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L’effet John Rea

Dans le cadre de la série hommage 2015/2016, la direction artistique de la Société de musique contemporaine du Québec a choisi de mettre à l’honneur le compositeur John Rea. Reconnu présentement pour son catalogue très varié et son implication dans l’enseignement, John Rea sera le porte-parole de la composition contemporaine pendant un an.

Dès l’automne, une série de concerts sera interprétée par des musiciens professionnels (orchestres, quatuors, voix…) et sa présence exclusive auprès du jeune public québécois permettra à tous de développer un nouveau regard sur une riche carrière.

Son implication se manifestera notamment lors d’ateliers musicaux dans les camps de jour situés à Montréal (organisées par l’Université de Montréal) et à Lanaudière (Père Lindsay).

Ce projet participatif est l’occasion pour John Rea de partager son point de vue en tant que créateur mais aussi de faire découvrir aux jeunes la pièce qui sera jouée lors de la soirée d’ouverture de la Série hommage le 25 septembre prochain,  L’effet papillon.

Le but de ces ateliers étant de faire connaître ce qui se cache derrière une partition, entrevoir la partie immergée de l’iceberg, les novices pourront ainsi prendre conscience des aspects complexes et captivant de la création.

Les artistes en herbe, âgés de 7 à 17 ans, auront en effet la possibilité d’appréhender la vision conceptuelle et philosophique de cette œuvre; composition qui illustre à merveille l’effet que déclenche un battement d’aile sur le reste du monde.

Ici, le compositeur transpose cette émotion en intensifiant la musique avec l’arrivée de nouveaux instruments au fur et à mesure de la pièce. L’improvisation des musiciens sur scène aura sa place tout comme le vol aléatoire du lépidoptère dans la nature;  ce qui donne une approche moderne et unique à son travail.

Par Diane Martin-Graser

Détail des ateliers animés par John Rea:

  • Mercredi 1er juillet 2015, Camp musical Université de Montréal
    13h15 à 14h : jeunes de 6 à 8 ans
    14h à 14h45 : jeunes de 9 à 12 ans
  • Vendredi 3 juillet, Camp musical du Père Lindsay
    14h à 17h (quatre ateliers de 45 mins)
  • Mercredi 15 juillet 2015, Camp musical Université de Montréal
    13h15 à 14h : jeunes de 6 à 8 ans
    14h à 14h45 : jeunes de 9 à 12 ans
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Denis Gougeon, un compositeur heureux

Après avoir participé et assisté à quasiment l’intégralité des évènements de la Série hommage, comment se sent le principal intéressé? C’est pour répondre à cette question et bien d’autres que Laurence, notre blogueuse, s’est entretenue par téléphone avec Denis Gougeon, encore ému d’avoir assisté le matin-même à une interprétation d’une de ses œuvres en langage des signes. Ce fut l’occasion de nous expliquer ce qu’il retiendra de cette mise à l’honneur:

Une intensive mise en lumière

Tout en étant moins visible du public, le métier de compositeur nécessite de rencontrer très régulièrement interprètes et chefs d’orchestres. Denis Gougeon est un compositeur prolifique qui a donc l’habitude de telles interactions. Ce qui, pour lui,  a fait sortir cette année de l’ordinaire est surtout la concentration en une cinquantaine d’évènements qui ont entrainé de considérables relations sociales. Une telle concentration, qui lui a donné plus d’une fois l’impression d’être une égérie de musique rock, peut devenir très éprouvante physiquement et moralement. Physiquement, il a pu être parfois difficile de demeurer disponible et réactif, particulièrement lorsque, dans une même semaine, jusqu’à cinq concerts et leurs répétitions sont programmés. Moralement, il a fallu apprendre à recevoir un «tsunami d’affection». Entre les concerts et les rencontres dans les écoles, la saison écoulée a été extrêmement enrichissante; Denis Gougeon s’est senti véritablement nourri par toute l’attention reçue. Il est touché par le fait qu’autant d’interprètes ont choisi de programmer ses pièces et reconnaissant d’avoir ainsi pu s’insérer dans leurs parcours.

