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En pleine immersion à la découverte de l’Atlantide

30 ans après sa réalisation, Atlantide de Michel-Georges Brégent sera proposée en ouverture du festival Montréal/Nouvelle Musique 2015 à travers une nouvelle réorchestration et des sections originales de l’époque revisitées par la technologie actuelle.

Walter Boudreau, qui sera le chef d’orchestre du concert, nous a parlé de l’histoire de cette œuvre et du parcours de réalisation de ce projet:

« Atlantide est une œuvre qui a été commandée par Radio Canada et présentée en 1985 au Prix Italia, où elle a obtenu une mention spéciale. Pour participer au Prix Italia, une œuvre doit être conçue spécifiquement pour et par la radio, en utilisant toutes les technologies disponibles de la radio. En 1985, Brégent avait utilisé la technologie qui était accessible à l’époque et le numérique ne faisait que commencer, tous les appareils étaient analogiques. Atlantide est une composition qui alterne la musique électro-acoustique et la musique acoustique. La musique électro-acoustique a été créée en studio chez Alain Thibault, sur 16 pistes et ça n’était au début que des échantillons numériques. Une fois que ceci a été fait sur les 16 pistes, le résultat a été importé et inséré dans les 24 pistes qu’on a enregistrées à Radio Canada. La première mission a été de retrouver les 16 pistes originales de la musique électro-acoustique, que Michel-Georges avait créées chez Alain Thibault. Elles s’étaient perdues, je ne sais pas comment, quelque part, dans mon bureau à la SMCQ. Ensuite, la problématique avec Atlantide c’est que c’est une œuvre qui a été composée par et pour la radio; Brégent déjà donnait dans l’utopie totale au niveau de l’exécution humaine de ses œuvres précédentes, qui sont d’une difficulté transcendante. De plus, on travaillait en studio; nous n’avions pas la contrainte d’enchainer et de jouer tout cela en concert. En studio, on enregistre un petit bout puis encore un petit bout et on ajoute les petits bouts les uns à la suite des autres. On travaillait en multipliant avec un « click track »  (une bande métronome, si l’on veut), avec lequel on peut tout synchroniser. Nous avons donc créé tout cela en superposant ces différentes pièces sur 24 pistes d’une machine à l’époque analogique et nous devions l’enregistrer en duo car c’était vraiment complexe et cela a demandé tellement de travail! Mais à la fin, l’œuvre est absolument formidable.

Évolution des systèmes d’enregistrement :

Pour la jouer en concert, c’est un problème…car il y a de grandes parties qui sont injouables… D’ailleurs, il y a une partie de petite trompette dans l’avant dernière section (où le trompettiste, Roger Walls, spécialiste du suraigu, est vraiment formidable, ) et j’ai envoyé quelqu’un pour jouer ça. À l’époque, j’avais encore des « jobs » comme saxophoniste et je m’était réchauffé pendant 20 minutes en studio. Je jouais avec un saxophone sopranino, une petite trompette. Et d’ailleurs c’est un sopranino qui va être utilisé  pour interpréter cette partie 30 ans plus tard. Ce qui est intéressant et passionnant est que je suis en train de réorchestrer Atlantide pour qu’elle soit jouable en direct par des musiciens qui vont enchainer ça. Pour les parties qui sont injouables, j’ai pu accéder à l’enregistrement original d’Atlantide après en avoir retrouvé la trace dans les archives de Radio Canada. Ce qui est formidable, c’est le mélange que nous allons faire entre la réorchestration, que je suis en train de réaliser avec moins de musiciens, et les musiciens supplémentaires dans l’enregistrement original que j’ai numérisé. C’est comme s’ils étaient là interprétant en direct avec nous. Imaginez si j’avais la possibilité d’aller chercher Johann Sebastian Bach interprétant des continuo et, sur une piste séparée, j’avais la possibilité de jouer avec lui. Je vais donc mélanger une nouvelle orchestration que j’ai faite, cette fois-ci pour 16 musiciens et 12 voix, avec toute l’électronique originale qui était là et aussi faire appel aux interprètes originaux en synchronisation avec nous pour certaines sections. Ce qui est le plus intéressant, c’est que l’Atlantide est comme une baleine qu’on est obligé de coincer dans une boite de sardines:  c’est une musique à plusieurs niveaux et plusieurs strates musicales ; on est obligé de mixer deux pistes en stéréophonie parce que la technologie 5.1 n’existait pas. La spatialisation de la musique est maintenant possible, au-delà de la quadraphonie, puisqu’on va vraiment pouvoir, durant le concert, s’immerger dans la musique. Grâce aux différentes sorties de pistes séparées, il est maintenant possible de disposer la musique dans l’espace afin d’entourer complètement l’auditeur. Ainsi, la qualité et la définition de la musique s’expriment au-delà de la technologie 5.1 dans la mesure où on va avoir la capacité technique de faire entendre cette musique comme Michel-Georges  le souhaitait.

