Virée dans l’univers sonore de City Life avec René Bosc

Pour son concert d’ouverture, vendredi 26 septembre,  la SMCQ présentera, entre autres, la pièce de Steve Reich, City Life. Un concert gratuit qui se déroulera à 20h dans la salle Pierre-Mercure dans le cadre des journées de la culture.

Pour ce spectacle qui mélange musique, sons et images, afin de nous plonger dans l’univers tourbillonnant de New York, nous avons eu le plaisir de nous entretenir avec Réné Bosc, concepteur artistique et technique.

Comment ce projet a t-il vu le jour ?

City life est une pièce écrite par Steve Reich où il dresse un portrait de New York en rajoutant à la musique des bruits de la ville.

Il a reprit une idée de Gershwin qui avait crée Un américain à Paris, pièce sur laquelle il avait rajouté  le son des taxis parisiens.
Steve Reich a sillonné les rues de New York pour y enregistrer les crissements de pneus sur l’asphalte, le bruit de machines de construction,  des bateaux ou même celui des sirènes… Une fois récupérés, ces sons ont été intégré à la pièce et deviennent alors  des éléments mélodiques ou de percussions.

Dans la dernière partie de la pièce, les sons enregistrés par Steve Reich sont ceux du premier attentat perpétré contre le World Trade Center, qui a eu lieu en 1993. Une bombe avait explosé dans un stationnement faisant six morts et mille blessés. Il se trouve que Steve Reich était sur place à ce moment là et on peut entendre dans la bande sonore de la pièce des mots émanant des échanges entre pompiers et policiers au moment du drame.

Quel est votre rôle dans le projet ?

J’ai repris les sons enregistrés par Steve Reich et je les ai spatialisés. C’est-à-dire que pour donner une ampleur plus grande à l’œuvre, j’ai travaillé pour que les sons proviennent de différentes directions et donnent l’impression, une fois  dans la salle, d’être dans la rue.
Avec  un système classique de son, un même haut-parleur produit tous les sons. Spatialiser requiert une installation avec des haut-parleurs placés à l’arrière, sur les cotés et même au dessus. J’utilise toute la sono de la salle et il est même nécessaire de louer du matériel supplémentaire pour parfaire cet effet.
Cela donne une dimension sonore en trois dimensions.
Mon fils s’est lui occupé du film qui accompagne la pièce, que l’on a complètement synchronisé sur la musique et qui donne une immersion totale dans l’univers new-yorkais.

Est-ce la première fois que vous présentez ce projet ?

Il avait été présenté  il y a quelques  années par la SMCQ. J’y avais également participé mais depuis le film à beaucoup changé et les sons aussi  donc je dirais que c’est une première pour cette nouvelle version de la pièce.

Qu’est-ce qui vous a intéressé dans ce projet ?

C’est une pièce que j’ai surtout beaucoup dirigée en Europe, à Paris, depuis sa sortie en 95. Quand je viens à Montréal c’est Walter Boudreau qui la dirige.
Habituellement  Steve Reich fonctionne beaucoup avec l’ajout de vidéos sur ses pièces. Étonnamment ce n’était pas le cas sur City Life; c’est donc la liberté que nous avons pris en créant un support visuel sur sa musique, musique qui n’a été en rien modifiée et qui est restée telle que lui l’a écrite, qui m’a intéressé.

Vous utilisez un échantillonneur, pouvez vous nous expliquer ce que c’est ?

C’est une machine qui restitue ce que vous enregistrez, des sons comme un claquement de doigts, une bouteille qui se casse ou même une phrase entière. Cette machine est connectée à un clavier sur lequel on joue. Au lieu que cela soit des notes, ce sont des sons qui sont joués de manière synchronisée avec les musiciens.

Quel est votre rôle lors de la représentation de vendredi?

Je viens avec mon ordinateur pour travailler avec la technique. Je collabore avec l’ingénieur du son pour régler la synchronisation du film, s’assurer que l’installation sonore est  au bon endroit puis on fait une répétition générale la veille de la représentation.
Vendredi, à 19h15, avant le concert,  je présenterai la pièce et j’aborderai  le sujet de la difficulté de jouer avec des sons et de devoir les synchroniser avec la prestation des musiciens présents dans la salle.

Diriez vous qu’il s’agit d’une représentation accessible pour des non-initiés à la musique contemporaine ?

Tout à fait. C’est d’ailleurs dans cet objectif que l’on y intègre de la vidéo car on pense que c’est un bon moyen d’aider le public à rentrer dans la pièce. Bien qu’elle soit souvent jouée sans, nous avons constaté que le public est sensible à ce concept et nos précédentes représentations ont été bien reçues par le public.

De plus, la musique de Steve Reich est une musique directe, tonale, sensible, à laquelle sont ajoutés des sons reconnaissables par tout le monde. C’est une musique facilement écoutable,  qui se répète souvent et qui s’apparente davantage à de la techno qu’à  de la musique contemporaine d’il y a dix ou trente ans.

Quels sont vos prochains projets ?

Pour ce qui est de ma collaboration avec Walter Boudreau, ma venue à Montréal pour City Life sera l’occasion de discuter d’un projet que l’on va mettre sur pied pour le prochain festival MNM en février autour d’Atlandide de Bregent.  Il s’agit d’un projet complètement fou. Cette pièce demande une force musicale importante et hétéroclite avec des  chœurs d’enfants, des violes de gambes, des saxophones,  des guitares électriques , des ensemble de cordes… C’est donc un véritable défi que de jouer cette pièce, à l’origine  écrite pour être seulement jouée en studio.

 

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