Archives de Catégorie: Extraits musicaux

Suivons les traces des éléphants blancs

Les années 60-70 : une époque de transformations, de grands projets et de grands rêves, qui vit à nouveau à travers le regard de 3 compositeurs et un concepteur visuel Montréalais.

L’ensemble à percussions Sixtrum va mélanger ses instruments avec des objets symboliques de cette époque, créant une rencontre entre la technologie des années 60-70 et son évolution actuelle.

Pour mieux suivre Les traces des éléphants blancs, on a rencontré Sylvain Pohu, un des compositeurs, et Joao Catalao, un des membres de Sixtrum.   

Sylvain Pohu nous a expliqué d’abord ce qui a inspiré le titre du concert.

En fait je suis passionné par l’histoire de l’Île de Montréal et j’ai toujours été fasciné et émerveillé par toutes les grands évènements des années 1960, ce qu’on appelle la « Révolution tranquille », tous les travaux et les grands projets jusqu’à l’aéroport Mirabel. Ce que j’aime là-dedans ce n’est pas tant les bâtiments que tout le rêve qu’il y avait à cette époque. Toute cette naïveté s’est un peu perdue aujourd’hui et donc j’ai trouvé intéressant juste d’évoquer ça, de me souvenir de ça. Donc pour cette œuvre Sur les traces des éléphants blancs, je m’inspire de cette époque des années 60-70 à Montréal, des fantasmes et des rêves de cette époque.

Pohu et Catalao nous ont parlé de la réalisation de ce concert.

SP : Ce projet est en fait un genre de mi-installation mi-performance avec des tableaux ciblés pour 3 compositeurs, moi, Jean Michel Dumas et Dominique Thibault et puis aussi Etienne Deslières qui fait des images et des petits vidéos. Chacun s’occupe de ses sections. Cela fonctionne comme un théâtre; même Sixtrum fait partie de la création. C’est vraiment une œuvre qui ne permet pas de déterminer qui a fait quoi dans la pièce. Tout est mélangé. C’est un peu comme un groupe de rock où tout est fait ensemble. Pour l’instant, on a pris des instruments acoustiques et des instruments numériques et on a essayé d’arrimer les deux. On a commencé à improviser et à décider quels musiciens de Sixtrum allaient jouer. On va maintenant commencer à décider des scènes, du type d’endroit, de jeu, d’ambiance. On va pouvoir ensuite passer à une seconde étape pour revenir jouer et le spectacle va être créé le jour du concert; c’est là qu’on va voir ce qu’on veut faire et comment le réaliser.

 JC : En fait le mot « pièce de théâtre » est approprié parce qu’une pièce de théâtre, à la fin, est créée sur le lieu; quand tu occupes vraiment la place. Le soir de la première, c’est la que tu finis le spectacle et ça c’est vraiment super intéressant. Cela sort un peu du cadre du concert classique de musique contemporaine et  de la formule d’un lieu commun d’un concert de musique classique. En plus, au niveau de l’interprétation des musiciens, des percussionnistes, c’est un projet vraiment passionnant parce qu’il mélange les instruments acoustiques auxquels on est habitué avec l’expansion de la sonorité de l’électronique. La part la plus intéressante c’est quand on a commencé à travailler sur la musique mixte qui mélange la basse technologie avec des éléments de haute technologie: on a des téléviseurs à tube jusqu’aux ordinateurs qu’on utilise aujourd’hui.

Les compositeurs construisent vraiment un instrument à augmenter. Cela signifie qu’ on a certaines possibilités et on va les utiliser au maximum pour créer des sonorités, comme un vrai instrument. Avec un instrument, on essaie de découvrir le maximum de différences avec la même chose. Le gros défi, la magie de la chose, c’est qu’on doit apprendre à jouer de ce nouvel instrument augmenté par l’électronique de Sylvain, Dominique et Jean Michel.

SP : En fait, ce concert est un mélange. Un peu comme au cinéma on s’installe et pendant environ 1h30 on guide le spectateur pour faire un voyage; il ne partira pas mais il se laissera bercer par l’aventure. Un peu comme dans un musée où on se promènes. Il y a des tableaux, le spectateur doit observer et s’en approcher; c’est vraiment un mélange. On veut complètement décloisonner le concert, on veut sortir du cadre de concert classique.

En conclusion nous avons recueilli les sentiments des protagonistes sur ce projet.  