En ce qui concerne les 16 musiciens qui seront sur scène, il y aura Quasar, quatuor de saxophones, Magnitude 6, quintette de cuivres avec percussions et un batteur, nécessaire pour certaines sections, une chorale de 12 voix dont 2 solistes, Karen Young (qui chantera 30 ans plus tard la section Complainte des villes solitaires) et sa fille Coral, tout l’appareillage des échantillons créés à l’époque ou à l’aide des 24 pistes originales, le Quatuor Bozzini, augmenté pour la circonstance d’un contrebasse afin de se transformer en quintette à cordes.

Cela représentera quelque chose comme 70 musiciens dont 16 en direct sur scène, 12 voix et le reste est virtuel. »

 Nous avons ensuite demandé à Walter Boudreau, grand expert et diffuseur de Brégent, de nous présenter en bref l’homme, le musicien et sa musique, encore moderne et actuelle à notre époque.

« Brégent, c’était un compositeur qui avait une vision formidable que je partageais. Une vision toute inclusive de la musique au lieu d’être exclusive; c’est quelqu’un qui était loin d’être « intégriste », loin des chapelles. Son parcours personnel, très similaire au mien, l’a exposé à plusieurs facettes de la pratique musicale passant de la musique populaire, du rock, à la musique texturale européenne, la musique électronique. De plus, il n’a jamais cherché un langage musical qui exclurait de sa pratique le legs du passé. Dès lors, sa musique témoigne évidemment de cet esprit d’ouverture. C’est une personne qui avait aussi un niveau strictement philosophique, une pensée cosmique, une pensée globalisante; c’était un homme d’une intelligence supérieure, remarquable, unique pourrais-je dire. Sa musique est donc à la fois une construction architecturale remarquable et une musique pleine d’expression, d’un lyrisme magnifique.

Toutes ces raisons viennent soutenir ma grande fascination pour sa musique. »

«L’ambition de ma vie est de créer une musique parfaitement équilibrée sur les plans intellectuel, émotif et spirituel: une musique qui ait une raison d’être.»

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En conclusion de cette intéressante rencontre, Walter Boudreau nous a parlé de l’atelier Compositeurs en herbe présenté par le volet jeunesse de la SMCQ, cette année autour de l’Atlantide.

« Tout d’abord, cela se situe en plein dans les activités de la SMCQ, dans le cadre des activités de notre secteur jeunesse que nous développons de façon absolument remarquable et très sérieuse depuis 15 ans. Pour nous, il est très important car les enfants sont le public de demain.  Nous travaillons donc beaucoup avec eux pour les initier  à la musique contemporaine. Le 29 novembre dernier, lors du congrès de la FAMEQ, nous avons réalisé un atelier préparatoire avec des professeurs afin de leur fournir des outils pour travailler avec leurs élèves, pour produire une pièce qui va s’inspirer de ce que Brégent a fait dans l’Atlantide. Le principe même de l’imitation « singe qui voit, singe qui fait » est qu’on regarde des modèles en cherchant à les imiter et, ce faisant, on s’implique d’avantage. C’est comme cela que les compositeurs écoutent d’autres compositeurs et cherchent à les imiter. C’est par là que je me suis formé à la composition musicale et ai cherché à former mon propre langage et ma propre approche. C’est donc la même chose avec les enfants. Ce qui est capital, c’est que, quand ils sont en train de le faire, ils ne font que cela, en mobilisant des aptitudes dont ils ne soupçonnaient pas l’existence. On y parvient en fournissant des outils aux professeur leur permettant de faire travailler les enfants. C’est formidable pour les enfants car leur travail va aboutir à la création des petites pièces: il vont composer des sons s’inspirant du travail de Michel-Georges Brégent dans Atlantide. C’est un merveilleux exercice; les élèves et les professeurs sont enchantés par ce processus de création. Après s’être confrontés aux nombreux défis de la composition musicale, ils deviennent plus sensibles à ce qu’ils entendront plus tard et, pour nous, c’est capital. »

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Atlantide, un spectacle unique et flamboyant

Initialement écrite par Michel-Georges Brégent en 1985 pour la Société Radio-Canada, Atlantide est une pièce complexe. Composée de voix, de sons électroacoustiques ou encore de sons d’environnement, Atlantide a d’abord été pensée comme une œuvre de studio. Les techniques d’enregistrement de l’époque ont permis d’aller au-delà des possibilités traditionnelles d’exécution instrumentale et vocale. D’ailleurs, son confrère Walter Boudreau, qui a participé au projet initial, dira que « toute tentative de faire jouer son quatuor pour saxophone par des êtres humains serait fatalement vouée à l’échec. » Pourtant, trente ans plus tard, Atlantide sera interprété pour la première fois lors de l’ouverture du festival Montréal / Nouvelles Musiques. De la même manière que l’Atlantide est un mythe sur la recherche d’un continent rayé des cartes du monde, Walter Boudreau, aidé par René Bosc, est parti en quelque sorte en expédition afin de retrouver les éléments originaux de la pièce. Afin d’en savoir plus sur ce projet qualifié de titanesque, René Bosc a accepté de répondre à quelques questions.

