BACH ET VOS CELLULAIRES

Pouvez-vous imaginer une œuvre baroque interprétée comme la musique du XXIe siècle? Pouvez-vous visualiser une pièce de musique de Bach jouée avec vos cellulaires? C’est maintenant possible. Le téléphone bien tempéré est une proposition du directeur artistique de la SMCQ Walter Boudreau et du compositeur québécois Yves Daoust qui se sont inspirés du célèbre premier Prélude et Fugue du Clavier bien tempéré du compositeur allemand J.S. Bach.

Ainsi, l’auditeur peut écouter la fameuse mélodie avec les timbres connus de l’orgue, du clavecin et du quintette à vents, mais aussi de la sonnerie électronique du cellulaire. Cette œuvre est spéciale parce qu’elle a besoin de l’auditeur pour être complète: le public « joue » du téléphone cellulaire et, surtout, doit suivre les indications du chef d’orchestre. De cette façon, Le téléphone bien tempéré fonctionne et le public fait partie d’une œuvre monumentale.

C’est une œuvre très spéciale. C’est la sonorité du XVIIIe siècle mélangée avec la sonorité électronique du XXIe siècle. C’est l’héritage de la musique baroque européenne et l’innovation de la musique contemporaine américaine. C’est l’intégration du passé et de la modernité. C’est la revisitation du monde de Bach à partir de l’avant-garde. Écoutez-la et vous me comprendrez.

Le téléphone bien tempéré a été joué pour la première fois lors du festival MNM 2011 et pourra être entendu le jeudi 23 mai prochain pendant le soirée bénéfice de la Société de musique contemporaine de Québec, sous la direction de Walter Boudreau. Ce sera aussi l’occasion de fêter le vingt-cinquième anniversaire de Boudreau à la SMCQ.

[Ce concert sera uniquement pour les membres et donateurs de la SMCQ, mais les diffuseurs sont invités à programmer ce spectacle aussi.]

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Le compositeur globe-trotteur

Cythares, DJs, haïku japonais, djembe, mantras… le compositeur du XXIe siècle a accès du bout des doigts à d’innombrables sources d’inspiration musicales venant des quatre coins du globe! Sandeep Bhagwati, directeur du Matralab et membre du comité artistique de la SMCQ, s’intéresse entre autres à ces influences internationales qui apportent à nos musiques – hybrides -  d’aujourd’hui toute leur richesse.

Mais comme la musique vaut mille mots, je vous laisse écouter une œuvre de Sandeep Bhagwati, Warning Written on the Wind (2013) qui, «comme toute musique, est littéralement écrite sur le vent, aussi évasive et inconcluante que les résolutions (sur les changements climatiques) énoncées à Kyoto, Rio, Copenhague et Doha… » Entendez-vous toutes les influences culturelles qui teintent cette œuvre?

Sandeep Bhagwati présente demain une conférence sur la musique glocale (sujet qu’il avait aussi abordé au festival Montréal/Nouvelles Musiques 2013),  au ZKM_Cube (en Allemagne), à 17h. Entrée libre.

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La découverte de Cléo Palacio-Quintin!

« Je viens de découvrir le premier disque monographique de la compositrice britannique Manuella BlackburnFormes audibles, paru sur l’étiquette empreintes DIGITALes (IMED 12117) en 2012. Tout le disque est superbe, mais j’ai particulièrement « accroché » sur Switched on (2011)  (oeuvre finaliste à Gaudeamus Musiekweek 2012).
Cliquez sur l'image pour écouter l'extrait musical.

Manuella Blackburn, compositrice
Cliquez sur l’image pour écouter l’extrait musical.

Cette pièce est un fabuleux montage de sons de commutateurs, cadrans et boutons, savamment enrobés de fourmillements électriques. Les sons « regroupés en grappes complexes, cascades et explosions » créent un monde ludique et animé. On a l’impression qu’Alice au pays des merveilles est entrée dans une boîte à musique! »
Merci à Cléo Palacio-Quintin, compositrice et membre du comité artistique de la SMCQ, pour cet extrait musical!