SP : Ce qui est important pour moi, puisque on parle d’éléphants blancs, c’est que ça ne sera pas un genre de jugement moral ou de documentaire sur les éléphants blancs québécois; ce n’est pas ça ! L’exemple de l’éléphant blanc, c’est un projet qui est complètement foiré et la nécessité de se poser des questions sur nos éléphants blancs à nous: à quoi cela correspond-il dans notre société? Je pense à de gros projets monumentaux qui vont être abandonnés, les années 60 en ont laissé beaucoup. Les éléphants blancs font aussi partie de l’architecture de Montréal.

JC : Je viens de Brasilia au Brésil. C’est une ville qui a été presque un éléphant blanc: elle a été construite au milieu de nulle part en 4 ans pour être une nouvelle capitale. On avait le rêve de construire la ville la plus grande possible. Mais c’est seulement avec les années qu’elle s’est transformée et est devenue une vraie ville organisée et avec une chaleur humaine.

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Nous avons l’honneur

Bonjour à tous!

Chaque semaine nous faisons des rencontres agréables et toujours intéressantes, mais aujourd’hui, nous avons le grand honneur de vous présenter notre première entrevue avec notre compositeur de l’année, Denis Gougeon. L’occasion se présente alors que la Série hommage arrive à un de ses points culminants avec les concerts « La Chine à l’honneur » de l’Orchestre symphonique de Montréal. Dirigé par Long Yu, l’OSM offrira le privilège d’entendre en première nord-américaine Toy (Music Box)une œuvre pour grand orchestre et flûtes traditionnelles chinoises qui avait valu à Denis Gougeon le Premier prix du Concours international de composition de Shanghai en 2010. Qian Jun et Kai Jin, deux flûtistes chinois avec qui Denis Gougeon était tombé amoureux lors de sa rencontre en Chine et pour qui il avait écrit Toy, seront encore une fois de la partie.

Le programme du concert mettra également à l’honneur Enchantements oubliés, du compositeur chinois Qigang Chen, les Variations sur un thème Rococo, op 33 de Piotr Ilitch Tchaïkovski et la Symphonie no 5, op 47 de Dimitri Chostakovitch.

Pour témoigner notre belle conversation, nous avons enregistré cette vidéo, que nous vous encourageons à regarder avec beaucoup d’attention. Denis Gougeon nous a parlé de son parcours dans le concours de Shangai, de sa belle expérience et de ses motivantes découvertes lors de son voyage en Chine, du processus de création de l’œuvre, de ses souvenirs sur la création de Toy en Chine et de ses attentes quant à la première de la pièce à Montréal. Merci Denis pour ta grande générosité!

Nous vous souhaitons un beau visionnement et nous vous encourageons à assister à cet incontournable de la Série hommage de la SMCQ! Allez-y!

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« 4 jeux à 5 », à nouveau

IMG_6944 - CopieLe Conservatoire de musique de Montréal accueille la deuxième édition des Journées des vents, un festival de quintette à vent conçu par le groupe Pentaèdre. Cette semaine, nous nous sommes rendu au Conservatoire pour écouter le hautboïste Normand Forget, le corniste Louis-Philippe Marsolais, la flûtiste Danièle Bourget, le bassoniste Mathieu Lussier et le clarinettiste Martin Carpentier.

Une scène complètement nue mettait l’accent sur les cinq musiciens, qui sont restés debout pendant tout le concert. Le quintette a commencé son récital avec un compositeur d’aujourd’hui peu entendu dans les salles de concerts, August Klughardt, qui fait partie de la « nouvelle école allemande » et qui a écrit le Quintette op.70, une œuvre plus proche de Brahms ou Mendelssohn que des rhapsodistes qui l’ont inspiré pendant sa jeunesse.  La délicatesse de la sonorité et la technique si précise des interprètes donnent l’impression à l’auditeur que tout ce qu’ils jouent est facile.

Le concert a continué avec une transcription pour quintette à vent de Geoffrey Emerson du Quatuor Les Dissonances KV 465 de W.A. Mozart, qui est une preuve de sa vénération pour Haydn. En fait, les premières phrases de cette pièce, pleines de dissonances, ne laissent pas reconnaître le compositeur. L’expressivité et l’exécution des nuances ont marqué l’interprétation de cette série de six quatuors que Mozart a dédiés à Haydn à la suite d’un choc après avoir écouté ses quatuors les plus récents.

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Finalement, l’ensemble a rendu hommage à Denis Gougeon en jouant l’œuvre 4 jeux à 5, qui avait aussi été interprétée la semaine dernière par Pronto Musica. Cette pièce, qui assemble les techniques d’imitation, de miroir, d’inversion et de vitesse dans le premier mouvement et qui offre des solos à tous les instrumentistes dans le quatrième mouvement, a été délicatement et délicieusement interprétée par le quintette, en présence du compositeur. L’interprétation de Pentaèdre fut d’une sensibilité suprême, tout en ayant la force et l’énergie qu’exige la musique de Gougeon.