Pouvez-vous me parler de l’origine de ce projet de rejouer une pièce aussi complexe, réputée injouable?

Aujourd’hui, malgré le désinvestissement total de la radio publique et des médias en général dans la promotion et la diffusion des musiques nouvelles, il existe des organismes qui continuent à produire et diffuser ces musiques. Sous l’impulsion de la Société de musique contemporaine du Québec et dans le cadre du festival Montréal/Nouvelles Musiques (MNM), j’ai été amené à travailler avec Walter Boudreau, directeur artistique, sur ce projet. Atlantide de Michel-Georges Brégent est une œuvre très originale et complexe. Je ne connaissais pas du tout ce compositeur. Ses œuvres débordent d’énergie. Cette vitalité a longtemps permis au compositeur, qui ne croit pas au cloisonnement des genres, d’écrire et d’interpréter de la musique rock mêlée de jazz et d’éléments contemporains — production qui a été qualifiée de « rock classico-cosmique ». Lorsque j’ai écouté la pièce au début, je ne pensais pas qu’il existait un « Frank Zappa » canadien. J’apprécie Zappa mais lorsqu’il mélange les styles, il le fait un peu sur le ton de la plaisanterie. Le travail de Brégent est beaucoup plus au premier degré et c’est ce qui le rend aussi fascinant. Il ne prend pas de haut le rock ou le jazz, il les combine vraiment. Je pense que c’est une pièce très importante, je n’en connais pas d’autres comme celle-ci. Quand je parle de Frank Zappa, c’est pour avoir une sorte de modèle mais il n’y a pas de modèle équivalent à Brégent, en fin de compte.

Comment avez vous appréhendé ce travail, avec Walter Boudreau, en tant que chef d’orchestre?

Je m’entends tellement bien avec Walter que les projets que je mène en Europe c’est lui qui les monte à Montréal et vice versa. En général le travail que l’on fait c’est de la partition. Par exemple lorsque l’on écrit une partie de cuivre en tant que compositeur, on a le réalisme de la chose et on peut facilement projeter ce que cela va donner sur scène. Dans le cadre de l’Atlantide, c’est très particulier car il s’agit d’une œuvre de studio, avec des parties électroacoustiques et des sons préenregistrés. Michel-Georges Brégent a profité de tout ce que le studio pouvait lui apporter, ce n’était pas du tout son but que cela puisse être joué en concert. Il a d’ailleurs enregistré par petits bouts, avec des parties de chœur ou encore de hautbois. C’est « injouable » sur scène parce que ça ne s’arrête jamais, sans prendre en compte la fatigue des musiciens, ne serait-ce que pour tourner les pages. Trente ans plus tard, il a fallu retrouver tous les éléments originaux. C’est quelque chose que l’on ne fait pas avec une partition toute prête, où tous les éléments sont notés. On est donc parti à la recherche des bandes originales. Rien que pour repasser les bandes, que l’on a fini par retrouver, c’était très compliqué car les machines de l’époque ont disparu. Il a fallu par exemple retrouver les magnétophones des années 80. De même les synthétiseurs d’il y a trente ans sont de vrais dinosaures! C’est excitant parce qu’au départ on est parti de presque rien, sans trop savoir vers où on allait. On ne savait pas si on allait devoir se débrouiller tout seul en écoutant simplement le disque. Petit à petit, on a commencé à faire des choses vraiment intéressantes. Il ne s’agit pas seulement de retrouver la partition et de la rejouer, on est un peu entré dans la tête de Brégent. On a construit une sorte de tour Eiffel métallique de toute la pièce, en combinant les anciens éléments avec ce que l’on va jouer en direct. Avec tout ce que l’on a récupéré comme documents, la base de travail est assez considérable mais on a essayé de reconstruire l’arbre de la composition de Brégent en restant le plus fidèle possible.

Quelles seront les principales différences par rapport à l’œuvre originale, les techniques d’aujourd’hui permettent-elles de rendre possible ce qui ne l’était pas il y a trente ans?

