule de la façon suivante : « écouter pour faire, faire pour écouter ». En s’inspirant de l’œuvre phare Atlantide, un premier travail va faire appel à l’enregistrement de sons « concrets » et « bruts » en écho aux sons de la nature et de la ville qui viennent interagir dans la pièce. Ces échantillons enregistrés vont être fragmentés, répétés, assemblés de façon à composer un morceau. Les nouvelles technologies d’aujourd’hui permettent d’avoir une approche différente. Roxanne insiste bien sur le fait d’appuyer des démarches pédagogiques originales sur les outils disponibles ou à créer en fonction des besoins de la pédagogie.

gougon1 turcotte turcotte2 turcotte3

Les activités proposées par Compositeur en herbe se dérouleront à la Place des Arts les 13, 14 et 15 avril 2015 dans le cadre de la semaine de la musique à la CSDM 

Informations et inscriptions sur le site http://www.smcq.qc.ca/jeunesse/fr/education/compositeursenherbe/

Tagué , , , ,

En pleine immersion à la découverte de l’Atlantide

30 ans après sa réalisation, Atlantide de Michel-Georges Brégent sera proposée en ouverture du festival Montréal/Nouvelle Musique 2015 à travers une nouvelle réorchestration et des sections originales de l’époque revisitées par la technologie actuelle.

Walter Boudreau, qui sera le chef d’orchestre du concert, nous a parlé de l’histoire de cette œuvre et du parcours de réalisation de ce projet:

« Atlantide est une œuvre qui a été commandée par Radio Canada et présentée en 1985 au Prix Italia, où elle a obtenu une mention spéciale. Pour participer au Prix Italia, une œuvre doit être conçue spécifiquement pour et par la radio, en utilisant toutes les technologies disponibles de la radio. En 1985, Brégent avait utilisé la technologie qui était accessible à l’époque et le numérique ne faisait que commencer, tous les appareils étaient analogiques. Atlantide est une composition qui alterne la musique électro-acoustique et la musique acoustique. La musique électro-acoustique a été créée en studio chez Alain Thibault, sur 16 pistes et ça n’était au début que des échantillons numériques. Une fois que ceci a été fait sur les 16 pistes, le résultat a été importé et inséré dans les 24 pistes qu’on a enregistrées à Radio Canada. La première mission a été de retrouver les 16 pistes originales de la musique électro-acoustique, que Michel-Georges avait créées chez Alain Thibault. Elles s’étaient perdues, je ne sais pas comment, quelque part, dans mon bureau à la SMCQ. Ensuite, la problématique avec Atlantide c’est que c’est une œuvre qui a été composée par et pour la radio; Brégent déjà donnait dans l’utopie totale au niveau de l’exécution humaine de ses œuvres précédentes, qui sont d’une difficulté transcendante. De plus, on travaillait en studio; nous n’avions pas la contrainte d’enchainer et de jouer tout cela en concert. En studio, on enregistre un petit bout puis encore un petit bout et on ajoute les petits bouts les uns à la suite des autres. On travaillait en multipliant avec un « click track »  (une bande métronome, si l’on veut), avec lequel on peut tout synchroniser. Nous avons donc créé tout cela en superposant ces différentes pièces sur 24 pistes d’une machine à l’époque analogique et nous devions l’enregistrer en duo car c’était vraiment complexe et cela a demandé tellement de travail! Mais à la fin, l’œuvre est absolument formidable.

Évolution des systèmes d’enregistrement :