La semaine de l’action bénévole

Cette semaine, nous soulignons le travail formidable et indispensable de nos bénévoles! Saviez-vous que depuis septembre 2012, 30 bénévoles ont donné plus de 900 heures à la SMCQ? Mais qui sont ces «anges» qui travaillent dans l’ombre? Ils viennent de tous les horizons et leurs talents sont tout aussi variés. Christian, Hourshid, Mehrshid, Emeline, Peggy, Hugo et notre chère blogueuse, Louise, partagent avec vous leur expérience, et nous en profitons pour les remercier chaleureusement!
Claire - Responsable des bénévoles

action bénévole

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Christian Desrosiers, bénévole au bureau depuis trois ans à la numérisation des partitions, aux relectures et à tout ce qui peut aider :

« Ce que j’apprécie de mon action bénévole c’est la convivialité, l’esprit d’équipe et la bonne humeur qui règne au bureau. De plus, mon travail me met à jour avec le XXIe siècle et sa technologie. »

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Les soeurs jumelles Hourshid et Mehrshid Afrakhteh, bénévoles depuis deux ans à l’accueil des concerts et au salon MNM, en plus d’être tourneuses de pages :

« Nous avons eu le plaisir de faire partie des bénévoles de la SMCQ depuis l’année 2011. Rencontrer l’équipe de la SMCQ et côtoyer les artistes ainsi que le public nous ont fait vivre de grands moments. Merci à la SMCQ! Au plaisir de continuer avec vous tous! »

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Emeline Dalmaz, bénévole au bureau depuis un mois à la mise à jour des bases de données :

« Récemment arrivée au Québec, mon bénévolat me permet de me familiariser avec l’environnement professionnel québécois et de reprendre un rythme de travail. En plus d’acquérir une nouvelle compétence professionnelle, je découvre la culture québécoise. J’aime aussi l’ambiance conviviale et extrêmement sympathique qui règne au bureau. »

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Peggy Niloff, bénévole depuis quatre ans à la traduction de nombreux documents du français vers l’anglais :

« My volunteer experience (over 4 years now!) with the SMCQ has been terrific. I mainly work with the communications team, doing up the English version of the monthly "Infolettre" as well as many other projects, as needed. My experience has greatly enhanced my knowledge of and appreciation for contemporary music. Plus the team is great to work with! »

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Hugo Lavallée, bénévole depuis huit mois à la traduction de l’anglais vers le français et à la révision du magazine du festival MNM :

« Mon bénévolat pour la SMCQ me plonge dans une toute nouvelle réalité. J’avance pas à pas dans ce nouvel univers fascinant, à mille lieues de mon travail dans le domaine de la comptabilité. En somme, mon bénévolat me permet d’élargir mes horizons. »

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Ginette Bouchard, bénévole depuis neuf mois, aux envois postaux, appels téléphoniques et classification de photos :

« J’aime beaucoup mon bénévolat. La SMCQ est l’endroit idéal pour m’impliquer dans ce que j’aime : les arts. L’équipe est également formidable, c’est un plaisir de travailler elle ! »

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Louise Duflot (moi, héhé!), bénévole au bureau depuis sept mois à la rédaction du blogue et à tout ce qui peut aider :

« C’est mon dernier jour aujourd’hui alors j’en profite pour dire au revoir ! Un grand merci à l’équipe et aux lecteurs du blogue qui m’ont permis de mettre en pratique mes connaissances en communications, d’en apprendre beaucoup sur la musique contemporaine et de m’amuser ! Une super équipe dans laquelle on m’a intégrée dès le premier jour…ça va me manquer. »

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L’extrait musical du mardi

Aujourd’hui je vous propose un extrait de la pièce Traces II de Keith Hamel. En tant qu’ancienne clarinettiste, ce morceau ravive en moi de vieux souvenirs ! Mon professeur, Roland Pinsard, serait fier de voir que j’apprécie enfin la musique contemporaine (ce n’était pas une partie de plaisir à l’âge de 15 ans…) !  Et ce morceau me donne l’envie de rejouer les partitions qui prennent la poussière dans mon placard…

Revenons-en à nos moutons. Keith Hamel, c’est un compositeur canadien, professeur à l’Université de Colombie-Britannique, qui a pour particularité d’être également un ingénieur informatique. Sa musique se consacre à l’association d’instruments acoustiques et d’ordinateurs. Il écrit aussi bien pour orchestre que pour solo ou voix.