La redécouverte de certaines pièces

S’il n’a pas été surpris par les multiples interprétations de ses œuvres, ayant pleinement confiance en leurs interprètes et certaines étant régulièrement jouées, Denis Gougeon a particulièrement apprécié d’avoir eu l’opportunité d’entendre Violoncelle-Pluton, pièce moins jouée de son Six thèmes solaires. Écouter les interprétations de plusieurs artistes formidables dont Gabriel Prynn et Isabelle Bozzini lui a donné l’impression de réapprendre à aimer cette pièce. Ce fut ainsi un grand bonheur de la redécouvrir en travaillant très étroitement avec les interprètes.

Denis Gougeon a également apprécié d’entendre la diversité des interprétations de certaines œuvres:

Une année de composition intensive

Cette saison a constitué pour Denis Gougeon un véritable marathon de composition qui a débuté avec Voler comme un oiseau pour les élèves du primaire puis En Harmonie pour le concours du CMC à rendre mi-août pour que Louise Bessette ait le temps d’enregistrer la vidéo:

Après avoir terminé Voler comme un oiseau, Denis Gougeon s’est aussitôt rapproché de la Fédération des associations de musiciens éducateurs du Québec (FAMEQ) pour connaître l’instrumentation de l’œuvre commandée afin de s’atteler rapidement à la composition de Chant de l’Amitié. La majeure partie de l’été a ensuite été consacrée à la composition de Andante Sostunento pour 2 pianos que Brigitte Poulin et Jean Marchand ont créé lors du concert Alter Face du 8 décembre suivant. Il a alors été temps de travailler sur l’arrangement de Pulau Dewata de Claude Vivier, toujours pour le concert Alter Face. Puis l’automne est arrivé avec la reprise de l’enseignement à concilier avec la composition de Ballade opus 30 commandé par I Musici. Après s’être assuré que l’œuvre serait programmée le plus tard possible par I Musici, Denis Gougeon s’est fixé son propre échéancier : il lui était nécessaire de rendre son travail au plus tard mi-mars et idéalement en février afin de permettre à la copiste de réaliser les partitions de chaque instrument et d’assurer une période raisonnable de répétition aux interprètes.

Conscient de sa capacité de travail, c’est en connaissance de cause que Denis Gougeon a accepté ces nombreux engagements. Il savait qu’une organisation rigoureuse serait nécessaire pour correctement gérer son temps de création selon les spécificités de chaque demande (durée de l’œuvre, instruments, etc…) même si ce serait au détriment de ses vacances.

Un bilan provisoire de carrière

Dans un sens, la Série hommage a permis à Denis Gougeon de constater le chemin parcouru depuis ses débuts. Outre la joie de constater que toutes les œuvres jouées continuent de l’être, la concentration des évènements en quelques mois lui a permis de se rendre compte du chemin que chaque pièce a parcouru. Certaines sont jouées plus souvent que d’autres. Piano-Soleil, par exemple, est joué et enseigné très souvent et un peu partout. Un peu comme une comète, certaines pièces sont vites appréciées. D’autres plus difficiles et parfois plus coûteuses à monter, du fait de leur instrumentation, sont moins connues et moins jouées. Il demeure que la Série hommage a permis à Denis Gougeon de se rendre compte du large éventail de ses créations allant des œuvres pour musique vocale à celles pour orchestre en passant par les pièces pour pianos, celles pour cordes ainsi que les percussions. Sa diversité s’est également révélée par la variété de ses interprètes qu’il s’agisse d’orchestres symphoniques ou de chambre professionnels, de cantatrices,  d’ensembles contemporains, d’ensembles de la relève et mêmes d’élèves du primaire et une compagnie de théâtre. Une telle diversité de création est assez rare et ce fut extraordinairement gratifiant de constater le plaisir des interprètes qui avaient le sentiment de «piger dans un gros sac de bonbons».