Pour la jouer en concert, c’est un problème…car il y a de grandes parties qui sont injouables… D’ailleurs, il y a une partie de petite trompette dans l’avant dernière section (où le trompettiste, Roger Walls, spécialiste du suraigu, est vraiment formidable, ) et j’ai envoyé quelqu’un pour jouer ça. À l’époque, j’avais encore des « jobs » comme saxophoniste et je m’était réchauffé pendant 20 minutes en studio. Je jouais avec un saxophone sopranino, une petite trompette. Et d’ailleurs c’est un sopranino qui va être utilisé  pour interpréter cette partie 30 ans plus tard. Ce qui est intéressant et passionnant est que je suis en train de réorchestrer Atlantide pour qu’elle soit jouable en direct par des musiciens qui vont enchainer ça. Pour les parties qui sont injouables, j’ai pu accéder à l’enregistrement original d’Atlantide après en avoir retrouvé la trace dans les archives de Radio Canada. Ce qui est formidable, c’est le mélange que nous allons faire entre la réorchestration, que je suis en train de réaliser avec moins de musiciens, et les musiciens supplémentaires dans l’enregistrement original que j’ai numérisé. C’est comme s’ils étaient là interprétant en direct avec nous. Imaginez si j’avais la possibilité d’aller chercher Johann Sebastian Bach interprétant des continuo et, sur une piste séparée, j’avais la possibilité de jouer avec lui. Je vais donc mélanger une nouvelle orchestration que j’ai faite, cette fois-ci pour 16 musiciens et 12 voix, avec toute l’électronique originale qui était là et aussi faire appel aux interprètes originaux en synchronisation avec nous pour certaines sections. Ce qui est le plus intéressant, c’est que l’Atlantide est comme une baleine qu’on est obligé de coincer dans une boite de sardines:  c’est une musique à plusieurs niveaux et plusieurs strates musicales ; on est obligé de mixer deux pistes en stéréophonie parce que la technologie 5.1 n’existait pas. La spatialisation de la musique est maintenant possible, au-delà de la quadraphonie, puisqu’on va vraiment pouvoir, durant le concert, s’immerger dans la musique. Grâce aux différentes sorties de pistes séparées, il est maintenant possible de disposer la musique dans l’espace afin d’entourer complètement l’auditeur. Ainsi, la qualité et la définition de la musique s’expriment au-delà de la technologie 5.1 dans la mesure où on va avoir la capacité technique de faire entendre cette musique comme Michel-Georges  le souhaitait.

En ce qui concerne les 16 musiciens qui seront sur scène, il y aura Quasar, quatuor de saxophones, Magnitude 6, quintette de cuivres avec percussions et un batteur, nécessaire pour certaines sections, une chorale de 12 voix dont 2 solistes, Karen Young (qui chantera 30 ans plus tard la section Complainte des villes solitaires) et sa fille Coral, tout l’appareillage des échantillons créés à l’époque ou à l’aide des 24 pistes originales, le Quatuor Bozzini, augmenté pour la circonstance d’un contrebasse afin de se transformer en quintette à cordes.

Cela représentera quelque chose comme 70 musiciens dont 16 en direct sur scène, 12 voix et le reste est virtuel. »

 Nous avons ensuite demandé à Walter Boudreau, grand expert et diffuseur de Brégent, de nous présenter en bref l’homme, le musicien et sa musique, encore moderne et actuelle à notre époque.

« Brégent, c’était un compositeur qui avait une vision formidable que je partageais. Une vision toute inclusive de la musique au lieu d’être exclusive; c’est quelqu’un qui était loin d’être « intégriste », loin des chapelles. Son parcours personnel, très similaire au mien, l’a exposé à plusieurs facettes de la pratique musicale passant de la musique populaire, du rock, à la musique texturale européenne, la musique électronique. De plus, il n’a jamais cherché un langage musical qui exclurait de sa pratique le legs du passé. Dès lors, sa musique témoigne évidemment de cet esprit d’ouverture. C’est une personne qui avait aussi un niveau strictement philosophique, une pensée cosmique, une pensée globalisante; c’était un homme d’une intelligence supérieure, remarquable, unique pourrais-je dire. Sa musique est donc à la fois une construction architecturale remarquable et une musique pleine d’expression, d’un lyrisme magnifique.

Toutes ces raisons viennent soutenir ma grande fascination pour sa musique. »

«L’ambition de ma vie est de créer une musique parfaitement équilibrée sur les plans intellectuel, émotif et spirituel: une musique qui ait une raison d’être.»

bregent_mi.2

En conclusion de cette intéressante rencontre, Walter Boudreau nous a parlé de l’atelier Compositeurs en herbe présenté par le volet jeunesse de la SMCQ, cette année autour de l’Atlantide.