Traces 2 Keith Hamel

Traces II de Keith Hamel avec partition électronique

Traces II a été composée en 1995 pour clarinette et électroniques interactifs. Les techniques utilisées par la clarinette sont très belles et complexes. Sur la photo ci-dessus, on peut visualiser les différents logiciels informatiques (en haut), la partition et le clarinettiste (François Houle) qui interprète la pièce, et que le compositeur appelle "environnement de performance musicale interactive intégrée". D’après mes recherches et ce que j’en ai compris, un premier logiciel enregistre la performance en direct, puis envoie des informations à un second logiciel pour lui permettre de suivre le déroulement de la performance sur la partition (on peut voir le trait épais). Enfin, un troisième logiciel traite les sons et déclenche des extraits musicaux, les sons que l’on entend et qui ne sont pas de la clarinette. C’est donc la machine qui s’adapte pour suivre le musicien ! Pour plus d’informations rendez-vous ici (uniquement en anglais).

Une oeuvre complexe à écouter en toute simplicité !

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4:33

La semaine dernière, j’écoutais pour la première fois 4:33 de John Cage. Ma réaction première fut la colère. Celle de me dire qu’il était impensable d’oser présenter une telle création à un public. J’ai trouvé obscène l’argent qui y a été dépensé, arrogant d’y impliquer un orchestre et prétentieux que le public puisse applaudir.

quatre minutes trente trois

Cliquez pour visionner le concert

Alors j’ai lancé le débat avec mes amis et l’une d’entre eux a écrit ceci : « Le vrai silence n’existe pas, et c’est que John Cage expérimente ici. Pendant que tu écoutes ce « silence », tu prends soudain conscience de tous les sons qui t’entourent. Et la salle de concert amplifie encore plus ta propre réalité physique. C’est à la fois étrange et intéressant. »

J’ai beaucoup aimé ce qu’elle a écrit et cela m’a incité à me renseigner sur cette pièce si particulière. J’ai appris que John Cage à tout d’abord commencé cette expérience à Harvard, dans une salle absorbant les sons, ne laissant place à aucun écho. Seulement, il dit avoir entendu deux sons : un haut, un bas. L’ingénieur de la salle lui expliqua alors que le premier était son système nerveux et le second la circulation de son sang.

John Cage a alors voulu faire comprendre au public que la musique ne s’arrête jamais, qu’elle continuera même après sa mort. C’est cette impossibilité du silence l’a mené à créer 4:33.

Ainsi, après avoir eu ces explications sur ce que je qualifie de portée philosophique de l’œuvre, je comprends pourquoi cette pièce a été créée. L’expérience et le cheminent de pensée du compositeur est aussi bien poétique que scientifique.

Mais des questions se soulèvent encore en moi : le bruit, aussi omniprésent qu’il soit, est-il musique (j’y consacrai un article la semaine prochaine) ? N’est-ce pas une expérience qui doit rester personnelle ? Peut-on la partager ?

Je persiste à trouver l’expérience collective absurde et non pertinente. Je reste également persuadée que la renommée du compositeur est la quasi unique raison pour laquelle des gens et l’orchestre se sont déplacés. Cette pièce est pour moi la limite de ce que l’on peut proposer et qualifier de musique.

J’exprime mon opinion strictement personnelle ici et j’aimerais vraiment lire ce que vous en pensez et connaître votre ressenti sur cette pièce. N’hésitez donc pas à commenter ! 

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L’extrait musical de Nicolas Gilbert

Aujourd’hui, faisons place à Nicolas Gilbert, compositeur et membre du comité artistique de la SMCQ. Il nous parle de son expérience incroyable vécue lors du festival Montréal/Nouvelles Musiques 2005. 

Grisey compositeur

Gérard Grisey

«Sortir d’un concert complètement bouleversé, avec l’impression que quelque chose a changé (autour de nous? en nous?), ça n’arrive pas si souvent. Mais ça arrive, Dieu merci. Je me souviendrai toujours du concert du 3 mars 2005, pendant le Festival MNM, où Ingrid Schmithüsen et l’ensemble de musique contemporaine de McGill (sous la direction de Denys Bouliane) avaient livré une interprétation magnifique des Quatre chants pour franchir le seuil, de Gérard Grisey. Dans le hall, après le concert, nous étions plusieurs à avoir du mal à parler, la gorge encore nouée d’émotion.»