Les projets à venir

Aussi intense et passionnante que fut la Série hommage, ce n’est en aucun cas un signe de la fin des carrières de Denis Gougeon qui n’a pas l’intention de cesser ses nombreuses activités. Même s’il a prévu quelques semaines de repos bien méritées, les années à venir s’annoncent passionnantes pour le compositeur avec une commande des Violons du Roy pour l’année prochaine et toujours l’espoir de créer un opéra si le bon sujet se présentait. S’il ne fait pas de doute que sa carrière d’enseignant se terminera dans quelques années, il pourra toujours continuer à composer. En attendant, tant qu’il le peut, il compte bien profiter au maximum des bénéfices d’allier enseignement et composition:

Des suggestions pour le prochain compositeur à l’honneur

Après une année d’hommage, Denis Gougeon peut affirmer que pour vivre la Série hommage, la forme physique est essentielle afin de toujours être disponible durant cette course de longue haleine. Idéalement, s’il s’agit d’un(e) enseignant(e), une année sabbatique devrait être envisagée pour répondre aux exigences d’un tel engagement. Cependant, la Série hommage étant un formidable outil de promotion de la musique contemporaine auprès du public, il doit admettre qu’il n’a lui-même pu se résoudre à renoncer à ses activités ni suivre les conseils de son prédécesseur, Ana Sokolovic:

Et vous, après une saison d’hommage, dans le «sac de bonbons» si généreusement offert par Denis Gougeon, quelle est votre confiserie préférée?

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Nous avons l’honneur

Bonjour à tous!

Chaque semaine nous faisons des rencontres agréables et toujours intéressantes, mais aujourd’hui, nous avons le grand honneur de vous présenter notre première entrevue avec notre compositeur de l’année, Denis Gougeon. L’occasion se présente alors que la Série hommage arrive à un de ses points culminants avec les concerts « La Chine à l’honneur » de l’Orchestre symphonique de Montréal. Dirigé par Long Yu, l’OSM offrira le privilège d’entendre en première nord-américaine Toy (Music Box)une œuvre pour grand orchestre et flûtes traditionnelles chinoises qui avait valu à Denis Gougeon le Premier prix du Concours international de composition de Shanghai en 2010. Qian Jun et Kai Jin, deux flûtistes chinois avec qui Denis Gougeon était tombé amoureux lors de sa rencontre en Chine et pour qui il avait écrit Toy, seront encore une fois de la partie.

Le programme du concert mettra également à l’honneur Enchantements oubliés, du compositeur chinois Qigang Chen, les Variations sur un thème Rococo, op 33 de Piotr Ilitch Tchaïkovski et la Symphonie no 5, op 47 de Dimitri Chostakovitch.

Pour témoigner notre belle conversation, nous avons enregistré cette vidéo, que nous vous encourageons à regarder avec beaucoup d’attention. Denis Gougeon nous a parlé de son parcours dans le concours de Shangai, de sa belle expérience et de ses motivantes découvertes lors de son voyage en Chine, du processus de création de l’œuvre, de ses souvenirs sur la création de Toy en Chine et de ses attentes quant à la première de la pièce à Montréal. Merci Denis pour ta grande générosité!

Nous vous souhaitons un beau visionnement et nous vous encourageons à assister à cet incontournable de la Série hommage de la SMCQ! Allez-y!

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« 4 jeux à 5 », à nouveau

IMG_6944 - CopieLe Conservatoire de musique de Montréal accueille la deuxième édition des Journées des vents, un festival de quintette à vent conçu par le groupe Pentaèdre. Cette semaine, nous nous sommes rendu au Conservatoire pour écouter le hautboïste Normand Forget, le corniste Louis-Philippe Marsolais, la flûtiste Danièle Bourget, le bassoniste Mathieu Lussier et le clarinettiste Martin Carpentier.

Une scène complètement nue mettait l’accent sur les cinq musiciens, qui sont restés debout pendant tout le concert. Le quintette a commencé son récital avec un compositeur d’aujourd’hui peu entendu dans les salles de concerts, August Klughardt, qui fait partie de la « nouvelle école allemande » et qui a écrit le Quintette op.70, une œuvre plus proche de Brahms ou Mendelssohn que des rhapsodistes qui l’ont inspiré pendant sa jeunesse.  La délicatesse de la sonorité et la technique si précise des interprètes donnent l’impression à l’auditeur que tout ce qu’ils jouent est facile.