« Tout d’abord, cela se situe en plein dans les activités de la SMCQ, dans le cadre des activités de notre secteur jeunesse que nous développons de façon absolument remarquable et très sérieuse depuis 15 ans. Pour nous, il est très important car les enfants sont le public de demain.  Nous travaillons donc beaucoup avec eux pour les initier  à la musique contemporaine. Le 29 novembre dernier, lors du congrès de la FAMEQ, nous avons réalisé un atelier préparatoire avec des professeurs afin de leur fournir des outils pour travailler avec leurs élèves, pour produire une pièce qui va s’inspirer de ce que Brégent a fait dans l’Atlantide. Le principe même de l’imitation « singe qui voit, singe qui fait » est qu’on regarde des modèles en cherchant à les imiter et, ce faisant, on s’implique d’avantage. C’est comme cela que les compositeurs écoutent d’autres compositeurs et cherchent à les imiter. C’est par là que je me suis formé à la composition musicale et ai cherché à former mon propre langage et ma propre approche. C’est donc la même chose avec les enfants. Ce qui est capital, c’est que, quand ils sont en train de le faire, ils ne font que cela, en mobilisant des aptitudes dont ils ne soupçonnaient pas l’existence. On y parvient en fournissant des outils aux professeur leur permettant de faire travailler les enfants. C’est formidable pour les enfants car leur travail va aboutir à la création des petites pièces: il vont composer des sons s’inspirant du travail de Michel-Georges Brégent dans Atlantide. C’est un merveilleux exercice; les élèves et les professeurs sont enchantés par ce processus de création. Après s’être confrontés aux nombreux défis de la composition musicale, ils deviennent plus sensibles à ce qu’ils entendront plus tard et, pour nous, c’est capital. »

Tagué , , ,

Le piano muet prend la parole grâce à ses protagonistes

Bonjour, je me présente aux lecteurs du blogue : je suis italien, né à Rome (quelle chance !!!) où j’ai vécu jusqu’en juin 2014, lorsque j’ai déménagé avec ma famille à Montréal. Participer à ce blogue est pour moi l’occasion d’approfondir ma découverte d’une ville et une région avec une langue, une culture et des traditions différentes. Et surtout , avec la SMCQ,  je peux fréquenter le milieu de la musique que j’adore et dont toutes les facettes m’intéressent. À travers ce blogue, j’espère partager avec vous ma découverte de la musique contemporaine que je connais encore peu.

Pour commencer ma collaboration avec la SMCQ,  j’ai le plaisir de vous présenter Le piano muet , un spectacle pour les enfants, et les adultes, adaptée d’un conte de Gilles Vigneault, véritable légende Québécoise, et avec la musique de Denis Gougeon, qui a été, la saison dernière, le sujet de la dernière  Série hommage  de la SMCQ.

Piano_muet pour blogue

Dans l’attente d’assister à une des prochaines représentation en janvier, j’ai eu l’honneur et la satisfaction d’être entrainé dans le monde du Piano muet par ses protagonistes : le comédien/narrateur Jacques Piperni, le metteur en scène Marc Béland et le directeur de production Grégoire Martel, que je remercie pour leur disponibilité et collaboration.

Ils ont dévoilé les coulisses de ce projet, le travail caché derrière la mise en scène et le pouvoir émouvant de l’histoire et des thèmes musicaux

 Marc Béland, metteur en scène du Piano muet

Pourquoi avez-vous accepté de mettre en scène Le piano muet?

J’adore la musique de Denis Gougeon, j’avais déjà travaillé sur une pièce de théâtre dont il avait composé la musique (Le passage de l’Indiana) ; Gilles Vigneault c’est un incontournable, un homme que je respecte infiniment ; Jacques Piperni  je ne le connaissais pas personnellement mais seulement comme acteur, donc j’ai pensé en acceptant la mise en scène que c’était une belle occasion.

Quelle a  été l’idée principale pour cette mise en scène ?

Le conte s’appelle Le piano muet donc le personnage principal, à part Lucas, c’est le piano et le grand père aussi ; la scénographe Geneviève Lizotte et moi avons travaillé sur un plateau tournant  avec un piano droit qui est l’accessoire principal pour faire vivre le conte. Le plateau est actionné par la bicyclette que Lucas utilise pour ses voyages, pour se déplacer ; quand le comédien se déplace avec le vélo il fait déplacer le plateau qui devient soit la maison du grand père, soit l’intérieur de la maison en utilisant le petit escalier appuyé derrière le piano.

La musique de Denis Gougeon a-t-elle inspirée la mise en scène ?