En effet, on essaie d’appliquer à une pièce qui a trente ans des outils que l’on a maintenant. L’Atlantide de Brégent est un peu comme le Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band des Beatles. Ces derniers ont été incapables de refaire la même chose sur scène. On va essayer de redonner une nouvelle respiration à la pièce. La version du disque est un peu étouffée, le mixage stéréo a un peu trop confiné la pièce. Là on va pouvoir l’écouter dans toute son ampleur avec une version réaliste et jouable. Dans la version originale il devait y avoir une cinquantaine de musiciens, Brégent s’était permis tout ce que le studio pouvait lui offrir comme possibilités pour enregistrer une seule mesure. Ce n’est pas la question d’avoir cinquante ou vingt musiciens qui importe mais plutôt comment les équilibrer avec les sons préenregistrés. Je pense qu’on va être très fidèle à ce que voulait Brégent, mais en rendant les choses possibles. Il y a trente ans cela était impossible, on ne pouvait pas, par exemple, synchroniser les sons avec la même facilité qu’aujourd’hui. En concert on va pouvoir mettre des plans entre les musiciens, espaçant davantage les choses. Les sons préenregistrés seront spatialisés et entoureront les auditeurs comme s’ils étaient « noyés » par le déluge de l’Atlantide.

Le mythe de l’Atlantide a t-il un plus écho plus actuel aujourd’hui?

Tout d’abord je pense que le mythe est une nécessité et de plus en plus de nos jours. La fonction d’imagination est à la base du processus de la conscience et nous permet de donner du sens à la réalité. L’Atlantide est un continent englouti d’après le mythe originel mais il reste dans l’esprit des hommes comme le symbole d’une sorte de paradis perdu ou de cité idéale. Ce mythe, comme tous les autres mythes, cherche à nous éclairer sur nos comportements. L’Atlantide est une pièce très écologiste avant l’heure et a une vision linéaire. On a des bruits de la nature au début et, au fur et à mesure, il y a des bruits de la ville (voitures, pollution etc.) qui viennent s’ajouter. L’utilisation de ces sons permet de placer l’auditeur dans un environnement familier tout en le déstabilisant. Puis, comme l’Atlantide va être submergé, on termine avec des sons de la nature.

Les mythes fascinent et notamment celui-ci. Il a alimenté nombre d’œuvres littéraires et artistiques : après Platon, il y a eu des films Disney ou encore des bandes dessinées qui s’y sont intéressés. On a des sources très étranges et diverses. Cela colle parfaitement à ce que Brégent a voulu faire avec tous les repères musicaux qu’il peut avoir, du rock à la musique baroque en passant par la musique contemporaine.

Que retirez vous de ce projet?

C’est une aventure incroyable. Il ne m’est jamais arrivé de faire autant de recherches pour un autre projet. Quand on a réussi à mettre la main sur le premier seize pistes on était comme des enfants dans un magasin de jouets. Je pense que ça va être un concert très particulier et original. Le compositeur nous a quitté il a longtemps maintenant mais, par rapport à l’amitié que Walter lui portait, c’est très intéressant de pouvoir faire un concert de sa pièce. Évidemment, il aurait été heureux de la chose. À l’époque, c’est Walter qui a enregistré la pièce et c’était très émouvant de l’accompagner dans les studios. On a réécouté les bandes originales. Walter s’écoutait lui-même en train de diriger. Et le plus étonnant c’est de l’entendre dire les choses techniques comme « 1, 2, 3 », « on recommence! » etc… Et on retrouve tout. Pour lui qui a connu cette aventure à l’époque c’est assez particulier.

Atlantide sera présenté dans le cadre du festival MNM le 26 février 2015 à la Salle Pierre-Mercure (Centre Pierre -Péladeau) à partir de 19h.

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Denis au son du saxo

Bonjour à tous!

Après le succès du concert du duo aTonalHits, nous continuons notre Série hommage avec le quatuor de saxophones Quasar, qui est maintenant en tournée. Pour en savoir plus sur le prochain concert du vendredi 29 à Chapelle historique du Bon-Pasteur, nous avons correspondu avec la directrice artistique de l’ensemble, Marie-Chantal Leclair, qui nous a parlé des œuvres au programme.

Quasar commencera son concert avec Quatre inventions (1993) de notre compositeur à l’honneur, Denis Gougeon, près de 20 ans après sa création. C’est d’ailleurs une des premières œuvres que l’ensemble ait créées: « Pour un jeune ensemble à ses tout débuts, le fait de pouvoir jouer une œuvre d’un compositeur qui, déjà en 1994, avait une solide notoriété, était une formidable opportunité. Nous l’avons joué à de nombreuses reprises dans les premières années d’existence du quatuor et nous sommes très heureux de la revisiter dans le cadre de la Série hommage, » nous raconte Marie-Chantal.

Le quatuor de saxophones Quasar photographié par François Morin.

Le quatuor de saxophones Quasar photographié par François Morin.

« Il faut dire que la pièce a été commandée par le Quatuor de saxophones de Montréal au sein duquel œuvrait Walter Boudreau, actuel directeur artistique de la SMCQ, au saxophone baryton. Cependant, lorsque l’œuvre fut livrée, le quatuor avait cessé ses activités. Nous en avons donc en quelque sorte hérité, » exprime fièrement la directrice artistique de Quasar.