Le concert a continué avec une transcription pour quintette à vent de Geoffrey Emerson du Quatuor Les Dissonances KV 465 de W.A. Mozart, qui est une preuve de sa vénération pour Haydn. En fait, les premières phrases de cette pièce, pleines de dissonances, ne laissent pas reconnaître le compositeur. L’expressivité et l’exécution des nuances ont marqué l’interprétation de cette série de six quatuors que Mozart a dédiés à Haydn à la suite d’un choc après avoir écouté ses quatuors les plus récents.

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Finalement, l’ensemble a rendu hommage à Denis Gougeon en jouant l’œuvre 4 jeux à 5, qui avait aussi été interprétée la semaine dernière par Pronto Musica. Cette pièce, qui assemble les techniques d’imitation, de miroir, d’inversion et de vitesse dans le premier mouvement et qui offre des solos à tous les instrumentistes dans le quatrième mouvement, a été délicatement et délicieusement interprétée par le quintette, en présence du compositeur. L’interprétation de Pentaèdre fut d’une sensibilité suprême, tout en ayant la force et l’énergie qu’exige la musique de Gougeon.

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N’oublions pas non plus la jeune corniste participant au concours Pentaèdre pour jeunes musiciens qui fut invitée – spécialement à la demande du jury pour sa grande musicalité – à jouer la pièce Cor-Jupiter, des Six thèmes solaires de Denis Gougeon.

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Pronto… Musica!

Bonjour à tous!

Samedi dernier, nous nous sommes rendus à l’église St. Georges pour assister au premier concert de Pronto Musica Chamber Ensemble, une association à but non lucratif qui se lance sur la scène classique montréalaise. Dirigé par Eli Weinberger et Alexis Hauser, ce nouvel ensemble a pour mission de donner aux jeunes musiciens de Montréal une occasion de se produire professionnellement en concert et de les orienter vers leur carrière d’interprètes.

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Ce premier concert fut produit dans le cadre la Série hommage alors que Lara Deutsch (flûte), Krisjana Thorsteinson (hautbois), Eric Abramovitz (clarinette), Daniel Clark (basson) et Gabriel Trottier (cor) nous interprétaient 4 jeux à 5 de Denis Gougeon, une commande pour le quintette à vent Estria, avec l’aide du CAC.

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Dans le premier mouvement, Jeux de miroirs, c’est vraiment cela, un jeu labyrinthique où la musique circule d’un côté à l’autre de l’ensemble, alors que dans le deuxième, À la manière d’un kaléidoscope, il y a un processus de transformation de la densité sonore, des couleurs et des modulations qui sonnent à une musique rythmique et piquée, en constant dialogue entre la flûte et le basson. Le Lent et lyrique est le moment des solos instrumentaux et le quatrième mouvement, Comme une danse, honore son titre avec une musique très rythmée, rapide et accentuée.

Pour vous monter cette palette de techniques de composition – d’imitation, de miroir, d’inversion, de vitesse – nous vous offrons la vidéo d’un passage de la pièce 4 jeux à 5:

Le programme a été complété avec le Brass Quintet No. 1, op 5 de Victor Ewald et le Souvenir de Florence, op 70 de Piotr Ilitch Tchaïkovski. La semaine prochaine, ce sera au tour de l’ensemble Pentaèdre d’attaquer 4 jeux à 5 de Denis Gougeon!

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Nos chefs-d’œuvre

Bonjour à tous!

Cette semaine c’est au tour des solistes de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) d’être protagonistes de notre Série hommage avec le concert Chefs-d’œuvre d’ici, présenté par la série Tableaux en musique. Le flûtiste Denis Bluteau, le violoniste Luis Grinhauz, l’altiste Lambert Jun-Yuan Chen, le violoncelliste Sylvain Murray et la pianiste Bertha Rosenohl, avec qui nous avons correspondu, présenteront un programme d’œuvres de trois compositeurs québécois: Denis Gougeon, Alexis Contant et Anne Eggleston.

La pianiste Berta Rosenohl participera du concert Chefs-d’œuvre d’ici dans la Série Hommage.