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N’oublions pas non plus la jeune corniste participant au concours Pentaèdre pour jeunes musiciens qui fut invitée – spécialement à la demande du jury pour sa grande musicalité – à jouer la pièce Cor-Jupiter, des Six thèmes solaires de Denis Gougeon.

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« O Mensch » de Dusapin, un classique moderne

Bonjour à tous!

Cette semaine, nous nous permettrons une petite pause dans le suivi de la Série Hommage pour vous parler du concert que le baryton Vincent Ranallo et le pianiste Matthieu Fortin présenteront ce vendredi soir à la Chapelle historique du Bon-Pasteur où ils joueront le magistral cycle de lieder O Mensch du compositeur français Pascal Dusapin sur des textes de Nietzsche. Romantisme français et lyrisme allemand se mêlent dans une pièce qui aborde des thèmes aussi différents que l’humanité, la nuit, la mort, le désespoir, l’amour et le secret, entre d’autres. Cinq jours avant le concert, le soliste Vincent Ranallo nous en parle avec passion!

Vincent Ranallo partage avec nous ces réflexions sur 'O Mensch' avant le concert de vendredi. Photo: Caroline Laberge.

Vincent Ranallo partage avec nous ces réflexions sur ‘O Mensch’ avant le concert de vendredi. Photo: Caroline Laberge.

« O Mensch de Dusapin est une œuvre hybride, car elle combine des éléments de mélodrame (texte déclamé en divers degrés de parlando ponctué par le piano) à de véritables chansons dont le ton varie de l’ironie mordante, au coup de gueule et à la rêverie philosophique en passant par la peinture de quelques passions bien humaines. Afin de rendre cette riche palette, nous devons réunir une approche vocale comparable à celle exigée par le Wozzeck de Berg, à une grande recherche dans la pureté du timbre et de l’intonation pour faire ressortir les profondeurs de l’âme humaine décortiquée par Nietzsche, une technique qui s’apparente au bel canto ancien de Monteverdi, » explique Vincent Ranallo.

Pour le baryton, le duo formé avec le pianiste est, sous cet aspect, « une refonte de la monodie accompagnée d’une basse continue épousant les remous de la dramaturgie imaginée par le compositeur. » « Si la voix représente toujours la présence mystérieuse de l’humanité, le pianiste alterne entre les rôles d’interlocuteur impertinent, d’ombre portée, de décors théâtral et d’accompagnement pur et simple.  La mobilité et le raffinement de cette relation, ainsi que la précision maniaque de la coordination exigée, nous ont incités, Matthieu et moi, à investir un grand nombre d’heures de répétition afin d’arriver à la plus grande aisance possible. »

D’un autre côté, Vincent Ranallo remarque que toutes ces subtilités, surtout rythmiques, ne doivent pas provoquer un sentiment de contrainte, car « il ne faut pas oublier que Dusapin se considère comme un jazzman frustré: le groove et le swing forment une sorte d’ancrage pour l’extraordinaire liberté d’accentuation à laquelle nous sommes conviés comme interprètes. » À son avis, il s’agit « d’une clé permettant de rejoindre plus directement l’auditeur dans son intériorité: la fluidité presque dansante du flot sonore faisant souvent mine de s’arrêter, de se suspendre à des accords puisant dans la mémoire du romantisme et de l’expressionnisme allemand. »  

Le  très moderne langage de Dusapin glisse parfois ainsi vers une fausse impression de modalité, surtout dans la ligne vocale: « Comme plusieurs compositeurs issus de la tradition française, dont Olivier Messiaen, Gilles Tremblay, les spectraux,  il affectionne la contemplation du son développé dans l’espace. Contrairement à eux, cet amour de la résonance ne me semble pas sacralisée: non pas adoration mais rêverie. Son lien de filiation déclaré à Varèse et à Xenakis est tempéré par la sensualité un peu fétichiste de ses harmonies, complexes dans les détails mais relativement stables globalement, caractéristique qui facilite la réception de cette musique dont la simplicité est extrêmement trompeuse. »

En bref, chacun y trouvera son compte dans ce concert, car « Dusapin intègre et assume dans O Mensch toute la complexité de l’histoire d’un genre musical, aux confins de la cantate in stile representativo, du Liederabend, de la scène mélodramatique et de la chanson de cabaret.  Il crée un cycle qui a de bonnes chances de devenir un classique moderne. » 

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Nos chefs-d’œuvre

Bonjour à tous!

