Suivons les traces des éléphants blancs

Les années 60-70 : une époque de transformations, de grands projets et de grands rêves, qui vit à nouveau à travers le regard de 3 compositeurs et un concepteur visuel Montréalais.

L’ensemble à percussions Sixtrum va mélanger ses instruments avec des objets symboliques de cette époque, créant une rencontre entre la technologie des années 60-70 et son évolution actuelle.

Pour mieux suivre Les traces des éléphants blancs, on a rencontré Sylvain Pohu, un des compositeurs, et Joao Catalao, un des membres de Sixtrum.   

Sylvain Pohu nous a expliqué d’abord ce qui a inspiré le titre du concert.

En fait je suis passionné par l’histoire de l’Île de Montréal et j’ai toujours été fasciné et émerveillé par toutes les grands évènements des années 1960, ce qu’on appelle la « Révolution tranquille », tous les travaux et les grands projets jusqu’à l’aéroport Mirabel. Ce que j’aime là-dedans ce n’est pas tant les bâtiments que tout le rêve qu’il y avait à cette époque. Toute cette naïveté s’est un peu perdue aujourd’hui et donc j’ai trouvé intéressant juste d’évoquer ça, de me souvenir de ça. Donc pour cette œuvre Sur les traces des éléphants blancs, je m’inspire de cette époque des années 60-70 à Montréal, des fantasmes et des rêves de cette époque.

Pohu et Catalao nous ont parlé de la réalisation de ce concert.

SP : Ce projet est en fait un genre de mi-installation mi-performance avec des tableaux ciblés pour 3 compositeurs, moi, Jean Michel Dumas et Dominique Thibault et puis aussi Etienne Deslières qui fait des images et des petits vidéos. Chacun s’occupe de ses sections. Cela fonctionne comme un théâtre; même Sixtrum fait partie de la création. C’est vraiment une œuvre qui ne permet pas de déterminer qui a fait quoi dans la pièce. Tout est mélangé. C’est un peu comme un groupe de rock où tout est fait ensemble. Pour l’instant, on a pris des instruments acoustiques et des instruments numériques et on a essayé d’arrimer les deux. On a commencé à improviser et à décider quels musiciens de Sixtrum allaient jouer. On va maintenant commencer à décider des scènes, du type d’endroit, de jeu, d’ambiance. On va pouvoir ensuite passer à une seconde étape pour revenir jouer et le spectacle va être créé le jour du concert; c’est là qu’on va voir ce qu’on veut faire et comment le réaliser.

 JC : En fait le mot « pièce de théâtre » est approprié parce qu’une pièce de théâtre, à la fin, est créée sur le lieu; quand tu occupes vraiment la place. Le soir de la première, c’est la que tu finis le spectacle et ça c’est vraiment super intéressant. Cela sort un peu du cadre du concert classique de musique contemporaine et  de la formule d’un lieu commun d’un concert de musique classique. En plus, au niveau de l’interprétation des musiciens, des percussionnistes, c’est un projet vraiment passionnant parce qu’il mélange les instruments acoustiques auxquels on est habitué avec l’expansion de la sonorité de l’électronique. La part la plus intéressante c’est quand on a commencé à travailler sur la musique mixte qui mélange la basse technologie avec des éléments de haute technologie: on a des téléviseurs à tube jusqu’aux ordinateurs qu’on utilise aujourd’hui.

Les compositeurs construisent vraiment un instrument à augmenter. Cela signifie qu’ on a certaines possibilités et on va les utiliser au maximum pour créer des sonorités, comme un vrai instrument. Avec un instrument, on essaie de découvrir le maximum de différences avec la même chose. Le gros défi, la magie de la chose, c’est qu’on doit apprendre à jouer de ce nouvel instrument augmenté par l’électronique de Sylvain, Dominique et Jean Michel.

SP : En fait, ce concert est un mélange. Un peu comme au cinéma on s’installe et pendant environ 1h30 on guide le spectateur pour faire un voyage; il ne partira pas mais il se laissera bercer par l’aventure. Un peu comme dans un musée où on se promènes. Il y a des tableaux, le spectateur doit observer et s’en approcher; c’est vraiment un mélange. On veut complètement décloisonner le concert, on veut sortir du cadre de concert classique.

En conclusion nous avons recueilli les sentiments des protagonistes sur ce projet.  

SP : Ce qui est important pour moi, puisque on parle d’éléphants blancs, c’est que ça ne sera pas un genre de jugement moral ou de documentaire sur les éléphants blancs québécois; ce n’est pas ça ! L’exemple de l’éléphant blanc, c’est un projet qui est complètement foiré et la nécessité de se poser des questions sur nos éléphants blancs à nous: à quoi cela correspond-il dans notre société? Je pense à de gros projets monumentaux qui vont être abandonnés, les années 60 en ont laissé beaucoup. Les éléphants blancs font aussi partie de l’architecture de Montréal.

JC : Je viens de Brasilia au Brésil. C’est une ville qui a été presque un éléphant blanc: elle a été construite au milieu de nulle part en 4 ans pour être une nouvelle capitale. On avait le rêve de construire la ville la plus grande possible. Mais c’est seulement avec les années qu’elle s’est transformée et est devenue une vraie ville organisée et avec une chaleur humaine.

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