C’est plutôt les éléments du conte qui m’ont inspiré : le piano, la bicyclette, les objets…selon moi une mise en scène est intéressante quand le lieu est approprié au service de la pièce. C’est sûr que la musique est importante et Denis Gougeon est un artiste que j’adore, mais pour moi c’est surtout important au niveau d’un personnage plutôt qu’une inspiration pour le lieu.

Quelle est la plus grande satisfaction que vous avez reçue de ce travail ?

On a été à Québec la semaine dernière et la réaction des enfants a été vraiment touchante…c’est une satisfaction quand les enfants reçoivent ça, c’est plus qu’une paye pour notre travail, c’est fantastique.

Jacques Piperni, narrateur et seul comédien en scène

Vous avez joué plusieurs fois cette pièce avec différentes mises en scène; comment se caractérise la mise en scène de Marc Béland par rapport aux précédentes?

La première mise en scène était très simple, sans véritable scénographie : il y avait une orchestre d’une dizaine de musicien sur le plateau et j’étais le narrateur; je lisais un texte et je présentais des petits objets. Maintenant c’est complètement différent : il y a une réelle scénographie. Le metteur en scène a eu l’idée d’un plateau tournant et du piano sur scène qui suggère différent lieux et événements, le vélo qui fait tourner le plateau et qui souligne les déplacements et les distances à parcourir, une escalier d’où entrent et sortent les différent personnages…tous les éléments d’une véritable pièce de théâtre.

Quelle a été la réaction des spectateurs ? Ont-ils apprécié ?

On a présenté cette mise en scène juste une fois mais je trouve que les gens ont adoré, les enfants ont participé et beaucoup ri. Dans les commentaires que j’ai reçu le mot qui revenait plus souvent c’était  « un bijou de spectacle ».

Vous êtes très engagé dans les spectacles pour la jeunesse souvent en abordant des thématiques très fortes: quelle est l’importance de ce conte dans votre expérience artistique?

J’ai toujours aimé le public jeunesse : les spectacles pour les jeunes et les spectacles « sur mesure » que j’ai organisé (par exemple sur la violence et l’intimidation à l’école ou sur la formation professionnelle et la carrière) sont des expériences nées au hasard : les gens m’ont demandé aussi d’écrire des spectacles pour lancer des colloques, lancer des congrès même si 80% des spectacles sont pour le monde scolaire…mais je suis principalement un comédien ! Avec une pièce comme le piano muet, qui a tellement de thématiques intéressantes je peux faire vraiment mon travail de comédien.

Y a t-il un passage de cette pièce qui vous touche particulièrement, pour le sujet, la situation, la réaction du public ou même le thème musical?

C’est une pièce très émouvante même pour moi sur scène. Un des moments plus intenses c’est quand la mère se raconte, raconte sa vie à son fils, le départ de son père  (qui est le point de départ du piano muet) et elle décide que le piano c’est fini et qu’elle ne veut plus en parler. C’est sur qu’un autre moment très fort c’est quand on comprend que le vieux monsieur qu’on rencontre dans la maison c’est le grand père et puis aussi quand la mère revoit son papa.

Quelle est selon vous l’importance de la musique de Denis Gougeon dans ce spectacle?

Elle est primordiale, parce que M. Gougeon a réussi à faire une musique agréable pour tout le monde et de tout temps. Je pense que cette musique va être moderne et contemporaine dans 20 ans, 30 ans, d’abord parce qu’elle a les thèmes et le rythme de la musique traditionnelle du Québec mais en même temps est une musique extrêmement nouvelle. Cette mise en scène est une adaptation pour piano : quand je regarde le pianiste je vois la complexité de cette musique mais en même temps elle se rend toujours accessible.

Certaines fois, j’aurais le plaisir d’arrêter de parler et de regarder et écouter le pianiste. J’ai eu le plaisir énorme de voir le travail de Francis Perron qui est un pianiste fantastique.

Que souhaiteriez-vous ajouter au sujet du Piano muet ?

Je soulignerais les différentes thématiques de ce conte. Ce qui est extraordinaire avec Gilles Vigneault c’est que tout a du sens tout le temps. Au premier niveau, il y a l’histoire de ce gars et de sa mère, le départ du grand père,  la décision de fermer le piano, la rencontre avec le grand père…mais il y a aussi beaucoup de liens et des thématiques inter reliées dans cette histoire: la famille, la rupture, le souvenir, la culpabilité, la souffrance du fait de situations non réglées, la douleur, la transmission de la culture d’une génération à l’autre et tout ça passe à travers la musique.