Cette semaine c’est au tour des solistes de l’Orchestre symphonique de Montréal (OSM) d’être protagonistes de notre Série hommage avec le concert Chefs-d’œuvre d’ici, présenté par la série Tableaux en musique. Le flûtiste Denis Bluteau, le violoniste Luis Grinhauz, l’altiste Lambert Jun-Yuan Chen, le violoncelliste Sylvain Murray et la pianiste Bertha Rosenohl, avec qui nous avons correspondu, présenteront un programme d’œuvres de trois compositeurs québécois: Denis Gougeon, Alexis Contant et Anne Eggleston.

La pianiste Berta Rosenohl participera du concert Chefs-d’œuvre d’ici dans la Série Hommage.

La pianiste Bertha Rosenohl participera au concert Chefs-d’œuvre d’ici dans le cadre de la Série hommage.

Denis Gougeon a écrit Suite privée pour flûtes (do, sol, piccolo), piano et violoncelle en 1988 suite à une commande de l’Ensemble Daedalus et avec l’aide du Conseil des Arts du Canada. Il s’agit d’une suite de quatre conversations à trois instruments sur des sujets qui provoquent l’intériorité et l’introspection intime, en même temps que la discussion heureuse. « Comme l’indique Denis Gougeon, il s’agit d’une pièce de caractère intime, représentant une conversation entre amis, » affirme Bertha Rosenohl, qui assure que l’œuvre « ne comporte pas particulièrement de difficultés techniques pour le piano, si ce n’est que dans quelques passages rythmiques. »

Selon la pianiste, la musique de Gougeon est « très claire et transparente et, grâce à une maîtrise de la connaissance des instruments, recèle une grande beauté sonore. » En fait, Bertha Rosenohl croit que « le message dans la musique de Gougeon est direct et son langage, facile à comprendre. C’est très musical! »

Mais le programme ne se circonscrit pas à la contemporanéité de Denis Gougeon. En effet, elle couvre, du point de vue des styles, trois siècles avec Alexis Contant et le romantisme du 19e siècle, et Anne Eggleston et le modernisme néo-classique du 20e. Alexis Contant (Montréal, 1858-1918), fils de musiciens amateurs, a été compositeur, organiste, pianiste et professeur de musique. Il a surtout composé des musiques d’accompagnement à l’orgue pour chœur, des pièces pour piano solo et orgue, dont son œuvre la plus célèbre La Lyre, et des musiques de chambre, dont le trio pour piano, violon et violoncelle qui sera interprété ce vendredi.

Anne Eggleston (Ottawa, 1934-1994) quant à elle, a été compositrice et professeure, et certaines de ses œuvres ont connu une grande notoriété, tel que le Quatuor à cordes qui a remporté le prix de la meilleure composition du Concours de musique originale de la radio de la SRC à Ottawa en 1964 et qui sera joué dans ce programme de chefs-d’œuvre.

Le concert sera précédé d’une visite guidée de l’exposition ‘Art québécois et canadien du XXe siècle‘ de la collection du Musée des beaux-arts de Montréal. Profitez-en!

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Un jeune « Heureux qui comme… »

Bonjour à tous!

Après l’avoir savourée à la soirée d’ouverture de la Série Hommage de la SMCQ, vous pourrez vous amuser encore une fois ce jeudi soir avec une nouvelle interprétation de la pièce Heureux qui comme… de Denis Gougeon par l’Ensemble Musique Avenir et la soprano Magali Simard-Galdès du Conservatoire de musique de Montréal sous la direction de Véronique Lacroix.

Véronique Lacroix dirigera le prochain concert de la Série Hommage.

Véronique Lacroix dirigera le prochain concert de la Série Hommage.

Pendant cette semaine de pratique, nous avons correspondu avec la directrice artistique qui croit que cette pièce écrite en 1987 est « une œuvre qui respire la joie: celle de vivre et d’aimer, de voyager, comme Ulysse, mais aussi celle d’écrire de la musique, un métier totalement naturel chez ce compositeur. »

« Le sens mélodique est plus que remarquable chez Denis Gougeon qui a aussi un don particulier pour raconter des histoires en musique, même sans aucun mot! » dit Véronique Lacroix en référence au fait que la partie de soprano de l’œuvre n’utilise que des vocalises sur des voyelles et quelques mots inventés. « Une utilisation festive du rythme est aussi l’une de ses caractéristiques, » ajoute-elle.