La pianiste Bertha Rosenohl participera au concert Chefs-d’œuvre d’ici dans le cadre de la Série hommage.

Denis Gougeon a écrit Suite privée pour flûtes (do, sol, piccolo), piano et violoncelle en 1988 suite à une commande de l’Ensemble Daedalus et avec l’aide du Conseil des Arts du Canada. Il s’agit d’une suite de quatre conversations à trois instruments sur des sujets qui provoquent l’intériorité et l’introspection intime, en même temps que la discussion heureuse. « Comme l’indique Denis Gougeon, il s’agit d’une pièce de caractère intime, représentant une conversation entre amis, » affirme Bertha Rosenohl, qui assure que l’œuvre « ne comporte pas particulièrement de difficultés techniques pour le piano, si ce n’est que dans quelques passages rythmiques. »

Selon la pianiste, la musique de Gougeon est « très claire et transparente et, grâce à une maîtrise de la connaissance des instruments, recèle une grande beauté sonore. » En fait, Bertha Rosenohl croit que « le message dans la musique de Gougeon est direct et son langage, facile à comprendre. C’est très musical! »

Mais le programme ne se circonscrit pas à la contemporanéité de Denis Gougeon. En effet, elle couvre, du point de vue des styles, trois siècles avec Alexis Contant et le romantisme du 19e siècle, et Anne Eggleston et le modernisme néo-classique du 20e. Alexis Contant (Montréal, 1858-1918), fils de musiciens amateurs, a été compositeur, organiste, pianiste et professeur de musique. Il a surtout composé des musiques d’accompagnement à l’orgue pour chœur, des pièces pour piano solo et orgue, dont son œuvre la plus célèbre La Lyre, et des musiques de chambre, dont le trio pour piano, violon et violoncelle qui sera interprété ce vendredi.

Anne Eggleston (Ottawa, 1934-1994) quant à elle, a été compositrice et professeure, et certaines de ses œuvres ont connu une grande notoriété, tel que le Quatuor à cordes qui a remporté le prix de la meilleure composition du Concours de musique originale de la radio de la SRC à Ottawa en 1964 et qui sera joué dans ce programme de chefs-d’œuvre.

Le concert sera précédé d’une visite guidée de l’exposition ‘Art québécois et canadien du XXe siècle‘ de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal. Profitez-en!

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Allons voyager!

Bonjour à tous!

En provenance de New York, le duo aTonalHits nous propose de faire un petit voyage du Québec jusqu’en Europe de l’Est. Invités à Montréal par Maxime McKinley, compositeur en résidence à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le pianiste Illya Filshtinskiy et la violoniste Katha Zinn joueront ce vendredi soir une des plus récentes compositions de Denis Gougeon, Chant du cœur. Pour vous les présenter, on a correspondu avec les musiciens qui nous ont parlé des œuvres au programme.

Le pianiste Illya Filshtinskiy et la violoniste Katha Zinn joueront 'Chant du cœur' de Denis Gougeon.

Le pianiste Illya Filshtinskiy et la violoniste Katha Zinn joueront ‘Chant du cœur’ de Denis Gougeon.

« Comme le nom de notre groupe indique, nous jouons souvent de la musique nouvelle. Nous avons donc décidé d’assembler les œuvres de notre répertoire existant à des œuvres de compositeurs québécois, en fonction des styles. De cette façon, nous avons voulu souligner les parallèles existant entre les œuvres, même si elles sont dans des mondes différents. Nous aimons bien ​​la musique de l’Europe de l’Est et nous l’insérons souvent dans nos concerts, surtout des œuvres d’Alfred Schnittke, à qui nous avons consacré notre premier album, » nous a raconté Katha.

Sachant que Denis Gougeon est le compositeur à l’honneur cette année, le duo a cherché avec Maxime McKinley une pièce qui cadrerait avec son répertoire. « Dans le programme, nous essayons d’agencer chaque compositeur québécois à un compositeur de Europe de l’Est et nous avons pensé que le style de Gougeon pourrait convenir parfaitement à la musique d’Arvo Pärt. Ils ont tous deux certaines qualités du minimalisme, une répétitivité qui inspire une certaine spiritualité. Chant du Coeur s’adapte particulièrement bien à la programmation et nous pouvons les jouer ensemble, » disent les musiciens.