Grégoire Martel, directeur de production   

Initialement le spectacle était joué avec un orchestre. Marc Béland a voulu créer une mise en scène plus théâtralisée pour partir en tournée. Ayant surtout été directeur technique pour le théâtre,  j’ai pu participer à la scénographie, au développement et à la construction du plateau tournant. On a pensé au mouvement du plateau à travers le vélo et je pense qu’il est très efficace au niveau de la mise en scène.

Il a également été nécessaire de trouver un moyen d’alimenter en électricité tous les équipements alors que les filages ne permettaient pas au plateau une rotation complète. Tout est donc branché sur batteries : l’ordinateur, le clavier, la lumière qui éclaire le vélo, l’émetteur pour le son…, tout est sans fil.  C’est une solution qui, par exemple, est beaucoup utilisée au cirque.

Quant au vélo, il fallait choisir un ancien vélo pour maintenir un visuel d’époque mais il devait aussi avoir la force pour faire tourner le plateau donc on a installé la mécanique d’un vélo de montagne de haut niveau sur le corps d’un vélo d’une autre génération et ça fonctionne très bien.

Le piano, joué par Francis Perron, est un piano numérique caché dans le meuble d’un piano droit : le clavier est en effet un contrôleur avec les touches d’un véritable piano qui permet de choisir le son du piano, de l’accordéon et d’autres sons comme le klaxon du vélo. Le son arrive à la carte de son de l’ordinateur et au logiciel qui transforme les données fournies par le clavier en son réel à travers sa banque de son ; enfin le son est diffusé par un haut parleur sans fil.

 

Le piano muet…à l’ italienne

Quand j’ai lu le conte Le piano muet, j’ai tout de suite pensé à une histoire vraie racontée par Giovanni Allevi.

Giovanni Allevi est un pianiste compositeur italien né en 1969 à Ascoli Piceno, dans la région Marche (près de la Mer Adriatique).

Il est fils d’un clarinettiste et d’une chanteuse d’opéra Dans sa maison il y avait un grand piano dans une chambre toujours verrouillée ; son père, qui connait les difficultés et les problèmes économiques des musiciens,  ne voulait pas qu’il apprenne la musique. C’est pour cela que le piano était « muet » dans la chambre.

Mais un jour le petit Giovanni, resté un moment seul dans la maison, découvre où est cachée la clé et à 4 ans commence a jouer du piano. À 6 ans, il écoute et joue tous les jours Turandot de Puccini et à 9 ans, pendant un spectacle à l’école, il joue un morceau de Chopin en présence de ses parents.

Aujourd’hui Giovanni Allevi est diplômé en piano, composition et direction d’orchestre et a une maitrise en philosophie. Il vit à Milan, dans une maison trop petite pour y installer un piano. Il compose donc dans sa tête en imaginant ses doigts sur le clavier ; sa voisine ne savait pas qu’il était pianiste…

Il a publié 8 albums et aime se définir comme un “compositeur de musique classique contemporaine”.

Selon lui :

« Nous revenons à  la Renaissance italienne, où l’artiste doit être un peu philosophe, un peu inventeur, un peu fou, il doit sortir de la tour d’ivoire et s’approcher de la sensation commune »

Le piano muet sera interprété en janvier 2015 à la Maison des arts de Laval. Plus d’information.

City Life en camp musical

La SMCQ organise à nouveau cette année des ateliers dans les camps musicaux du Père Lindsay et de l’Université de Montréal pour faire découvrir à de jeunes interprètes le travail de composition et la musique contemporaine. François Perron, l’animateur, propose de les transporter dans la ville de New York selon  Steve Reich et son œuvre City Life.

François montre d’abord aux enfants comment l’environnement influence les compositeurs depuis toujours; ces derniers utilisant la musique pour décrire et recréer ce qui les entoure. Les auditeurs redécouvre ainsi que l’écoute des sons de la nature a inspiré Le vol du Bourdon à Nicolaï Rimsky-Korsakov et Les 4 saisons à Antonio Vivaldi. Les enfants sont ensuite invités à interpréter un orage d’été avec pour principal instrument leur corps. La pluie, le vent, les rafales et l’orage lointain envahissent la salle grâce aux souffles et claquements de doigts et mains.