L’ensemble complétera ce programme avec la création Métalingua du jeune compositeur Jonathan Goulet, qui nous a parlé aussi de son œuvre: « L’idée principale était le mélange de plusieurs courants d’écriture qui ont eu une importance particulière dans l’élaboration de différents langages musicaux, tels que les techniques sérielles, spectrales, modales et tonales. Il n’existe pas réellement de fil conducteur qui dicte l’utilisation de ces techniques, la pièce est plutôt comme un terrain de jeu où différents matériaux se manifestent librement. Parfois, des styles musicaux qui sont fortement associés aux techniques choisies sont clairement évoqués, parfois ce sont carrément des pastiches et parfois le style est plus personnel, » explique Jonathan Goulet. « C’est une œuvre très habile et expressive qui emprunte principalement la forme des variations, » ajoute Véronique Lacroix.

La soprano Magali Simard-Galdès interprétera Hereux qui comme… sous la direction de Véronique Lacroix.

La soprano Magali Simard-Galdès interprétera Heureux qui comme… sous la direction de Véronique Lacroix.

Le concert terminera avec l’œuvre pour ensemble et électronique Manhattanism du compositeur canadien Alec Hall et la pièce Octuor d’Igor Fyodorovich Stravinsky car, selon la directrice, « un programme de concert est comme un bon repas: il doit y avoir une entrée, un met principal et un dessert, agrémentés d’un apéro, d’un bon vin et d’un café digestif, selon le temps qu’on a… Le Stravinsky, avec ses rythmes inspirés du jazz et son instrumentation ‘pétillante’ jumelant habilement quatre cuivres et quatre bois, fera peut-être ici office de… champagne…? » lance Véronique Lacroix. 

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Face à face

Bonjour à tous!

Cette semaine, la SMCQ vous propose un concert singulier: deux pianistes, Brigitte Poulin et Jean Marchand, interpréteront face à face cinq œuvres pour deux pianos du répertoire récent, dont une création de notre compositeur à l’honneur cette année, Denis Gougeon. Pour en savoir plus sur le concert de ce dimanche à la Salle Tanna Schulich de Université McGill, nous avons correspondu avec les deux musiciens.

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Brigitte Poulin et Jean Marchand joueront une nouvelle pièce de Denis Gougeon, Andante Sostenuto, une œuvre qui s’inspire du poème du même titre de Fernand Ouellet, tiré du recueil intitulé A l’extrême du temps. « Denis est un compositeur post-romantique à l’écriture lyrique et somptueuse. Son écriture pour clavier est toujours très pianistique, donc un pur bonheur pour les mains des exécutants! » nous raconte Jean. Pour Brigitte, cette pièce est « nostalgique et expressive, idiomatique au piano; la forme est un lied, aux contours mélodiques lents et continus; elle nous permet une capacité d’expression concentrée à la fois libre et rigoureuse, » assure-elle.

Ils interpréteront aussi un arrangement de l’œuvre Pulau Dewata de Claude Vivier fait par M. Gougeon : « L’adaptation est rigoureuse. Elle laisse une marge de manœuvre inventive au piano au niveau des articulations et des couleurs, » dit Brigitte, qui pense que Denis Gougeon « est un grand compositeur, prolifique dans des styles à approches très variées, d’une grande sensibilité et générosité. »

Le duo complétera ce programme avec des pièces de Henri Dutilleux, Georges Aperghis et Kevin Volans. « Les mots résonance, réminiscence, réflexion, absorption sont des mots qui me viennent à l’esprit pour décrire notre programme, comme un fil conducteur guide le trajet du début à la fin, » selon la pianiste. Pour Jean, Dutilleux, compositeur de Quatre figures de résonances, « se proposait d’écrire une sorte de « catalogue de résonances » en amorçant ses « Figures de résonances ». » Le pianiste ajoute que, même si son projet est demeuré inachevé, « c’est une œuvre remarquable, très achevée comme tout ce qu’a écrit le compositeur, et qui exploite, entre autres, la résonance des harmoniques du piano; véritable études de timbres, d’attaques, de couleurs. »4619372170_8b7514c5dd_b

« Alter-Face d’Aperghis est une sorte de tropisme musical. Le dialogue très serré des deux pianistes emmène peu à peu ceux-ci dans des zones troubles de dédoublement, de jeux de miroirs déformants et parfois de cache-cache très ludique. C’est une œuvre extrêmement exigeante sur le plan rythmique. Finalement, le compositeur sud-africain Kevin Volans a emprunté le titre Cicada aux toiles et dessins de Jasper Johns. L’œuvre est construite sur des cellules harmoniques répétées et dont on entend, les pianos étant placés assez loin l’un de l’autre,  les très subtiles et sensibles métamorphoses qui finissent par créer un halo harmonique très poignant, » explique Jean Marchand.

