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Cabaret Techno-LowTech, une proposition non conventionnelle

Quasiment tous les secteurs de la société redécouvrent ou s’inspirent des technologies low-tech souvent très anciennes. En effet les meilleures technologies ne sont pas toujours les plus compliqués, les machines anciennes, à l’apparence désuètes, restent finalement très sophistiquées. C’est le parti pris de Joanne Hétu et de Danielle Palardy Roger, piliers de la musique actuelle canadienne, qui ont conçu le spectacle Cabaret Techno-LowTech. Pensé dans le cadre des After Hours ce spectacle aborde des questions sur la place et la représentation de la musique actuelle. C’est aussi l’occasion de fêter la fin du festival Montréal/Nouvelles Musiques.

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Pour cette édition 2015, l’Agora Hydro-Québec sera investie par une dizaine de créations au cours de deux soirées. « On ne voulait pas, après les concerts, le soir à 23h, représenter un autre concert, on voulait proposer autre chose. On a voulu que ce soit dans l’optique d’un cabaret avec des courtes performances variées qui génèrent une attention différente de celle que l’on a en étant assis sans faire de bruit pour écouter religieusement le concert. » s’enthousiasme Joanne Hétu (vocaliste et bruitiste) qui souhaitait quelque chose de plus décontracté comme évènement. « Après les concerts on est parfois bouleversé et rempli d’émotion. On n’a pas forcément envie de rentrer directement chez soi. »

Par rapport à la thématique du festival : Environnements et nouvelles technologies, la notion de l’environnement a été appréhendée comme une mise en espace de la musique. Le spectateur se retrouvera en immersion et cet effet sera accentué par les différentes scènes qui permettront de déambuler librement. Des musiciens vont jouer à l’intérieur de l’espace et installer des stations musicales. En ce qui concerne les nouvelles technologies, elles seront intégrées dans un processus plus mécanique que numérique. Joanne Hétu l’admet : « On ne peut pas nier le poids du lien que l’on a avec le numérique et oublier les ordinateurs. On travaille l’expansion et le traitement du son mais pas nécessairement via le plus haut niveau technologique. C’est pour cette raison qu’on a décidé d’appeler le spectacle Cabaret Techno LowTech. »

Chaque performance durera une dizaine de minute. Il y aura par exemple un quatuor de synthétiseurs analogiques désuets de Montréal qui réunit quatre improvisateurs très actifs qui explorent le monde fascinant des synthétiseurs analogiques. Plusieurs de ces instruments ne peuvent être programmés à l’avance ce qui pose un défi supplémentaire aux participants, chacun devant sculpter le son désiré en direct sans pouvoir utiliser de recettes préétablies ou de raccourcis pour évoluer d’un son à l’autre. Empreinte à reculons de Martin Tétreault  réalise une empreinte du vinyle. On y dépose sur sa surface la plus petite composante du tourne-disque. De ce contact instantané, l’aiguille libère un big bang domestiqué : le son est reproduit par le haut-parleur, prend forme et se diffuse dans l’espace. L’aspect visuelle est également très prononcé : des chaudières pour recueillir l’eau d’érable deviendront des cages de résonance. La pièce Gonflée de Alexis O’Hara présente l’époumonement d’une femme pneumatique en quatre temps grâce à des ballons et des micro contact.

Joanne Hétu et Danielle Palardy Roger ont invité des artistes qui poussent les limites de l’instrument en proposant d’autres sons avec l’instrument conventionnel. « Si tu fermes tes yeux ça va sonner comme des nouvelles musiques. Il y a une réelle recherche de sons, une volonté de créer quelque chose de nouveau avec des instruments anciens. » Joanne Hétu aime à définir sans cesse la musique actuelle pour pouvoir repousser ses limites. Selon elle il y a d’abord une démocratisation des rôles. Le compositeur fait parti de l’ensemble, et les interprètes interviennent dans l’œuvre avec un dialogue permanent et parfois des changements de rôle. D’autre part, la part d’improvisation est primordiale, « C’est un état d’esprit qui permet de travailler avec l’énergie et la réactivité du public sur le moment présent. On ne refait pas quelque chose, on le crée à ce moment là avec tout notre bagage en tant que musicien. » Enfin la musique actuelle propose une notion de métissage dans l’instrumentation avec des instruments acoustique traditionnelles, des instruments électriques, électroniques et même inventés.

La dimension low-tech du spectacle permet de prendre le contre pied des nouvelles technologies tout en adoptant une attitude critique et originale.

Cabaret Techno-LowTech aura lieu vendredi 6 et samedi 7 mars à 23h00 à Agora Hydro-Québec. Plus d’informations ici.

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