François souligne ensuite que, puisque tous les compositeurs ne vivent pas à la campagne, les sons des villes ont également influencés les créateurs et l’évolution des zones urbaines a nécessairement fait évoluer leur environnement sonore. Ainsi, un compositeur s’inspirant de Paris au Moyen-Âge composera une œuvre aux sonorités radicalement différente d’une pièce inspirée par la même ville au XXIe siècle; les sons qui la caractérisent n’étant pas les mêmes. Dès lors, le développement des nouvelles technologies influence doublement les créations contemporaines, en faisant évoluer l’environnement sonore des créateurs et en permettant également l’utilisation de nouveaux instruments.

IMG_3503

François Perron animant l’atelier lors d’un camp musical à l’Université de Montréal

Par son expérience de chauffeur de taxi à New York dans les années soixante,  Steve Reich s’est longuement imprégné des sonorités de cette ville, ce qui lui a permis de composer City Life, mêlant instruments et sons enregistrés.

Après l’écoute d’un extrait de l’œuvre, chacun délibère sur ce qu’il entend et ce à quoi cela peut correspondre : moteur, klaxons, porte, souffle de métro… et cette sirène de bateau… les éléments joués ou non par l’orchestre ne sont pas toujours ceux que l’on croit.

S’imprégner de ce qui nous entoure, tout écouter et tout jouer, voilà ce que nous apprend Steve Reich dans ce morceau.

IMG_3506

La découverte avant l’interprétation

Il est temps pour les auditeurs de passer à l’action! Les groupes sont constitués, les chefs d’orchestre désignés, le soliste de la porte en place, l’orchestre improvisé va pouvoir transformer livres, feuille, stylos et autres objets en instruments alternatifs afin d’interpréter les bruits d’une ville et compléter la partie orchestrale diffusée en boucle. On joue dans tous les sens du terme et toute la salle est captivée: une nouvelle version de City Life a été créée, l’atelier peut se terminer.

Si vous aussi vous souhaitez (re)découvrir l’univers urbain de Steve Reich, la SMCQ vous invite à assister au concert « City Life » du vendredi 26 septembre à 20 à la salle Pierre Mercure. Le concert est gratuit et vous transportera au cœur d’une soirée électrique et éclectique autour de l’environnement et des nouvelles technologies, comme un avant-goût du festival MNM l’année prochaine.

 

 

 

Tagué , ,

Marionnettes, musique, danse… Concerto au sol!

Bonjour à tous!

Cette semaine, nous quittons momentanément la Série hommage pour vous présenter le nouveau spectacle de Félix Boisvert, Concerto au sol, produit par la SMCQ et diffusé au théâtre Aux Écuries. C’est avec beaucoup de curiosité que nous avons rencontré le concepteur en coulisses afin de lever un peu le voile sur cette création mystérieuse aux frontières du théâtre et de la musique.

L'spectacle 'Concerto au sol' de Félix Boisvert sera disponible au théâtre Aux Écuries du 15 au 26 d'octobre.

Le spectacle ‘Concerto au sol’ de Félix Boisvert sera présenté Aux Écuries du 15 au 26 octobre.

« Je cherche ouvrir les oreilles et les perceptions, faire voyager à la fois dans l’espace et dans les sens, mais aussi dans un univers imaginaire, qui est très ouvert. Chaque spectateur peut imaginer sa propre histoire à partir de sa sensibilité, » raconte Félix Boisvert.

Avec marionnette, musique, vidéo et danse, mais sans paroles, « c’est un spectacle qui est à la frontière de ces différentes pratiques. » Concerto au sol, c’est l’escapade d’une main de concertiste partie à la découverte de l’univers à la faveur d’une nuit pleine de lunes. « J’utilise les mains, qui produisent la musique, mais qui sont aussi danseuses. À la fin, la main est un objet très ambigu, un personnage qui est à la fois musique, acteur et danseur, » dit l’artiste multidisciplinaire.

« Je fais une musique pour les oreilles et pour les yeux. L’idée, c’est vraiment d’offrir la musique par le visuel, une proposition pour voir la musique, » raconte le compositeur. « C’est la musique qui dresse le canevas de l’historie et l’imaginaire du public complète. Même si  j’ai décidé de ma propre trame narrative, c’est un spectacle où chacun peut rêver sa propre histoire, » exprime Félix Boisvert.