La préparation technique du concert a été possible grâce au soutien de la Faculté de musique d’École Schulich de l’Université McGill, où ils sont professeurs. « La collaboration de deux pianistes exige énormément de travail de mises au point de jeu pianistique, d’équilibre sonore, de recherche commune de timbres, d’attaques, de phrasés, de respirations pour finalement devenir un seul pianiste à deux têtes. Cette collaboration avec Brigitte, ma seconde, demeure un pur bonheur artistique, » remarque Jean. Le concert sera précédé par une table ronde à 14h avec John Rea, Denis Gougeon et Louise Bessette animée par Walter Boudreau. Profitez-en!

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Denis au son du saxo

Bonjour à tous!

Après le succès du concert du duo aTonalHits, nous continuons notre Série hommage avec le quatuor de saxophones Quasar, qui est maintenant en tournée. Pour en savoir plus sur le prochain concert du vendredi 29 à Chapelle historique du Bon-Pasteur, nous avons correspondu avec la directrice artistique de l’ensemble, Marie-Chantal Leclair, qui nous a parlé des œuvres au programme.

Quasar commencera son concert avec Quatre inventions (1993) de notre compositeur à l’honneur, Denis Gougeon, près de 20 ans après sa création. C’est d’ailleurs une des premières œuvres que l’ensemble ait créées: « Pour un jeune ensemble à ses tout débuts, le fait de pouvoir jouer une œuvre d’un compositeur qui, déjà en 1994, avait une solide notoriété, était une formidable opportunité. Nous l’avons joué à de nombreuses reprises dans les premières années d’existence du quatuor et nous sommes très heureux de la revisiter dans le cadre de la Série hommage, » nous raconte Marie-Chantal.

Le quatuor de saxophones Quasar photographié par François Morin.

Le quatuor de saxophones Quasar photographié par François Morin.

« Il faut dire que la pièce a été commandée par le Quatuor de saxophones de Montréal au sein duquel œuvrait Walter Boudreau, actuel directeur artistique de la SMCQ, au saxophone baryton. Cependant, lorsque l’œuvre fut livrée, le quatuor avait cessé ses activités. Nous en avons donc en quelque sorte hérité, » exprime fièrement la directrice artistique de Quasar.

Comme il est courant pendant la Série hommage, l’ensemble a aussi travaillé la pièce avec le compositeur, « qui a fait preuve de beaucoup de générosité, car Denis aime les interprètes, » exprime Marie-Chantal. La pièce, écrite, comme le dit Denis Gougeon lui-même, pour « le pur plaisir de l’invention, » est constituée de quatre mouvements (Invention à 1 voix, Invention à 2 voixInvention à 3 voix et Invention à 4 voix), même si les quatre musiciens jouent dans toutes les inventions. « Il s’agit d’une musique très rythmique et énergique qui demande beaucoup de précision de la part des musiciens tant au niveau de l’intonation (invention à une voix ou unisson) que du rythme (hoquet ou alternance d’une ligne mélodique par plusieurs voix, etc.), » raconte Marie-Chantal.

« La première invention est une grande mélodie, qui est doublée, triplée ou quadruplée. Dans la troisième, toutes les possibilités du trio sont exploitées. La quatrième  invention commence par une courte section lente – la seule section lente de toute la pièce – qui s’enchaîne avec une section rapide. Le compositeur s’est lui-même imposé la contrainte des inventions. Ça devient donc un jeu d’écriture en quelque sorte, » dit la saxophoniste.

Quasar complétera le concert avec les créations Cathédrale-Lumière d’Analía Llugdar et La robe cathédrale de David Adamcyk à qui on a demandé de s’inspirer de l’œuvre Robe cathédrale de l’artiste visuelle Carole Simard-Laflamme. Il s’agit de la première phase d’un projet du quatuor, qui se complétera avec une seule œuvre (un concert entier) réalisée en tandem par David Adamcyk et Analía Llugdar.

« Les compositeurs ont de multiples sources d’inspiration pour transposer les éléments visuels en musique, pour les faire vibrer et résonner. Robe cathédrale est constituée de 12 rangées comprenant chacune 8 modules et chaque module peut devenir une partition sonore à interpréter. Textures textiles, couleurs, motifs, architecture, seront autant de concepts à transformer en timbres, rythmes, leitmotiv et forme, » exprime Marie-Chantal Leclair. Le concert finira avec l’œuvre Mercure, de Denis Gougeon pour saxophone alto solo, qui sera interprété par Mathieu Leclair.