Comme il est courant pendant la Série hommage, l’ensemble a aussi travaillé la pièce avec le compositeur, « qui a fait preuve de beaucoup de générosité, car Denis aime les interprètes, » exprime Marie-Chantal. La pièce, écrite, comme le dit Denis Gougeon lui-même, pour « le pur plaisir de l’invention, » est constituée de quatre mouvements (Invention à 1 voix, Invention à 2 voixInvention à 3 voix et Invention à 4 voix), même si les quatre musiciens jouent dans toutes les inventions. « Il s’agit d’une musique très rythmique et énergique qui demande beaucoup de précision de la part des musiciens tant au niveau de l’intonation (invention à une voix ou unisson) que du rythme (hoquet ou alternance d’une ligne mélodique par plusieurs voix, etc.), » raconte Marie-Chantal.

« La première invention est une grande mélodie, qui est doublée, triplée ou quadruplée. Dans la troisième, toutes les possibilités du trio sont exploitées. La quatrième  invention commence par une courte section lente – la seule section lente de toute la pièce – qui s’enchaîne avec une section rapide. Le compositeur s’est lui-même imposé la contrainte des inventions. Ça devient donc un jeu d’écriture en quelque sorte, » dit la saxophoniste.

Quasar complétera le concert avec les créations Cathédrale-Lumière d’Analía Llugdar et La robe cathédrale de David Adamcyk à qui on a demandé de s’inspirer de l’œuvre Robe cathédrale de l’artiste visuelle Carole Simard-Laflamme. Il s’agit de la première phase d’un projet du quatuor, qui se complétera avec une seule œuvre (un concert entier) réalisée en tandem par David Adamcyk et Analía Llugdar.

« Les compositeurs ont de multiples sources d’inspiration pour transposer les éléments visuels en musique, pour les faire vibrer et résonner. Robe cathédrale est constituée de 12 rangées comprenant chacune 8 modules et chaque module peut devenir une partition sonore à interpréter. Textures textiles, couleurs, motifs, architecture, seront autant de concepts à transformer en timbres, rythmes, leitmotiv et forme, » exprime Marie-Chantal Leclair. Le concert finira avec l’œuvre Mercure, de Denis Gougeon pour saxophone alto solo, qui sera interprété par Mathieu Leclair.

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LE MOMENT EST ARRIVÉ!

Après plusieurs mois de travail, le temps est venu pour la Société de musique contemporaine du Québec de lancer les festivités de la Série Hommage consacrée au compositeur Denis Gougeon par un Grand concert d’ouverture ce vendredi 27 septembre. La soirée débutera avec le vernissage de l’exposition visuelle Denis Gougeon: figures (18h) et une rencontre avec Denis Gougeon lors d’une table ronde (19h) où sera également lancée la bande dessinée sur sa vie.

Au programme du concert il y aura des pièces de notre artiste à l’honneur, Heureux qui comme… et En accordéon, mais aussi un détour chez les compositeurs de la côte est des États-Unis avec la Chamber Symphony de John Adams et For your eyes only de John Zorn. Walter Boudreau dirigera l’Ensemble de la SMCQ ainsi que l’accordéoniste Joseph Petric et la soprano Marie-Danielle Parent, qui nous a parlé de ce concert qui a une valeur toute spéciale pour elle.

Marie-Danielle Parent chantera 'Heureux qui comme...' pendant le concert d'ouverture de la Série Hommage.

Marie-Danielle Parent chantera ‘Heureux qui comme…’ au concert d’ouverture de la Série Hommage.

« Ouvrir la Série Hommage de Denis Gougeon est un merveilleux privilège et c’est un grand bonheur de chanter une œuvre qui a été composée pour moi et qui m’est dédiée. J’ai l’impression de reprendre un « classique » », dit Marie-Danielle Parent. « C’est aussi un honneur d’ouvrir cette saison en hommage à Denis Gougeon, un compositeur que j’admire depuis longtemps. »

Cette soirée revêt un caractère particulièrement spécial pour Marie-Danielle Parent qui est aussi épouse et complice en musique de Denis Gougeon de longue date : « Ce sera pour moi comme une belle fête de retrouvailles. Heureux qui comme… me ramène à de très beaux souvenirs: une tournée européenne que j’ai faite avec la SMCQ sous la direction de Walter Boudreau, en 1988. J’étais alors enceinte et j’étais habitée par une merveilleuse présence. Nous avons eu aussi beaucoup de plaisir durant cette tournée, » s’est rappelé la chanteuse.