« Si vous avez le goût de voyager d’une façon très particulière, si vous avez le goût de partir avec la musique, alors venez voir ce spectacle, » invite l’artiste qui ne nous en dit pas plus… Concerto au sol sera présenté du 15 au 26 d’octobre Aux Écuries pour le public à partir de 8 ans. Profitez-en!

Tagué , , , , ,

Montréal/Nouvelles Critiques

Aujourd’hui, je vous propose une sélection d’extraits des critiques de concerts des cinq participants au concours organisé main dans la main par l’OICRM et le festival MNM. Vous pouvez consulter le site de l’OICRM pour lire les critiques au complet.

Exotica – Sixtrum : quand l’occidental s’essaie à l’exotisme – Emmanuelle Piedboeuf

« Le reste du concert me fit alterner entre des moments de pur bonheur et de déception. Je dois souligner que j’ai vraiment apprécié le choix des instruments, puisqu’il est à la discrétion des exécutants, et la façon dont Sixtrum les a mis en opposition. Tantôt on visitait une région du monde – comme c’était le cas lors d’un duo déchaîné de percussions asiatiques – tantôt Sixtrum avait plutôt opposé deux cultures. Dans tous les cas, l’instrumentarium couvert pendant la soirée et la façon de le mettre en valeur fut époustouflant. » 

La critique au complet ici.

::

Babaloune Une nouvelle voix pour la baleine écolo – par Federico Lazzaro

J’avais une petite crainte. Que la baleine Babaloune parle à la manière d’une institutrice, avec cette fastidieuse attitude pédagogique poussée caractérisant trop souvent les spectacles jeunesse qui veulent se donner un statut plus sérieux qu’un divertissement. Bref, je craignais cette attitude paternaliste selon laquelle il faut d’abord éduquer la jeunesse, plutôt que la charmer; inquiétude encouragée par la description du spectacle : la baleine Babaloune « nous parle de poissons vieux comme le monde, de plancton, d’oxygène, de survie… ».

La critique au complet ici.

::

Petit monde cruel… Le petit monde cruel de Bouchard : Saisissant! – par Marc-Antoine Boutin

 « Tel un poème, l’œuvre est un collage de scènes, une juxtaposition de fragments musicaux et de citations. Les vers, récités par les musiciens/acteurs, s’enchaînent et se répètent mais sont toujours reflétées d’une émotion et d’un rythme différent. La vie est un assemblage d’événements qui sont vécus selon un contexte bien précis et chaque spectateur vivra ces scènes d’une façon différente […]».

La critique au complet ici.

::

L’enfant des glaces – Lyrisme ou électronisme? – par Christophe Godon

« La voix étant un son tellement reconnaissable pour l’oreille humaine, son épaississement et sa transformation à l’aide de l’ordinateur crée un espace nouveau pour l’implication des technologies dans la composition musicale et dans la conception d’un opéra. Le jeu des interprètes était sans faille. »

La critique au complet ici.

::

Fujii percussion and voices – Percussions japonaises au concert the Fujiis & Friends – par Paul Bazin

« […] la pièce Seasons de Toru Takemitsu est caractérisée par une imprévisibilité des événements que l’improvisation guidée produit. La spatialisation de cette pièce enveloppe les auditeurs dans un monde où les interventions sonores sont liées entre elles par une quiétude silencieuse. Les instruments à hauteurs définies alternent avec de simples bruits, certains sons résonnent alors que d’autres sont extrêmement secs, et les sensations aériennes alternent avec d’autres qui sont davantage aqueuses. Seasons est une méditation où chaque son doit être goûté pour et en lui-même. »

La critique au complet ici.

::

Quelle est votre critique préférée ?

Le festival international Montréal/Nouvelles Musiques (MNM) et l’Observatoire interdisciplinaire de création et de recherche en musique (OICRM) se sont associés pour lancer le concours de critique musicale Montréal/Nouvelles Critiques. Ce concours, ouvert aux étudiants en musique des Université de Montréal,  Université McGill, Université du Québec à Montréal, Université Concordia, Université Laval et Université de Sherbrooke (tous programmes et niveaux d’étude confondus), invitait les candidats à soumettre des critiques de concerts présentés dans le cadre du Festival MNM du 21 février au 3 mars 2013. Les participants devaient proposer jusqu’à 2 textes d’une longueur de 1000 mots au plus et ce, dans un délai de 24 heures suivant la tenue du concert en question.