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Allons voyager!

Bonjour à tous!

En provenance de New York, le duo aTonalHits nous propose de faire un petit voyage du Québec jusqu’en Europe de l’Est. Invités à Montréal par Maxime McKinley, compositeur en résidence à la Chapelle historique du Bon-Pasteur, le pianiste Illya Filshtinskiy et la violoniste Katha Zinn joueront ce vendredi soir une des plus récentes compositions de Denis Gougeon, Chant du cœur. Pour vous les présenter, on a correspondu avec les musiciens qui nous ont parlé des œuvres au programme.

Le pianiste Illya Filshtinskiy et la violoniste Katha Zinn joueront 'Chant du cœur' de Denis Gougeon.

Le pianiste Illya Filshtinskiy et la violoniste Katha Zinn joueront ‘Chant du cœur’ de Denis Gougeon.

« Comme le nom de notre groupe indique, nous jouons souvent de la musique nouvelle. Nous avons donc décidé d’assembler les œuvres de notre répertoire existant à des œuvres de compositeurs québécois, en fonction des styles. De cette façon, nous avons voulu souligner les parallèles existant entre les œuvres, même si elles sont dans des mondes différents. Nous aimons bien ​​la musique de l’Europe de l’Est et nous l’insérons souvent dans nos concerts, surtout des œuvres d’Alfred Schnittke, à qui nous avons consacré notre premier album, » nous a raconté Katha.

Sachant que Denis Gougeon est le compositeur à l’honneur cette année, le duo a cherché avec Maxime McKinley une pièce qui cadrerait avec son répertoire. « Dans le programme, nous essayons d’agencer chaque compositeur québécois à un compositeur de Europe de l’Est et nous avons pensé que le style de Gougeon pourrait convenir parfaitement à la musique d’Arvo Pärt. Ils ont tous deux certaines qualités du minimalisme, une répétitivité qui inspire une certaine spiritualité. Chant du Coeur s’adapte particulièrement bien à la programmation et nous pouvons les jouer ensemble, » disent les musiciens.

« Chant du Coeur a deux mouvements – le premier est lent, méthodique, avec des filets de notes qui tombent les unes dans les autres, ce qui crée une très belle forme de méditation. Je ne pense pas que cela importe quelle partie (piano ou violon) porte la mélodie ou l’accompagnement, car les deux lignes s’entremêlent pour créer une certaine incorporéité que Gougeon semble rechercher, » a expliqué Katha. Dans la deuxième partie de l’œuvre, écrite à la mémoire des parents de Denis Gougeon, le compositeur utilise les premières notes de Flow my tears du compositeur baroque John Dowland. « Cela me rappelle le style de Pärt, dont les œuvres sont souvent qualifiées de néo-médiévales, » raconte la violoniste.

Le duo aTonalHits offrira un concert ce vendredi soir à la Chapelle du Bon-Pasteur.

Le duo aTonalHits offrira un concert ce vendredi soir à la Chapelle du Bon-Pasteur.

Fratres  d’Arvo Pärt, Portrait of a Sentimental Musician in a Distorting Mirror de Jean Lesage,  Les Pavements de Saint Marco et la Sonata No.1 pour violon et piano de Maxime McKinley et la Sonata No. 5 pour piano solo de Galina Ustvolskaya et de Maxime McKinley complèteront le programme. « L’œuvre de Lesage me rappelle beaucoup le Duo for Violin and Piano d’Elliott Carter, en le sens qu’elle est très lyrique, la « mélodie » passant d’un instrument à l’autre, mais beaucoup plus tonal que le Duo de Carter, » dit Katha. Pour la violoniste, le travail de McKinley est « plus cyclique que non-répétitif, » et les deux instruments suivent une série de figures répétées et une ligne crescendo – decrescendo progressive. De son coté,  Fratres  d’Arvo utilise un cadre similaire, structuré sur une seule progression d’accords en répétition à travers de nombreuses variations.

Le concert aura lieu ce vendredi soir à 20h à la Chapelle du Bon-Pasteur de Montréal. Profitez-en!

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Le «Piano-soleil» inspirateur

Bonjour à tous!

