Partons « À l’Aventure! »

Bonjour à tous!

« Faites attention à la gérance de la nuance. On y va encore une fois! » C’est lundi matin et je me rends à la Salle Claude-Champagne pour assister à une répétition de l’Orchestre de l’UdeM.  Les jeunes musiciens préparent À l’Aventure!, qui sera interprété ce samedi soir sous la direction du maestro Jean-François Rivest. Pendant la pause, ce chef d’orchestre à qui l’université a décerné l’un des rares Prix d’excellence en enseignement, m’accorde gentiment une entrevue.

 Jean-François Rivest dirigera l'Orchestre de l'Université de Montréal. PHOTO: Lida Amengual

Jean-François Rivest dirigera l’Orchestre de l’Université de Montréal. PHOTO: Lida Amengual, SMCQ

« Dans cette œuvre, il y a un sens de la jeunesse, de l’aventure, de l’imprévu, de la surprise. Il n’y a jamais d’ailleurs la même musique. Denis a volontairement construit une structure où la musique évolue sans jamais revenir en arrière, un peu comme un road-trip-no-where. On découvre toujours quelque chose de nouveau. C’est une pièce qui nous tient en état alerte tout le temps, qui nous emmène en voyage. L’autre chose, c’est qu’elle est très énergique, il y a vraiment une décharge d’énergie qui va bien avec ces jeunes musiciens qui en sont plein, » explique M. Rivest.

En parlant de la préparation technique du concert, le chef nous dit que « si chaque œuvre a ses propres difficultés, ici il y a beaucoup de travail rythmique à faire. Nous nous sommes aussi concentré sur l’équilibre entre les plans sonores. Parfois les cordes jouent piano et les vents sont fortissimo, parfois il y a un crescendo pour toutes les cordes alors que les autres ne le font pas… et c’est tout cet équilibre de nuances qui crée un paysage avec un relief. »

L'Orchestre de l'Université de Montréal jouera « À l’aventure! » de Denis Gougeon. PHOTO: Lida Amengual

L’Orchestre de l’Université de Montréal jouera « À l’Aventure! » de Denis Gougeon. PHOTO: Lida Amengual, SMCQ

« L’œuvre de Denis est vraiment extraordinaire. Elle est riche, variée, sérieuse, très incarnée dans les instrumentistes qui la jouent. C’est une musique qui se comprend bien et qui se communique assez facilement. Ce n’est pas un laboratoire, comme il dirait lui-même, Denis ne fait pas ses exercices de composition devant le public, il les fait chez lui, alors l’œuvre est très aboutie. C’est sûr que c’est une musique qui est accessible pour le public, plus que d’autres musiques contemporaines. Pour moi, c’est une qualité de communication, parce qu’au fond je me sens communicateur, ma raison d’être ici c’est de rejoindre les gens et de leur dire : Écoute comme c’est beau! » nous raconte M. Rivest.

Après l’interprétation de l’œuvre de Denis Gougeon, l’Orchestre de l’UdeM et le clarinettiste soliste Victor Alibert joueront la Sonate pour clarinette et piano no 2, op 120 et la Symphonie no 2 (transcription pour clarinette et orchestre) de Brahms. Mais comment mélanger deux compositeurs si différents? « Un mot clé dans tout cela, c’est la tradition. Denis écrit d’une façon moderne en tenant compte de l’évolution de l’orchestre et de la tradition musicale, il connaît très bien ses classiques et il écrit en respect pour les compositeurs du passé. De toutes les époques, les compositeurs ont écrit en s’appuyant et en comprennent les compositeurs avant eux. Je considère que c’est un concert qui met en vedette des jeunes, car on commence en disant à plein poumon: À l’Aventure! Et cette aventure passera par plusieurs étapes: la jeunesse, avec À l’Aventure! de Denis; l’âge du milieu ou l’âge d’or de la vie, avec la Symphonie de Brahms, et la sagesse de la vieillesse avec une de ses dernières sonates, » affirme M. Rivest.

Victor Alibert sera le clarinettiste soliste pendant le concert de vendredi. PHOTO: Lida Amengual

Victor Alibert sera le clarinettiste soliste pendant le concert de samedi. PHOTO: Lida Amengual, SMCQ

Quant au rôle du chef d’orchestre, c’est très clair pour Jean-François Rivest : « Ma responsabilité est de leur demander des modes de jeu qui mettent en valeur les différents styles. Par exemple, dans le cas de Gougeon, on recherche une sorte de sonorité plus moderne sur le chevalet, sans vibrato, chanter en même temps qu’on joue… Même si chaque compositeur a son style de jeu, on se sert aussi de la tradition. À un moment précis de la répétition, je leur ai demandé un son plus « Ravel. » C’est juste une façon pour les musiciens de comprendre ce que je demande au niveau technique. »

« C’est un orchestre de très bon niveau et en tant que jeunes, ils sont prêts à tout expérimenter, ils sont prêts à aller à l’aventure! ». Vous le savez déjà, ce sera un concert à ne pas manquer!

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