La nouvelle pièce de Nicolas Gilbert Vertiges sera jouée le 21 avril à Lennoxville au théâtre Centennial et le 1er mai, à la Salle Pierre-Mercure de Montréal. Pour plus d’informations rendez-vous ici

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4 blogues qu’on aime partager avec vous

Avant toute chose, rappelons que ce blogue est un espace de partage, d’échange et de discussion autour de la musique contemporaine. C’est pourquoi, je vous propose aujourd’hui de découvrir d’autres espaces comme celui-ci en vous présentant 4 blogues qui traitent de la musique contemporaine mais tous sous un angle différent.

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1.    Musiquecontemporaine.info, le site des amateurs de Musique Contemporaine

Ce blogue est une mine d’or pour tous ceux qui souhaitent en savoir plus sur la musique contemporaine. On y parle d’histoire, d’actualité et de la diversité géographique de la musique contemporaine. On y donne aussi des conseils et des analyses sur un nombre incroyable d’œuvres classées par genre (orchestre-groupe, orchestre-soliste, ensemble, chambre, solo et voix).

Les + : pour chaque œuvre répertoriée, une analyse complète est donnée en plus de fournir des informations sur l’importance de l’œuvre, son accessibilité d’écoute et sa nouveauté.

Les - : L’interface n’offre pas un design attrayant. L’information est parfois dure à dégager de par la densité d’information proposée. Mais n’abandonnez pas, ça vaut la peine d’être visité.

le site des amateurs de Musique Contemporaine

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2.    Dissonances

A l’origine du blogue se trouve la radio parisienne libre et indépendante Aligre 93.1fm. Leur site web regorge d’extraits musicaux. Quant au blog, il nous offre des analyses détaillées d’œuvres et de créations originales de grands compositeurs, le tout très bien écrit.

Les + : un contenu très professionnel et facile à lire.

Les - : Le site web de l’émission radio et le blog ne devraient faire qu’un.

Cliquez sur la photo pour accéder au blogue

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3.    Music from other minds

Ce blogue est né lui aussi d’une radio et cette fois-ci, de San Francisco. Chaque article est consacré à leur programmation passée ou à venir, offrant au lecteur la possibilité d’écouter l’œuvre sur piste audio, le tout agrémenté de quelques photos. Le blogue est rédigé en anglais mais il est très facile d’utilisation, même pour ceux qui ne maîtrisent pas la langue de Shakespeare.

Les + : une offre d’écoute de qualité en quantité en toute simplicité.

Les - : on aurait envie d’un peu plus d’explications sur les œuvres.

Kalw 91.7

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4.    Comptradio : musique contemporaine à la radio

Ce blogue est une initiative originale. Chaque semaine, l’auteur propose une grille horaire pour pouvoir écouter de la musique contemporaine à la radio. Les horaires sont ceux de France mais rien ne vous empêche la plupart du temps de les écouter en ligne l’après-midi du Québec.

Les + : une programmation pour chaque jour de la semaine.

Les - : il n’y a pas de lien qui redirige vers les radios disponibles en ligne, ni leur fréquences, c’est donc à vous de chercher.

Musique contemporaine radio

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Je vous suggère également Cette ville étrange, mais le blogue semble défectueux pour le moment, en espérant qu’il ne soit pas clos.

J’espère que ma sélection vous plait et vous permettra d’élargir vos horizons en musique contemporaine.

Je tiens à préciser que cette liste n’est pas exhaustive et ne reflète pas la qualité et la quantité des blogues consacrés à la musique contemporaine. Cette sélection est entièrement subjective.

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L’extrait musical du mardi

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir le compositeur italien Salvatore Sciarrino et la pièce Anamorfosi. Je vous mets au défi avec une devinette, découvrez-là en fin de l’article ! 