Tagué , , , , , , , , , , , , ,

Le Musicolateur

Demain, à l’occasion du congrès FAMEQ à l’Université Laval à Québec, le compositeur Yves Daoust fera une présentation sur l’évolution du Musicolateur sur iPad. Avant d’aller le découvrir sur place, je vous propose un petit aperçu de cet instrument incroyable. 

À ses débuts, le Musicolateur était une planche de bois. Aujourd’hui c’est une application IPad, mais le principe reste le même : à partir de sons préenregistrés, le Musicolateur permet de faire moduler ces sons à votre guise. Grâce à plusieurs jeux sur l’application, vous vous appropriez graduellement la maîtrise de l’instrument.

Dans le premier jeu, vous travaillez avec l’amplitude et la durée des sons. Ensuite, dans le second jeu, vous approchez la notion de couleur du son en utilisant un filtre. Enfin, le troisième jeu est le plus complet et vous permet de travailler la vitesse et le volume de l’ensemble des sons, d’un seul son, mais également de chaque fragment de son.

Tout cela peut paraitre quelque peu compliqué mais que nenni, le Musicolateur s’adresse aux enfants ! Le projet vise à intégrer cet instrument dans les écoles et plus encore, dans le processus pédagogique. C’est un instrument collectif qui permet de laisser s’exprimer créativité et imagination. Sa simplicité d’utilisation offre une multitude possibilités et c’est ce qui fait la différence avec les autres sonorisateurs !

Le nouveau Musicolateur sera également en démonstration au kiosque de la SMCQ pendant toute la durée du congrès. J’espère que vous vous amuserez autant que moi à essayer le Musicolateur !

Bonne découverte et bonne semaine !

Tagué , , , , ,

Concours SMCQ Jeunesse, nous avons un heureux gagnant !

Bonjour à toutes et à tous !

Cette semaine, je vous parle du concours de piano SMCQ Jeunesse et des auditions qui ont eu lieu mardi dernier. Quatre participants se sont présentés, tous de jeunes étudiants en piano. Ils voulaient vivre l’expérience incroyable de rencontrer et de jouer pour Walter Boudreau, compositeur de la pièce la Valse de l’asilePhilippe Prud’Homme est l’heureux gagnant !

Je vous propose ici une entrevue avec trois des participants, prise sur le vif après leur passage devant le jury :

 Antoine Laporte, 22 ans, étudie au conservatoire. Il a commencé à travailler la pièce il y a deux semaines mais il l’avait déjà lue et jouée au complet en étant jeune, pour le plaisir. Il a vraiment apprécié sa rencontre avec Walter Boudreau : « Avec Walter j’ai senti qu’on pouvait travailler ensemble, aller quelque part, que la communication se faisait ». Il nous explique que ça change vraiment de son travail quotidien : « [avec mon professeur], on essaye d’arriver au plus proche de ce que veut le compositeur, là tu es à la bonne place, avec [le compositeur lui-même]. C’était formidable. »

 

Philippe Prud’Homme, 21 ans, a obtenu sa Maîtrise en musique l’an dernier à l’Université de Montréal et depuis il se consacre uniquement au piano en cours privés. Son objectif : aller jouer aux États-Unis à partir du printemps. Il nous dit de sa rencontre avec Walter Boudreau que « c’était enrichissant. C’est une personnalité très spéciale, j’aime ce genre de personnage. Son fort caractère paraît dans sa musique.».

 

 

Louis-Pierre Thibault, le cadet du concours, a 16 ans et joue depuis l’âge de 4 ans ! Il étudie le piano, l’orgue et la clarinette à l’école de musique Jésus-Marie à Québec.  « Ca ne fait qu’une semaine et demi que je travaille », dit-il. « Même si je ne suis pas sélectionné, c’était le fun ! ».

 

 

Autant dire que ce fut une belle expérience pour ces jeunes musiciens !

Nous les remercions tous très chaleureusement d’être venus participer et encore bravo à Philippe !

Bonne semaine !

Tagué , , , , ,
%d blogueurs aiment cette page :