S’il y a une oeuvre de Denis Gougeon que nous aimons bien, c’est bien Six thèmes solaires, une pièce composée à la demande du Concours de musique du Canada pour l’épreuve «Tremplin international» de 1990. Si vous l’aimez aussi, vous aurez l’occasion de l’écouter ce vendredi soir au concert de l’orchestre de chambre montréalais Ensemble Arkea à la Chapelle historique du Bon-Pasteur. Pour en savoir davantage, nous avons rencontré Dina Gilbert, fondatrice et directrice artistique de l’ensemble, qui, à 28 ans, est aussi assistant-chef à l’Orchestre Symphonique de Montréal.

Dina Gilbert dirigera l'Ensemble Arkea ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

Dina Gilbert dirigera l’Ensemble Arkea ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

La première partie du concert sera consacrée aux Six thèmes solaires, qui, selon Dina Gilbert, « permettent de démontrer la virtuosité et l’expression de dix instruments solistes (piano, flûte, clarinette, cor, saxophone, trompette, violon, alto, violoncelle et voix), » parfois accompagnés par le piano. La première de ces dix pièces, Piano-Soleil, est aussi la plus importante car elle génère la musique de toutes les autres planètes qui sont donc des variations sur la musique du soleil. Selon Dina Gilbert, le Piano-Soleil « est certainement l’élément initial de tout le cycle. D’ailleurs plusieurs créations de la deuxième partie du concert ont pris naissance d’un thème, d’un accord, ou encore d’une citation de Piano-Soleil. La pièce déborde d’énergie et est elle très lumineuse! »

« Denis Gougeon a composé de sorte à ce que chacun des instruments soit jumelé à une des planètes du système solaire. C’est donc une occasion unique de présenter le talent de musiciens de l’Ensemble Arkea, à titre de solistes pour une première moitié de concert, » explique Dina. « Grâce à l’excellente écriture de Denis Gougeon, elles sont accessible à tous les publics. De plus, tous les solistes de l’Ensemble Arkea sont enthousiastes de participer à un concert hommage à ce grand compositeur, » dit-elle.

Mais, en quoi se démarque Gougeon des autres compositeurs? « La musique contemporaine n’est pas toujours facile! Que ce soit pour l’exécuter ou encore pour l’entendre, je crois que Denis Gougeon est l’un des compositeurs du moment qui nous permet de réconcilier tous les publics avec la musique contemporaine. Même si sa musique est virtuose, elle est toujours agréable à interpréter. Sa musique prend rapidement vie puisqu’elle est bien écrite et évoque plusieurs caractères. De plus, le public est charmé dès les premières écoutes de ses œuvres, et c’est sans doute la clé de son succès depuis toutes ces années. »
L'Ensemble Arkea jouera le "Six thèmes solaires" ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

L’Ensemble Arkea jouera « Six thèmes solaires » ce vendredi soir. PHOTO: Denis-Carl Robidoux

Dans la deuxième partie du concert, le public pourra entendre pour la première fois six nouvelles créations composées par des anciens élèves de la classe de composition de Denis Gougeon, ou encore des étudiants actuels. « Nous leur avons demandé d’écrire une courte pièce pour quintette à cordes, piano, flûte, clarinette et cor, inspirée des Six Thèmes Solaires de Denis Gougeon afin de lui écrire un hommage. Chacun d’entre eux s’est inspiré d’un matériau différent (thème, énergie ou encore une citation d’un mouvement spécifique) de l’oeuvre. Les pièces sont toutes très intéressantes et différentes puisque les compositeurs ont chacun un langage unique dans lequel on a toutefois glissé ça et là des éléments de la musique de Denis Gougeon. Ils ont tous travaillé avec cœur dans ce projet, car Denis compte beaucoup pour eux. C’est vraiment un plaisir d’interpréter la musique de compositeurs de la relève aussi talentueux. Nous avons beaucoup de plaisir avec eux à chacune des répétitions. » nous a raconté Dina Gilbert.

Dans ce concert, il y aura aussi une touche de multimédia préparé par Marc-Antoine Doyon. « Le sujet du « système solaire » permet facilement d’évoquer une multitude d’images, c’est pourquoi nous avons voulu apporter un autre élément afin de stimuler l’imagination des spectateurs. Les vidéos agiront à titre de toile de fond de chacun des mouvements afin d’accompagner la musique plutôt que de la masquer. Nous ne voulions surtout pas détourner l’attention des spectateurs de l’élément fondamental : la musique. Nous croyons que le résultat créé par Marc-Antoine Doyon et son équipe est tout simplement unique car ils ont trouvé des éléments du très grand (de l’univers) en filmant des objets très petits… vous devez assister au concert pour mieux comprendre! » Profitez-en!

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