« Chant du Coeur a deux mouvements – le premier est lent, méthodique, avec des filets de notes qui tombent les unes dans les autres, ce qui crée une très belle forme de méditation. Je ne pense pas que cela importe quelle partie (piano ou violon) porte la mélodie ou l’accompagnement, car les deux lignes s’entremêlent pour créer une certaine incorporéité que Gougeon semble rechercher, » a expliqué Katha. Dans la deuxième partie de l’œuvre, écrite à la mémoire des parents de Denis Gougeon, le compositeur utilise les premières notes de Flow my tears du compositeur baroque John Dowland. « Cela me rappelle le style de Pärt, dont les œuvres sont souvent qualifiées de néo-médiévales, » raconte la violoniste.

Le duo aTonalHits offrira un concert ce vendredi soir à la Chapelle du Bon-Pasteur.

Le duo aTonalHits offrira un concert ce vendredi soir à la Chapelle du Bon-Pasteur.

Fratres  d’Arvo Pärt, Portrait of a Sentimental Musician in a Distorting Mirror de Jean Lesage,  Les Pavements de Saint Marco et la Sonata No.1 pour violon et piano de Maxime McKinley et la Sonata No. 5 pour piano solo de Galina Ustvolskaya et de Maxime McKinley complèteront le programme. « L’œuvre de Lesage me rappelle beaucoup le Duo for Violin and Piano d’Elliott Carter, en le sens qu’elle est très lyrique, la « mélodie » passant d’un instrument à l’autre, mais beaucoup plus tonal que le Duo de Carter, » dit Katha. Pour la violoniste, le travail de McKinley est « plus cyclique que non-répétitif, » et les deux instruments suivent une série de figures répétées et une ligne crescendo – decrescendo progressive. De son coté,  Fratres  d’Arvo utilise un cadre similaire, structuré sur une seule progression d’accords en répétition à travers de nombreuses variations.

Le concert aura lieu ce vendredi soir à 20h à la Chapelle du Bon-Pasteur de Montréal. Profitez-en!

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Le «Piano-soleil» inspirateur

Bonjour à tous!

S’il y a une oeuvre de Denis Gougeon que nous aimons bien, c’est bien Six thèmes solaires, une pièce composée à la demande du Concours de musique du Canada pour l’épreuve «Tremplin international» de 1990. Si vous l’aimez aussi, vous aurez l’occasion de l’écouter ce vendredi soir au concert de l’orchestre de chambre montréalais Ensemble Arkea à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré Dina Gilbert, fondatrice et directrice artistique de l’ensemble, qui, à 28 ans, est aussi assistant-chef à l’Orchestre Symphonique de Montréal.

Dina Gilbert dirigera l'Ensemble Arkea ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

Dina Gilbert dirigera l’Ensemble Arkea ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

La première partie du concert sera consacrée aux Six thèmes solaires, qui, selon Dina Gilbert, « permettent de démontrer la virtuosité et l’expression de dix instruments solistes (piano, flûte, clarinette, cor, saxophone, trompette, violon, alto, violoncelle et voix), » parfois accompagnés par le piano. La première de ces dix pièces, Piano-Soleil, est aussi la plus importante car elle génère la musique de toutes les autres planètes qui sont donc des variations sur la musique du soleil. Selon Dina Gilbert, le Piano-Soleil « est certainement l’élément initial de tout le cycle. D’ailleurs plusieurs créations de la deuxième partie du concert ont pris naissance d’un thème, d’un accord, ou encore d’une citation de Piano-Soleil. La pièce déborde d’énergie et est elle très lumineuse! »

« Denis Gougeon a composé de sorte à ce que chacun des instruments soit jumelé à une des planètes du système solaire. C’est donc une occasion unique de présenter le talent de musiciens de l’Ensemble Arkea, à titre de solistes pour une première moitié de concert, » explique Dina. « Grâce à l’excellente écriture de Denis Gougeon, elles sont accessible à tous les publics. De plus, tous les solistes de l’Ensemble Arkea sont enthousiastes de participer à un concert hommage à ce grand compositeur, » dit-elle.