En ce qui concerne à la difficulté technique de l’œuvre, la soprano explique que « comme toute pièce vocale exigeante, que ce soit Mozart, Schubert, Vivier… il faut pouvoir s’appuyer sur une bonne technique vocale pour garder la souplesse de la voix et la précision rythmique. J’ai retravaillé la pièce en sections, n’oubliant jamais de rester dans l’élan du corps et l’abandon! » ajoute-elle.

Nous vous invitons à découvrir cette pièce ce vendredi à la Salle Pierre-Mercure: « Laissez-vous séduire par toute la gamme d’émotions que véhicule cette pièce. C’est une histoire, nous partons en voyage… » conclut Marie-Danielle Parent.

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LE PUBLIC, PLUS QU’UN AUDITEUR

La semaine dernière nous vous avons présenté l’œuvre Le téléphone bien tempéré, une proposition de Walter Boudreau et Yves Daoust inspirée du premier Prélude et Fugue du Clavier bien tempéré de J.S. Bach. Nous vous avions aussi parlé, il y a quelques mois, du musicolateur, un nouvel instrument qui permet de faire des modulations sonores à partir de sons préenregistrés.

Et bien, pendant la soirée bénéfice de la Société de musique contemporaine de Québec de jeudi dernier, nous avons eu l’occasion d’écouter les deux phénomènes et j’aimerais partager avec vous quelques réflexions sur l’importance de l’écoute active et l’interaction du public avec la musique, particulièrement en musique contemporaine.

La participation du public n’est pas seulement une manière d’attirer les gens vers la musique contemporaine, mais aussi une manière de développer l’imagination et la créativité de ces gens, même s’ils ne sont pas musiciens. C’est le cas du musicolateur. Jeunes et vieux, expérimentés et novices, tous ont pu faire de la musique, leur propre musique. De plus, avec le musicolateur  ils ont eu l’expérience de partager leur musique avec d’autres personnes parce que c’est un instrument conçu surtout pour jouer en groupe.

Le musicolateur a une nouvelle version pour l'iPad.

Le musicolateur a une nouvelle version pour iPad.

La nouveauté de la soirée a été la version pour iPad du musicolateur, un pas en avant dans l’évolution de cet instrument innovateur. Le créateur du musicolateur, le compositeur québécois Yves Daoust, a dirigé huit étudiants de cinquième année qui ont montré la grandeur et les possibilités infinies de l’instrument.

Le téléphone bien tempéré, pièce de résistance de la soirée, faisait aussi participer le public, accompagné de son cellulaire comme nouveau sujet sonore.

Le public fait partie de l'œuvre Le téléphone bien tempéré pendant le soirée bénéfice de la SMCQ.

Le public fait partie de l’œuvre Le téléphone bien tempéré pendant le soirée bénéfice de la SMCQ.

Ici, le son électronique du cellulaire est aussi important que son silence. Les deux créateurs ont composé cette pièce  grâce à l’intervention de la sonnerie moderne, mais aussi grâce à l’existence de l’œuvre de Bach, qui est également importante. C’est pour cette raison qu’écouter activement et suivre les indications du chef d’orchestre sont des actions vitales. Il faut que le cellulaire sonne, mais il faut aussi que Bach sonne. C’est pour ça que l’œuvre marche si bien.

Ainsi, la musique a besoin du public, et le public devient plus qu’un auditeur.

[Les écoles sont invitées à faire des ateliers avec le musicolateur.]

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BACH ET VOS CELLULAIRES

Pouvez-vous imaginer une œuvre baroque interprétée comme la musique du XXIe siècle? Pouvez-vous visualiser une pièce de musique de Bach jouée avec vos cellulaires? C’est maintenant possible. Le téléphone bien tempéré est une proposition du directeur artistique de la SMCQ Walter Boudreau et du compositeur québécois Yves Daoust qui se sont inspirés du célèbre premier Prélude et Fugue du Clavier bien tempéré du compositeur allemand J.S. Bach.

Ainsi, l’auditeur peut écouter la fameuse mélodie avec les timbres connus de l’orgue, du clavecin et du quintette à vents, mais aussi de la sonnerie électronique du cellulaire. Cette œuvre est spéciale parce qu’elle a besoin de l’auditeur pour être complète: le public « joue » du téléphone cellulaire et, surtout, doit suivre les indications du chef d’orchestre. De cette façon, Le téléphone bien tempéré fonctionne et le public fait partie d’une œuvre monumentale.

C’est une œuvre très spéciale. C’est la sonorité du XVIIIe siècle mélangée avec la sonorité électronique du XXIe siècle. C’est l’héritage de la musique baroque européenne et l’innovation de la musique contemporaine américaine. C’est l’intégration du passé et de la modernité. C’est la revisitation du monde de Bach à partir de l’avant-garde. Écoutez-la et vous me comprendrez.

