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Un jeune « Heureux qui comme… »

Bonjour à tous!

Après l’avoir savourée à la soirée d’ouverture de la Série Hommage de la SMCQ, vous pourrez vous amuser encore une fois ce jeudi soir avec une nouvelle interprétation de la pièce Heureux qui comme… de Denis Gougeon par l’Ensemble Musique Avenir et la soprano Magali Simard-Galdès du Conservatoire de musique de Montréal sous la direction de Véronique Lacroix.

Véronique Lacroix dirigera le prochain concert de la Série Hommage.

Véronique Lacroix dirigera le prochain concert de la Série Hommage.

Pendant cette semaine de pratique, nous avons correspondu avec la directrice artistique qui croit que cette pièce écrite en 1987 est « une œuvre qui respire la joie: celle de vivre et d’aimer, de voyager, comme Ulysse, mais aussi celle d’écrire de la musique, un métier totalement naturel chez ce compositeur. »

« Le sens mélodique est plus que remarquable chez Denis Gougeon qui a aussi un don particulier pour raconter des histoires en musique, même sans aucun mot! » dit Véronique Lacroix en référence au fait que la partie de soprano de l’œuvre n’utilise que des vocalises sur des voyelles et quelques mots inventés. « Une utilisation festive du rythme est aussi l’une de ses caractéristiques, » ajoute-elle.

L’ensemble complétera ce programme avec la création Métalingua du jeune compositeur Jonathan Goulet, qui nous a parlé aussi de son œuvre: « L’idée principale était le mélange de plusieurs courants d’écriture qui ont eu une importance particulière dans l’élaboration de différents langages musicaux, tels que les techniques sérielles, spectrales, modales et tonales. Il n’existe pas réellement de fil conducteur qui dicte l’utilisation de ces techniques, la pièce est plutôt comme un terrain de jeu où différents matériaux se manifestent librement. Parfois, des styles musicaux qui sont fortement associés aux techniques choisies sont clairement évoqués, parfois ce sont carrément des pastiches et parfois le style est plus personnel, » explique Jonathan Goulet. « C’est une œuvre très habile et expressive qui emprunte principalement la forme des variations, » ajoute Véronique Lacroix.

La soprano Magali Simard-Galdès interprétera Hereux qui comme… sous la direction de Véronique Lacroix.

La soprano Magali Simard-Galdès interprétera Heureux qui comme… sous la direction de Véronique Lacroix.

Le concert terminera avec l’œuvre pour ensemble et électronique Manhattanism du compositeur canadien Alec Hall et la pièce Octuor d’Igor Fyodorovich Stravinsky car, selon la directrice, « un programme de concert est comme un bon repas: il doit y avoir une entrée, un met principal et un dessert, agrémentés d’un apéro, d’un bon vin et d’un café digestif, selon le temps qu’on a… Le Stravinsky, avec ses rythmes inspirés du jazz et son instrumentation ‘pétillante’ jumelant habilement quatre cuivres et quatre bois, fera peut-être ici office de… champagne…? » lance Véronique Lacroix. 

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Fantaisie orchestrale pour tous les sens

Ce n’est pas la première fois que la directrice artistique et chef Véronique Lacroix marie musique contemporaine avec univers visuel lors des concerts de l’Ensemble contemporain de Montréal (ECM+). Après l’opéra bédé Les Aventures de Madame Merveille (2010) et Les Cinq As (2011), elle nous présente maintenant L’Amour sorcier, fantaisie orchestrale avec grand écran. Ce spectacle, conçu en « forme d’arche »  autour de l’œuvre de Manuel de Falla du même nom, intègre des créations d’Analia Llugdar et d’Andrew Staniland ainsi que Nine Proverbs d’Ana Sokolović, comme autant de « fenêtres » ajoutant une autre dimension à la musique de ballet de Falla.

Mais revenons à l’aspect visuel qui a particulièrement piqué ma curiosité lorsque je me suis entretenue au téléphone avec Mme Lacroix et qui est en train de devenir la marque de l’ECM+. Pourquoi est-ce important pour elle de développer autant l’approche scénographique de ses concerts? Elle me dit que depuis le début de la fondation de l’ECM+, il y a 25, elle a toujours eu le souci d’avoir un fil conducteur lors de ses concerts. Ces dernières années, avec l’ajout d’un écran transparent qui permet de projeter des images tout en laissant paraître l’orchestre derrière en filigrane, c’est tout le monde de l’image qui s’est venu s’ajouter pour renforcer l’unité du spectacle.

Elle m’explique les vertus de son approche, particulièrement en musique contemporaine :
« La musique savante cherche volontairement à dépasser les frontières, à trouver des sons inouïs qui confrontent l’auditeur à l’inconnu. Comme l’oreille est le sens le plus craintif – celui qui détecte les pas d’un malfaiteur qui nous suit dans la rue ou qui nous réveille en pleine nuit lorsqu’un intrus entre chez nous – il est un de ceux qui suscite le plus facilement le sentiment de la peur. La musique contemporaine, formée de codes langagiers non familiers, devient donc facilement un terrain peu rassurant pour notre subconscient. Le fait de développer une partie visuelle pour accompagner le concert a pour effet de rassurer le nouveau venu à cette recherche intense de sonorités et de le guider dans son voyage imaginaire. »

Cette fantaisie orchestrale serait donc un excellent moyen pour les non-initiés de goûter à la musique contemporaine, et pour tous, de vivre une expérience qui sort de l’ordinaire.

L’Amour sorcier sera présenté mercredi à la Salle Pierre-Mercure.

Pour un aperçu vidéo du concert cliquez ici .

par Claire Cavanagh

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