Mais, en quoi se démarque Gougeon des autres compositeurs? « La musique contemporaine n’est pas toujours facile! Que ce soit pour l’exécuter ou encore pour l’entendre, je crois que Denis Gougeon est l’un des compositeurs du moment qui nous permet de réconcilier tous les publics avec la musique contemporaine. Même si sa musique est virtuose, elle est toujours agréable à interpréter. Sa musique prend rapidement vie puisqu’elle est bien écrite et évoque plusieurs caractères. De plus, le public est charmé dès les premières écoutes de ses œuvres, et c’est sans doute la clé de son succès depuis toutes ces années. »
L'Ensemble Arkea jouera le "Six thèmes solaires" ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

L’Ensemble Arkea jouera « Six thèmes solaires » ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

Dans la deuxième partie du concert, le public pourra entendre pour la première fois six nouvelles créations composées par des anciens élèves de la classe de composition de Denis Gougeon, ou encore des étudiants actuels. « Nous leur avons demandé d’écrire une courte pièce pour quintette à cordes, piano, flûte, clarinette et cor, inspirée des Six Thèmes Solaires de Denis Gougeon afin de lui écrire un hommage. Chacun d’entre eux s’est inspiré d’un matériau différent (thème, énergie ou encore une citation d’un mouvement spécifique) de l’oeuvre. Les pièces sont toutes très intéressantes et différentes puisque les compositeurs ont chacun un langage unique dans lequel on a toutefois glissé ça et là des éléments de la musique de Denis Gougeon. Ils ont tous travaillé avec cœur dans ce projet, car Denis compte beaucoup pour eux. C’est vraiment un plaisir d’interpréter la musique de compositeurs de la relève aussi talentueux. Nous avons beaucoup de plaisir avec eux à chacune des répétitions. » nous a raconté Dina Gilbert.

Dans ce concert, il y aura aussi une touche de multimédia préparé par Marc-Antoine Doyon. « Le sujet du « système solaire » permet facilement d’évoquer une multitude d’images, c’est pourquoi nous avons voulu apporter un autre élément afin de stimuler l’imagination des spectateurs. Les vidéos agiront à titre de toile de fond de chacun des mouvements afin d’accompagner la musique plutôt que de la masquer. Nous ne voulions surtout pas détourner l’attention des spectateurs de l’élément fondamental : la musique. Nous croyons que le résultat créé par Marc-Antoine Doyon et son équipe est tout simplement unique car ils ont trouvé des éléments du très grand (de l’univers) en filmant des objets très petits… vous devez assister au concert pour mieux comprendre! » Profitez-en!

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LE MOMENT EST ARRIVÉ!

Après plusieurs mois de travail, le temps est venu pour la Société de musique contemporaine du Québec de lancer les festivités de la Série Hommage consacrée au compositeur Denis Gougeon par un Grand concert d’ouverture ce vendredi 27 septembre. La soirée débutera avec le vernissage de l’exposition visuelle Denis Gougeon: figures (18h) et une rencontre avec Denis Gougeon lors d’une table ronde (19h) où sera également lancée la bande dessinée sur sa vie.

Au programme du concert il y aura des pièces de notre artiste à l’honneur, Heureux qui comme… et En accordéon, mais aussi un détour chez les compositeurs de la côte est des États-Unis avec la Chamber Symphony de John Adams et For your eyes only de John Zorn. Walter Boudreau dirigera l’Ensemble de la SMCQ ainsi que l’accordéoniste Joseph Petric et la soprano Marie-Danielle Parent, qui nous a parlé de ce concert qui a une valeur toute spéciale pour elle.

Marie-Danielle Parent chantera 'Heureux qui comme...' pendant le concert d'ouverture de la Série Hommage.

Marie-Danielle Parent chantera ‘Heureux qui comme…’ au concert d’ouverture de la Série Hommage.