Le téléphone bien tempéré a été joué pour la première fois lors du festival MNM 2011 et pourra être entendu le jeudi 23 mai prochain pendant le soirée bénéfice de la Société de musique contemporaine de Québec, sous la direction de Walter Boudreau. Ce sera aussi l’occasion de fêter le vingt-cinquième anniversaire de Boudreau à la SMCQ.

[Ce concert sera uniquement pour les membres et donateurs de la SMCQ, mais les diffuseurs sont invités à programmer ce spectacle aussi.]

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À la découverte de l’équipe de la smcq, la suite de la suite !

Il y déjà trois mois, je vous présentais une partie de l’équipe de la SMCQ (ici et ici) : Guillaume, Claire, Noémie, Jacques et Pierre. Aujourd’hui, je continue mon tour du bureau avec Marcello, Walter, Aïda et Nancy. Quatre fortes et très différentes personnalités ! 

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Marcello Delambre

Je suis : Marcello Delambre, Coordonnateur technique

Je travaille à la SMCQ depuis : toujours ! Une vingtaine d’année pour vrai

Mon rôle à la SMCQ : j’assiste Pierre à la direction technique. Je m’occupe de tout ce qui se passe sur la scène, de l’arrivée à la sortie des artistes

Pourquoi j’aime la SMCQ : la créativité de Walter est ma source de motivation. De manière générale, l’environnement musical dans lequel baigne la SMCQ

À part la musique contemporaine, j’aime… : la musique classique principalement. Les vieilles chansons françaises aussi …puis les musiques du monde…et le tango

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Walter Boudreau

Je suis : Walter Boudreau, Directeur artistique

Je travaille à la SMCQ depuis : 25 ans. On les célèbre cette année justement !

Mon rôle à la SMCQ : atypique disent les autres. C’est vrai que je ne fais jamais comme les autres…mais je le fais pour les autres

Pourquoi j’aime la SMCQ : elle fait partie de moi. J’y joue un rôle clef, celui de faire en sorte d’intégrer la musique de notre temps dans notre temps

À part la musique contemporaine, j’aime… : je n’ai pas de préjugés favorables ou défavorables à quelconque musique. Je n’ai pas vraiment le temps d’écouter tout ce que j’aimerais écouter mais disons que j’aime celles qui me touchent. Le western par exemple, me laisse indifférent…mais attention, ça ne veut pas dire que je n’aime pas !

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Aïda Aoun

Je suis : Aïda Aoun, Directrice générale

Je travaille à la SMCQ depuis : 13 ans

Mon rôle à la SMCQ : la Môman. Je veille à la bonne gestion des projets et permets leur réalisation.  C’est un rôle sérieux qui exige qu’on y donne du coeur

Pourquoi j’aime la SMCQ : je suis une femme de défis, or à la SMCQ il y a toujours de la nouveauté et c’est tant mieux ! Je déteste la routine…

À part la musique contemporaine, j’aime… : le jazz. Il y en a toujours qui joue à la maison

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Nancy Fleurent

Je suis : Nancy Fleurent, Adjointe aux communications

Je travaille à la SMCQ depuis : 1 an mais de façon sporadique

Mon rôle à la SMCQ :  Au sein de l’équipe, je suis l’aide : multi-tâches et flexible. Ça va de la réception – répondre aux questions du public et m’assurer qu’il soit bien informé – à des suivis de dossiers, de la veille stratégique et revue de presse, de la recherche de financement privé…

Pourquoi j’aime la SMCQ : j’aime avant tout l’équipe et les petites attentions que l’on se porte en s’offrant du thé et des gâteries. Aussi bien entendu, pour la musique, ainsi que pour la confiance et l’autonomie que la SMCQ m’accorde dans mon travail.

À part la musique contemporaine, j’aime… : tous les genres de musique extra-contemporaine ! En ce moment j’ai un penchant pour le folk.

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J’espère que vous avez apprécié aller à la rencontre de l’équipe de la SMCQ ! N’hésitez pas à me faire part de sujets qui vous tiennent à coeur et dont vous aimeriez entendre parler sur ce blogue ! 

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Que faut-il connaître de Claude Vivier ?

« Ce n’est pas moi qui écris ma musique. C’est peut-être les fleurs que j’ai senties, les gestes que j’ai faits, les êtres que j’ai vus, ou les étoiles, on ne sait jamais. La musique est amour, comme tout est amour ».

Claude Vivier, paru au journal Le Monde, le 15 mars 1983.