Salvatore Sciarrino composer

Salvatore Sciarrino est un compositeur originaire de Palerme, en Italie. Autodidacte, il crée ses propres compositions dès l’âge de douze ans, ce qui lui vaut le surnom de « l’enfant prodige ». Il définit la mission de sa musique comme étant une écoute différente pour accéder à une autre prise de conscience de la réalité et de soi. Sa grande originalité lui vaut de n’être affilié à aucun courant musical défini. Son abondante discographie compte plus de cent disques en plus d’avoir publié des articles, essais et textes.

Le compositeur classe sa musique selon les genres suivants :

  • Opéra théâtral
  • Répertoire symphonique
  • Musique pour chœur et ensemble vocal
  • Musique de chambre
  • Musique pour instrument solo
  • Cadences, fioritures et élaborations
  • Musique de scène et radiophonique
  • Musique électronique

Anamorfosi, « anamorphose » en français, est né du mot grec anamorphoein qui signifie transformer et du suffixe –ose. L’anamorphose est la déformation réversible d’une image, généralement à l’aide d’un système optique.  Dans l’extrait que je vous propose, Salvatore Sciarrino a appliqué cette définition à sa musique. Il reprend différentes œuvres très connues pour n’en former qu’une.

Saurez-vous me dire de quelles œuvres il s’agit ? 

Photo (via)

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Entrevue avec Jacinthe Thibault, soprano

Aujourd’hui, nous recevons Jacinthe Thibault, la soprano qui accompagnera Quasar dans l’Océantume.  Elle nous parle de son processus d’appropriation de l’œuvre complexe de Luc Marcel.

Jacinthe Thibault soprano

« L’Océantume, c’est dix mois de travail, un processus en plusieurs temps. En 2009, on a interprété la première partie, aujourd’hui nous voilà pour la seconde et tout cela a beaucoup mûri.

J’ai commencé mon approche de l’œuvre en établissant un contexte, en allant à la source de l’histoire. À la première lecture, je suis restée perplexe. Malgré tout, l’œuvre m’a beaucoup touchée, la langue était magnifique. Il est vrai qu’on ne travaille que sur deux pages du livre de Réjean Ducharme pour la version musicale, mais il est indispensable d’avoir une compréhension globale de l’œuvre pour traduire les émotions des personnages. Ma partie de soprano est l’interprétation de la personnalité très complexe de Iode, une jeune fille de 10 ans, pour qui la vie n’est pas facile. Elle est révoltée au dernier degré et possède une imagination débordante et réactionnaire. Mon rôle est de la suivre dans son aventure imaginaire et de la comprendre. Il faut trouver où sont les ressources émotionnelles nécessaires pour transmettre le caractère et les émotions du personnage. C’est un processus de création continu pour lequel l’interprétation est toujours nouvelle.

Ensuite, j’ai dû maîtriser le medium qu’est la musique contemporaine. La voix est un instrument organique unique dont on a le propre contrôle. On cible les difficultés techniques, on procède par automatismes, on s’assure que la voix soit bien placée. Dans l’Océantume, Luc Marcel traite la voix comme instrument (matériel), ce qui est bien moins singer friendly. L’écriture est extrêmement complexe, avec des notes tenues au moins une dizaine de fois et ça requiert une technique exigeante. Ici, ça n’est pas de la musique classique où l’on peut apprendre par cœur. L’œuvre de Luc Marcel est faite pour être imprévisible : on ne peut jamais oublier d’arrêter de compter et d’avoir la bonne note.

Enfin, ma relation avec Quasar est la clef de voûte de mon travail. Le quatuor offre une texture très dense, pour laquelle il faut faire appel à beaucoup de projection, de "focus" de voix. Mais ma relation avec le quatuor a mûri, on s’est apprivoisés. C’est notre troisième collaboration, et c’est toujours aussi beau. Le quatuor est réellement impressionnant, formant à eux seuls un orchestre, pouvant faire quelque chose de tout. Ils sont très complets. Quant à Louise-Andrée Baril, la pianiste, elle est incroyable. Elle maîtrise remarquablement la complexité de la pièce et offre au piano tout son sens d’instrument de percussion.

On espère que notre travail permettra au public de recevoir l’histoire comme il le faut. J’ai hâte !»

Retrouvez Jacinthe Thibault, Louise-Andrée Baril et Quasar le 7 avril prochain au Théâtre Rouge du Conservatoire du musique de Montréal pour le concert de l’Océantume.

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