« Ouvrir la Série Hommage de Denis Gougeon est un merveilleux privilège et c’est un grand bonheur de chanter une œuvre qui a été composée pour moi et qui m’est dédiée. J’ai l’impression de reprendre un « classique » », dit Marie-Danielle Parent. « C’est aussi un honneur d’ouvrir cette saison en hommage à Denis Gougeon, un compositeur que j’admire depuis longtemps. »

Cette soirée revêt un caractère particulièrement spécial pour Marie-Danielle Parent qui est aussi épouse et complice en musique de Denis Gougeon de longue date : « Ce sera pour moi comme une belle fête de retrouvailles. Heureux qui comme… me ramène à de très beaux souvenirs: une tournée européenne que j’ai faite avec la SMCQ sous la direction de Walter Boudreau, en 1988. J’étais alors enceinte et j’étais habitée par une merveilleuse présence. Nous avons eu aussi beaucoup de plaisir durant cette tournée, » s’est rappelé la chanteuse.

En ce qui concerne à la difficulté technique de l’œuvre, la soprano explique que « comme toute pièce vocale exigeante, que ce soit Mozart, Schubert, Vivier… il faut pouvoir s’appuyer sur une bonne technique vocale pour garder la souplesse de la voix et la précision rythmique. J’ai retravaillé la pièce en sections, n’oubliant jamais de rester dans l’élan du corps et l’abandon! » ajoute-elle.

Nous vous invitons à découvrir cette pièce ce vendredi à la Salle Pierre-Mercure: « Laissez-vous séduire par toute la gamme d’émotions que véhicule cette pièce. C’est une histoire, nous partons en voyage… » conclut Marie-Danielle Parent.

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DENIS GOUGEON À l’HONNEUR CETTE ANNÉE

Bonjour à tous!

Déjà fini, notre voyage estival! Mais la rentrée nous apporte de belles surprises et nous sommes très heureux de vous présenter notre compositeur à l’honneur cet année, Denis Gougeon. Aujourd’hui nous vous proposons une petite introduction sur la vie et l’œuvre de ce compositeur québécois et au cours de les semaines suivantes nous vous présenterons les activités jeunesse, l’exposition « Figures » et la grande soirée d’ouverture de la Série hommage, prévue pour le 27 de ce mois.

Le compositeur québécois Denis Gougeon sera notre protagoniste cet année.

Le compositeur québécois Denis Gougeon sera notre protagoniste cette année.

Né en 1951 à Granby (Québec), Denis Gougeon a passé son enfance entre les animaux du zoo de sa ville et les touristes de passage, mais pas particulièrement avec la musique. C’est à quinze ans qu’il tombe amoureux de la musique grâce à une guitare acquise par ses frères et sa sœur. Après un travail autodidacte et un premier concert, il quitte sa ville natale pour étudier à l’École de musique Vincent-d’Indy à Montréal.

Là-bas, il obtient un baccalauréat en guitare et musicologie, mais il trouve aussi l’amour en la jeune soprano Marie-Danielle Parent, avec qui il partagera sa carrière musicale. Après des cours privés en analyse musicale avec le compositeur André Prévost, Denis Gougeon prolongera ses études de composition à l’Université de Montréal jusqu’à l’obtention d’un second baccalauréat et d’une maîtrise avec le compositeur Serge Garant, alors directeur artistique de la SMCQ. C’est en 1980 à New York qu’il compose sa première œuvre marquée d’un langage entièrement personnel, Voix intimes, dédiée à son épouse et sa sœur.

Cette œuvre marquera le début de sa carrière professionnelle, jalonnée de grands succès, commandes et prix: il a été le premier compositeur en résidence à l’Orchestre symphonique de Montréal, il a composé la musique de onze projets du Théâtre UBU, il a écrit pour l’Orchestre symphonique de Québec, la SMCQ, le NEM…, il a été considéré comme le seul compositeur pouvant vivre uniquement de la composition au Québec, avant de devenir professeur titulaire au sein de l’Université de Montréal. À ce jour, son catalogue compte plus de 100 oeuvres (solos, pour orchestre, musique concertante, opéra de chambre, conte musical et ballet symphonique), et continue de grandir pour notre plus grand bonheur.

Pour commencer, nous vous invitons à écouter ce solo de piano, tiré de l’œuvre Six thèmes solaires:

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