 Hommage à Claude Vivier

  • Claude Vivier a puisé sa créativité au cours de ses nombreux voyages. Son parcours commence au Québec, à Montréal, au conservatoire de Musique, où il étudie avec Gilles Tremblay et Irving Heller de 1967 à 1971. Son style évolue par la suite grâce à ses voyages en Europe, principalement aux Pays Bas, en Allemagne et en France. Il affiche alors un engouement pour les thèmes qui devront ses favoris : la mort, l’enfance, l’amour et l’immortalité. Par la suite (en 1977), ses voyages en Asie (principalement à Bali) et au Moyen-Orient transformeront son style vers quelque chose de plus épuré.
  • Claude Vivier était un compositeur pour voix.  Compositeur et professeur, il s’intéresse à ses débuts à l’électro-acoustique (à Cologne), puis de plus en plus, favorise la voix et l’écriture d’opéras. Il crée Kopernikus, Rituel de mort (1980) et Trois Airs pour un opéra imaginaire juste avant sa mort.  
  • Claude Vivier a mené une vie tragique. Il est né orphelin et mourra assassiné le 7 mars 1983 à Paris, poignardé par un prostitué. On retrouvera la dernière phrase qu’il ait écrite pour l’œuvre qu’il composait alors  Glaubst du an die Unsterblichkeit der Seele (« Crois-tu en l’immortalité de l’âme? »)  et qui relatait une rencontre avec un jeune homme dans le métro parisien : « Alors sans autre forme de présentation, il sortit de son veston noir foncé acheté probablement à Paris un poignard et me l’enfonça en plein cœur. ».

 

 Et vous, que retenez-vous de plus particulier chez Claude Vivier ?

Le 21 février prochain, le festival Montréal/Nouvelles Musiques s’ouvrira avec un hommage au compositeur Claude Vivier. Trois pièces seront jouées : Hymnen an die Nacht (1975), Zipangu (1980) et La Vie d’un héros (Tombeau de Vivier) (1999, 2002) une création de Walter Boudreau.

Retrouvez la programmation sur le site de la SMCQ!

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Traqué sans relâche

Mes attentes ont été comblées ! Ce matin, j’ai eu la grande chance d’assister à la répétition générale du Concerto de l’asile ! Quelle expérience ! Je n’en suis pas ressortie indemne et je vous raconte ici pourquoi…

 

Le thème, entêtant, nous traque sans relâche. On tente d’y échapper car il saurait nous faire découvrir une vérité que l’on veut garder enfouie. Mais notre course est vaine, il nous rattrapera tôt ou tard, c’est inévitable.

L’énergie puissante et grandiose qui se dégage de l’orchestre accompagne à la perfection le piano (Alain Lefèvre, époustouflant !). Tels des personnages qui suivent le héros d’une histoire ¬ la nôtre ¬ et qui interviennent l’un après l’autre, les violons, les hautbois, les clarinettes, les cloches tubulaires et les harpes nous font évoluer dans des mondes imaginaires. Ces univers incontrôlables se forment de couleurs qui reflètent nos émotions et nous font découvrir une personne que l’on ne connaissait pas jusqu’alors. Chacune de nos cellules a été bousculée, le plus profond de nous-même est bouleversé.

Tantôt apaisant, tantôt attelant, le rythme nous prend par la main et nous entraîne avec lui dans la folie de notre psychisme.

 

Puis tout à coup, plus rien. On nous extrait soudainement du rêve dans lequel nous nous étions plongés. Le réveil est difficile, abrupt. Les applaudissements nous étourdissent, les lumières de la salle extraordinaire de l’OSM nous éblouissent…Que s’est-il passé ?

Le souffle court, la musique est entrée au plus profond de nous-même.

 

À tous ceux qui ont assisté au concert, partagez-nous votre expérience !

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Un plus un est égal à trois

Mon premier est le compositeur Walter Boudreau

Mon second est le pianiste-interprète Alain Lefèvre

Mon tout est une création originale qui sera jouée le 15 et 16 janvier 2013 à l’OSM

Je suis… Le Concerto de l’asile

 

Comme vous, je n’ai pu écouter qu’un extrait du Concerto. Cependant, dès les premières notes, je me suis plongée dans une histoire, comme celle que nos parents ont pu nous raconter dans notre enfance. La mélodie et le rythme m’ont rappelé leurs voix qui nous guidaient au fil d’un conte au monde imaginaire. Cet effet n’est pas surprenant quand on sait que le thème du Concerto de l’asile est né au théâtre dans la pièce L’Asile de la pureté de Claude Gauvreau. La sensation voluptueuse et aérienne qui se dégage de l’œuvre, pourtant dramatique, offre une sensation extraordinaire d’évasion. J’ai hâte de découvrir la suite de cette histoire et de me laisser porter par la magie qu’a à nous offrir le Concerto de l’asile…

…Et vous, que vous a évoqué l’extrait du Concerto de l’asile que l’on entend à la fin de l’entrevue de Walter Boudreau et Alain Lefèvre ?

 

Walter Boudreau et Alain Lefèvre

Walter Boudreau et Alain Lefèvre

 

Bonne année à toutes et à tous, que votre année soit remplie de bonne musique !

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